Les chroniques du Radch

Un space-opéra délicat et singulier

Note : 4/5

Cher imagineur, chère imagineuse, chers explorateurs de l’imaginaire, navigateurs et navigatrices des histoires, vous êtes un peu lassé, rêveuse, mélancolique. Vos dernières lectures ne vous ont pas assez fait voyager, vous n’avez pas entraperçu un rivage incertain dans la brume, vous ne vous êtes plus plongé dans un univers subtilement étrange depuis longtemps. Chère Alice, voilà trop de temps que vous n’êtes plus passée de l’autre côté du miroir. La rentrée vous a happée, un quotidien sympathique mais dénué de poésie ne vous laisse plus l’interstice de liberté après lequel toutes vos fibres soupirent.

Alors, poussez la porte de l’étrange empire du Radch.

Ce n’est pas un endroit fait pour les pragmatiques, ni pour les machistes. C’est un lieu où la distinction de genre n’existe plus. Plus personne ne s’inquiète de votre sexe, tout le monde est une « quelqu’une », en une œuvre grammaticale de haute voltige : « sa cousin ». Les prénoms sont féminins, les noms peuvent rester masculins, comme un neutre étonnant. Ne vous fiez pas aux terminaisons féminines de la suite de cette chronique, j’ignore tout du sexe des protagonistes.

C’est un monde dont seules les habitantes, les radchaaïs, sont civilisées, « radchaaïe » et « civilisé » étant le même mot. C’est un monde où l’on boit du thé, à la japonaise, avec moult rituels et spiritualité. C’est un univers où l’on tire les augures, y compris chez les militaires et les politiques. C’est un monde où l’on porte des gants, où le contact direct des mains est intensément outrageant – ou érotique.

C’est un monde composé de milliers de mondes, un empire intergalactique immense, dominé depuis trois mille ans par l’unique et éternelle Annaander Mianaaï, dictateur immense et infinie, représentée par des milliers de clones sur tous les mondes conquis – annexés – et devenus depuis radchaaïs, civilisés. La force militaire est centrale. Les stations spatiales et les vaisseaux sont opérés par des IA. Et comme une IA peut investir de nombreux corps, une partie des habitantes des planètes annexées sont stockées pour servir de corps aux IA des vaisseaux et de troupes d’annexion. Ces corps, qui étaient des gens non radchaaïs et sont devenues des troupes, des appendices des IA, sont les ancillaires.

C’est un livre où rien n’est amené frontalement, où l’auteur tisse une histoire comme les peintres impressionnistes peignent leurs tableaux : par touches de couleur, en créant une œuvre qui n’est compréhensible que lorsque l’on s’en éloigne, lorsque l’on recule de quelques pas pour apprécier un ensemble, un sens. Lecteurs, lectrices, vous n’êtes pas radchaaï. Vous n’êtes pas civilisées. Alors soyez patients, laissez faire Ann Leckie, laissez-vous imprégner par les coutumes radchaaï, laissez infuser les étrangetés. Vous voyagerez bien plus loin avec ces quelques touches de délicatesse et ces trames de lenteur qu’avec certains romans plus rapides et frontaux !

Brecq en est le personnage principal. C’est un ancillaire, et le dernier réceptacle d’un vaisseau, le Justice de Toren, détruit bien avant le début de la trilogie, suite à une machination politique unique en son genre. Le vaisseau n’existe plus, tous ses ancillaires n’existent plus, il n’en reste qu’un, Breq. Et Breq/Justice de Toren est animé par un but : tuer Annaander Mianaaï.

Je ne vais pas vous mentir, ces romans sont loin de faire l’unanimité, malgré la pluie de prix remportés par le premier, notamment de par leur style et les partis-pris (non)grammaticaux. Moi, je les apprécie beaucoup – de façon légèrement anticipée, puisque je finis de lire le 2e tome à l’instant où j’écris ceci.

Les chroniques du Radch, d’Ann Leckie. Nouveaux millénaires, 2015-2016.alice

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Le problème à trois corps

Un très beau livre de SF un peu étrange, un peu lent, tout à fait unique et par ailleurs chinois.

Note : 4,5/5

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J’aimerais vous parler ce soir du Problème à trois corps et de sa suite, Dans la forêt sombre – le troisième tome de cette trilogie étant attendu en français pour le 10 octobre.

Avec un premier avertissement : ne lisez pas la quatrième de couverture. Surtout pas.

(J’ouvre ici une petite parenthèse. Je suis une férue de quatrième de couverture. Je la lis toujours plusieurs fois avant de commencer un livre, j’essaye de la lire entre les lignes, je la digère. Si le début du livre ne correspond pas à ce que la quatrième annonce, alors je suis un peu perdue, je la relis toutes les deux pages, je m’y réfère comme à un guide, telle la boussole du lecteur au milieu de la forêt d’une entrée en matière – parfois dense, parfois clairsemée. Une fois le livre sérieusement entamé, il est fréquent que je m’y réfère de nouveau, pour vérifier si tout ce qu’elle annonce est arrivé, pour valider le fait que je me suis tracé un chemin sérieux entre les pages et que, maintenant, je n’ai plus de bouée de sauvetage : forcée de finir la lecture, quoi qu’il arrive, quels que soient les méandres, que le livre me plaise ou non. Et vous ? Vous faites pareil ?)

La quatrième du Problème à trois corps vous résume le dernier quart du livre. C’est bien dommage. Elle vous spoile la fin, elle vous dévoile l’histoire comme une évidence, comme un phare dans la nuit, alors qu’une bonne partie de la puissance de ce roman réside justement dans le chemin qu’il défriche et le fait qu’en rien, on ne sait où on va. Peut-être d’autant plus que l’auteur est chinois et que, sauf exceptions, on n’est pas très calés par ici en imaginaire chinois, en narration chinoise. On ne sait pas du tout à quoi s’attendre, et c’est délicieux. Comme de découvrir un nouveau goût.

(J’ouvre ici une nouvelle parenthèse, je suis très bavarde ce soir, peut-être car je n’ai rien écrit ici depuis avril ; toutes mes excuses pour ce clavardage. Découvrir un nouveau goût, cela m’est arrivée il y a cinq ou six ans, lorsque j’ai mangé une glace au coquelicot. Pas de proximité avec ceci ou cela, impossible de classer ce goût par rapport à un autre, c’était réellement pour moi un nouveau goût. L’impression d’avoir levé un petit pan du grand mystère de la vie et des choses).

Tout commence dans les années 60 pendant la Révolution Culturelle, autour d’une jeune fille qui se retrouve injustement en « rééducation » dans un camps scientifique dont l’un des buts est d’envoyer un message vers les étoiles. Dans cette première partie, ce n’est pas de la SF, on est dans l’univers des Cygnes sauvages de Jung Chang ; on visite la Chine de Mao. Ce qui se passe à ce moment-là, ce que fait Ye Wiejie, la jeune scientifique travaillant dans ce centre, est central et le roman y reviendra souvent. Toutefois le personne principal du roman est surtout Wang Miao, spécialiste des nanomatériaux au XXIe siècle, amené à participer à une enquête sur une série de suicides de scientifiques.

Le rythme est lent, l’ambiance très bien dessinée à la manière des impressionnistes, par touches. La science est bien présente, d’aucuns vous diront que Le problème à trois corps est un livre de hard science, de science dure, mais je ne le crois pas. D’ailleurs les français ont jugé bon d’ajouter « Problème » au titre, le livre s’appelle en fait Les trois corps, ce qui est bien mieux, non ? La science – la physique et la mécanique, principalement – constitue juste l’un des personnages du roman, pas le moins malmené d’ailleurs.

Le problème à trois corps mélange enquête policière, réalité virtuelle, physique, Révolution Culturelle, personnages chinois et pas que, premier contact extraterrestre, casse-tête, action, en un mélange dont je soupçonne qu’il soit aussi étrange à un chinois qu’à une bretonne. Tous ces ingrédients servent un seul propos : que vaut l’humanité ensemble ? Individuellement ? La distinction a-t-elle d’ailleurs un sens ? La suite du Problème, Dans la forêt sombre, réitère l’exploit d’être totalement fascinant et continue de creuser la question, tout en avançant dans le temps et en s’éloignant des solutions technologiques que nous connaissons. Le troisième tome devrait en arriver à l’extinction de notre soleil, ce qui lâche un peu la bride à l’auteur en matière de science !

J’ai beaucoup aimé ces deux romans, qui ont la particularité d’aller à leur propre rythme. Parfois le temps s’enraye complètement et l’on passe de nombreuses pages sur quelques instants, notamment dans un jeu en ligne dont on ne comprend pas du tout le sens dans un premier temps. Si vous avez un peu de mal sur ces pages, reprenez vos droits, sautez quelques pages et continuez, laissez sa chance au Problème à trois corps ! Et ayez confiance en Liu Cixin, l’auteur : oui, il vous amène réellement quelque part.

C’est un livre dont on sort un peu plus intelligent et un peu plus humain qu’avant.

Et c’est un livre recommandé par Barack Obama dans un de ses derniers entretiens en tant que président. Je ne sais pas si cela va vous le rendre plus, ou moins, sympathique !

Le problème à trois corps et Dans la forêt sombre de Liu Cixin. Actes Sud, 2016 et 2017. alice

 

L’Or du diable

Une variation made in 2018 sur la soif de l’or et la pierre philosophale, entre Moyen-Age et Allemagne contemporaine.

Note : 3/5.

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Une très belle jaquette, sobre et captivante. Voici un beau livre sorti par l’Atalante, dans un format presque carré et une mise en page soignée aux lettrines grasses en début de chapitre, rappelant les manuscrits médiévaux. Le résumé, lui, est cryptique : occultisme, manuscrits, pierre philosophale, gourou de la finance, soif de l’or, immortalité, aller plus loin… Dans quelle histoire Andreas Eschbach s’est-il encore embringué ?

Une nouvelle aventure romanesque d’Andreas Eschbach

Andreas Eschbach est un explorateur de genres : chaque nouveau roman aborde un domaine, un mythe, un type de créature présent dans notre imaginaire collectif. L’écrivain fouille les codes, les procédés narratifs, les facettes de ces figures, réfléchit en toile de fond aux grands thèmes sociaux et politique de notre époque, et de là trousse une histoire, qu’il ne parvient pas toujours à totalement maîtriser. De livre en livre, on le suit sur les voies sinueuses et chatoyantes des recoins de la science-fiction et du merveilleux. Cette exploration fait réfléchir aux repères littéraires que l’on peut se forger, les retourne. Elle est imprégnée d’une écriture classique et faisant la part belle aux ressorts de l’esprit humain. Après l’homme bionique et la comédie sentimentale très réussie du Dernier de son espèce, la fable écologique autour du mythe de la sirène un peu moins réussie dAquamarine, Andreas Eschbach dans L’Or du Diable remonte le mythe de la pierre philosophale jusqu’au Moyen-Age, et l’applique à notre époque toujours obsédée par la richesse, celle de l’argent et du pouvoir.

Une trame narrative en demi-teinte

Comme toujours, la narrateur nous entraîne dans son histoire avec une facilité déconcertante. Peu de longueurs, mais j’avoue être restée surtout spectatrice du roman. L’originalité du livre est qu’il se déroule à deux époques différentes, et qu’un récit permet de faire progresser l’autre. Un nouvel habit avec la patte ronde d’Eschbach pour une très vieille histoire. Le héros, un obscur consultant financier allemand sans grande envergure, se retrouve entraîné un peu malgré lui dans la quête de la pierre philosophale, et de l’or qu’elle produit, l’or du diable…

Tout commence par un hasard : la découverte d’un texte du 19e siècle, une transcription d’un manuscrit médiéval aujourd’hui disparu. C’est alors que la vie du héros bascule et au fils des ans et des événements, il découvre d’autres fragments de cette première histoire, pour peu à peu dévoiler les secrets alchimiques qui ont suscité tant de passions – et de morts – depuis des siècles.

Cette trame à la Dan Brown m’a parue parfois un peu trop bricolée, en tout cas peu vraisemblable. Mais d’un autre côté ces plongées dans le Moyen-Age, saisissantes et pleines de mystère, scandent bien le récit. Ce qui fait que la première et originelle histoire de l’or du diable a été pour moi plus intéressante à suivre que la seconde : le responsable en est en grande partie le héros, que je n’ai pas aimé du tout.

Un anti-héros comme je n’en avais pas aimé depuis longtemps

Il m’a fait pensé aux héros de Flaubert que j’avais détestés. Un arriviste un peu mou et antipathique. C’est malheureusement lui qu’on suit, dans sa trajectoire professionnelle et familiale sur plusieurs années. Sa passion c’est l’argent et mû par une soudaine inspiration, ce conseiller financier de petite envergure devient un gourou de la finance, je ne vous en dis pas plus pour ne pas non plus déflorer toute l’intrigue ! Son but dans la vie est de faire de l’argent, alors bon je n’ai pas trop accroché parce que la valeur argent au centre de notre vie, c’est quand même à mon sens un sacré mirage dans lequel on peut malgré nous être entraîné. Il suffit d’allumer cinq minutes la télévision pour entendre parler d’argent, ou d’écouter les conversations à la terrasse d’un café.

Le roman a le mérite de poser toutes ces questions, d’interroger sur le rapport à la richesse et à l’épanouissement personnel qui bien souvent sont confondus. Une histoire vieille comme le monde, tout comme celle de la quête de la pierre philosophale.

L’alchimie revue par les théories scientifiques contemporaines

Un autre personnage tout aussi antipathique, mais qui m’a semblé plus sympathique dans son antipathie – allez comprendre, c’est peut-être que son obsession se situe ailleurs, au niveau scientifique – est le frère du héros, ingénieur nucléaire au CERN. Voici la facette « sciences et techniques » du livre, qui m’a bien intéressée. L’enquête s’accélère à partir de la moitié du livre, alors que les deux histoires se connectent, et le frère prend part à l’intrigue tout en gardant un rôle secondaire. Grâce à lui, on apprend que le mercure peut effectivement être changé en or (la fiction rejoint la réalité, et cet article de Ca m’intéresse explique brièvement le mécanisme, tout en soulignant que personne ne s’est lancé dans cette fabrication… qui n’est pas rentable). Lui aussi se lance à la poursuite de la pierre philosophale mais avec d’autres motivations. Cette relation amour-haine fraternelle apporte un peu d’épaisseur psychologique et une pointe d’humour bienvenue au récit.

Si quelqu’un d’autre lisant cette chronique a fini le roman, j’aimerais avoir son avis sur la fin, ésotérique et merveilleuse, avec un côté lénifiant. Elle m’a laissée songeuse et dubitative. Une histoire inégale, originale aussi, dont je n’ai pas tout aimé, mais qui m’a marquée et fait réfléchir. Même si l’auteur n’est pas encore prêt d’égaler son premier roman qui est aussi son chef-d’oeuvre, Des milliards de tapis de cheveux, je reste fidèle à son projet d’exploration littéraire et attend avec plaisir de lire le prochain roman !

 

justine3L’Or du Diable, par Andreas Eschbach, Editions L’Atalante, 2018.

Fils des brumes

Une incursion spectaculaire dans les romans de fantasy américains qui va vous laisser scotché à votre fauteuil.

Note : 4/5.

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Je voulais partager avec vous la découverte récente de ce grand auteur américain de fantasy adulte. Après avoir approché de façon assez poussée les auteurs français de fantasy (au passage, je vous recommande mon chouchou Gabriel KATZ, dans sa trilogie Le Puits des Mémoires !), je voulais goûter aux grands maîtres américains… Après Robin HOBB que je n’ose pas vous présenter, j’ai choisi Brandon SANDERSON.

Je viens de finir avec beaucoup de plaisir ce premier tome, qui nous plonge dans un univers de fantasy typique : sombre, brumeux, avec un oppresseur et donc des opprimés qui veulent se révolter… donc rien de bien original… mais j’y ai trouvé de vraies petites pépites qui ont rendu ma lecture passionnante :

Une magie originale et spectaculaire fondée sur le pouvoir des métaux : Brandon SANDERSON paraît avoir une appétence particulière pour les minéraux, et l’avait déjà utilisée dans sa série  » Coeur d’acier « . Certaines personnes avalent différents métaux, les  » brûlent  » dans leur corps, et les utilisent comme sources de pouvoir. Certaines scènes sont dignes d’un film à effets spéciaux très spectaculaires !

Des personnages attachants, et qui évoluent tout au long de ce premier tome : la principale héroïne est Vin, une ado de 16 ans qui a toujours vécu à la rue, abandonnée par son frère, embarquée au sein d’une bande de voleurs pour ses talents très particuliers où elle cherche juste à survivre. Elle se retrouve sur le chemin du très charismatique Kelsier, le plus célèbre voleur et chef de bande de l’Empire, survivant de terribles épreuves, mais qui ont laissé des traces…

De l’action et de la politique, … Brandon SANDERSON manie les différents ressorts du suspense, avec de l’action, des cascades spectaculaires, des révoltes aux bals avec petits fours, il assaisonne son récit de manoeuvres politiciennes et de toutes sortes de manigances. J’avais presque envie de noter dans un petit carnet tout au long de ma lecture, « comment renverser un pouvoir tyrannique en 10 leçons », tellement cest bien construit et d’une intelligence subtile.

Bref, du grand art dans ses rebondissements qui vous scotchent au fauteuil comme au cinéma : il vous capte et ne vous lâche plus. S’il vous tient, vous êtes foutus. Essayez.

fannyFils-des-Brumes, tome 1 : L’empire ultime, par Brandon Sanderson. Editions Orbit, 2010. Le Livre de poche, 2011.

Notre-Dame des Loups

Rejoignez la horde de veneurs : bonne traque au coeur de la Forêt Blanche.

Note : 5/5.

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Voici un terrifiant western au coeur de la Forêt Blanche aux confins de l’Ouest sauvage, infestée de waegs, des loups-garous sanguinaires ignorés des bonnes gens. Ils sont sept pour mener à bien leur mission.

Le style est simple et en même temps hors du commun, qui fait de ce livre une pièce unique, au suspense rondement travaillé. Les personnages ont chacun un rôle dans le groupe et la traque, ils ont chacun leur histoire, et sont dessinés par l’auteur de manière fine et complexe. La langue est rude, l’histoire a ses moments d’humour et d’action. On imagine bien Tarantino reprendre le scénario pour l’adapter au cinéma.

Ce qui fait tout l’intérêt de ce roman bien ramassé, c’est le procédé narratif scandé par les sept chapitres, dont on ne peut rien dévoiler sous peine de gâcher la lecture. Une fois qu’on a compris ce qui se passe, la lecture devient carrément jouissive, tout en nous préservant bien des surprises.

Du western, du polar, du gore, du thriller, de l’alchimie et des loups-garoups, en veux-tu en voilà ! Un incontournable dans notre bibliothèque, et un super auteur à découvrir.

Notre-Dame des Loups, par Adrien Tomas. Editions Mnémos, 2014.

 

Justine & Christophe

 

Sur la route des vacances : et si on écoutait des livres audio ?

Vous avez 7h de route en perspective ? Le soleil vous éblouit trop au bord de la piscine ? Une solution : écouter des livres, lus par des acteurs. Immersion garantie !

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Une expérience à part

Fermez les yeux (sauf si vous êtes effectivement en voiture !), écoutez, laissez-vous bercer par la voix, imaginez… Ecouter un livre audio est une expérience à part. Un acteur nous raconte une histoire, faite pour l’écrit, mais lue et le plus souvent interprétée.

Le rythme n’est pas le même, mais il est agréable à suivre, dans les pauses, l’accent sur les mots. Un vrai lien à la voix se crée, le ressenti est différent, cette voix n’est pas le nôtre, dans notre tête, qui lit – la mienne est plutôt monocorde – mais celle de quelqu’un d’autre, qui nous surprend, s’emporte, se calme, s’accélère ou ralentit. Parfois rauque, parfois grave, modulée.

Un livre moyen équivaut à une quinzaine d’heures d’écoute, mais les gros romans peuvent s’étaler sur deux ou trois CD !

3 livres à écouter

Les romans policiers ou à suspense se prêtent particulièrement bien à ce type d’écoute, on est littéralement suspendu aux lèvres du narrateur. Je vous conseille trois excellents livres audio écoutés ces derniers mois dans ma voiture :

Silo, par Hugh HOWEY, lu par Pauline HURUGUEN.

Editions Thélème. 1 CD MP3, 17h d’écoute.

Silo

Résumé : Dans un futur post-apocalyptique indéterminé, une communauté d’hommes et de femmes a organisé sa survie dans un silo souterrain géant. Du monde extérieur, devenu hostile, personne ne sait rien, sinon que l’atmosphère y est désormais irrespirable.
Les images de mauvaise qualité relayées par d’antiques caméras, montrant un paysage de ruines et de dévastation balayé de vents violents et de noirs nuages, ne semblent laisser aucune place à l’illusion. Pourtant, certains continuent d’espérer. Ces individus, dont l’optimisme pourrait s’avérer contagieux, représentent un danger potentiel.
Leur punition est simple. Ils se voient accorder cela même à quoi ils aspirent : sortir.

Mon avis : La voix rauque et modulée de Pauline Huruguen apporte une atmosphère, des sensations, de la couleur et de l’épaisseur à ce récit monté comme un thriller. C’est de la science-fiction « soft », on pourrait qualifier le roman de huis-clos d’anticipation. L’univers du silo est riche et bien décrit, sans jamais prendre le pas sur le récit. J’ai été captivée par cette voix et j’ai tellement aimé l’histoire qu’il me tardait de reprendre la voiture pour connaître la suite, et j’ai même complété avec le livre pour ne pas attendre, c’est là que je me suis rendue compte combien ce qu’une lecture pouvait apporter en plus à un roman. Les personnages sont attachants, l’histoire monte bien en intensité, même si j’ai trouvé la dernière partie un peu en-dessous, ou trop rapide.

 

Robe de marié, par Pierre LEMAITRE, lu par Kriss GOUPIL et Christian BROUARD.

CdL Editions. 1 CD MP3, 8h40 d’écoute.

Robe de marié

Résumé : Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent, puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite ; elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… Les ombres de Hitchcock et de Brian de Palma planent sur ce thriller diabolique.

Mon avis : Par ce livre audio j’ai découvert Pierre Lemaître, avant sa saga historique, en romancier de polars. On retrouve sa finesse psychologique, son sens de la construction narrative impressionnant. Ce duel psychologique bénéficie d’une lecture à deux voix, un homme, une femme, qui anima bien l’histoire. On tombe dans les filets du récit et on ne sait plus très bien, comme l’héroïne, ce qui est vrai ou faux, réel ou imaginaire. Un tour de force.

 

Little bird, Une enquête du Shérif Walt Longmire, par Craig JOHNSON,

lu par Jacques FRANTZ.

Sixtrid Editions. 2 CD MP3, 15h45 d’écoute.

Little bird

Résumé : Après vingt-quatre années passées au bureau du shérif du comté d’Absaroka, dans le Wyoming, Walt Longmire aspire à finir sa carrière en paix. Ses espoirs s’envolent quand on découvre le corps de Cody Pritchard près de la réserve cheyenne. Deux années auparavant, Cody avait été un des quatre adolescents condamnés avec sursis pour le viol d’une jeune indienne, Melissa Little Bird, un jugement qui avait avivé les tensions entre les deux communautés. Aujourd’hui, il semble que quelqu’un cherche venger la jeune fille. Alors que se prépare un violent blizzard, Walt devra parcourir les vastes étendues du Wyoming sur la piste d’un assassin déterminé à parvenir à ses fins.

Avec Little Bird, premier volet des aventures de Walt Longmire, Craig Johnson nous offre un éventail de personnages  dotés d’assez de sens du tragique et d’humour pour remplir les grandes étendues glacées des Hautes Plaines.

Mon avis :  Encore une sacrée voix, pleine de gouaille et d’humour, qui colle parfaitement à ce polar d’ambiance. Je suis en cours d’écoute donc je ne peux pas vous en dire beaucoup plus, mais j’adore juste écouter cette voix et entendre cet univers se dessiner – ça pourrait être désolé, froid, macabre et désespéré, mais c’est tout l’inverse : la galerie de personnages et l’humour de l’auteur donnent un grain unique à cette enquête qui se déroule dans le quotidien du shérif. Où les événements plus ou moins banals de cette ville paumée deviennent autant d’aventures que l’on suit avec grand plaisir.

Où trouver des livres audio ?

Les livres audio se partagent librement sur le net, il existe même des sites participatifs où tout un chacun peut déposer un enregistrement de son cru.

Les éditeurs s’y sont mis aussi et il existe aujourd’hui un large panel de livres lus, dans tous les genres, commercialisés en librairie, en Fnac ou Cultura.

Vous pouvez en acheter au format CD ou en mode téléchargement directement sur internet : le site Audiolib, par exemple, s’est spécialisé dans l’édition et la vente de livre lus. Les éditeurs de livres audio peuvent aussi vendre leur catalogue directement sur leur site, comme c’est le cas, par exemple pour Silo et Little Bird.

Le moyen le plus pratique et le moins cher de se procurer des livres audio lus par des comédiens de métier, est de les emprunter à la bibliothèque du coin, qui en propose souvent aux côtés des romans, ou dans la section handicap. Car leur usage récréatif est fort utile aussi aux mal/non-voyants.

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Depuis quelques mois, je navigue en voiture entre mes deux chez moi, et je fais le trajet d’une heure plusieurs fois par semaine. Pour faire passer plus vite ces trajets ville-rocade-autoroute-campagne, je me suis essayée à l’écoute de livres audio. Et j’adore. Alors je partage avec vous ! Je suis maintenant impatiente à chaque fois de reprendre la route, pour connaître la suite de l’histoire. On peut aller littéralement au bout du monde avec un bon roman !!

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10 livres pour vos vacances d’été

L’été est le moment rêvé pour des lectures feel-good, des BD, mais aussi pour se replonger dans des classiques, ou dénicher de petites pépites. Voici quelques suggestions de lecture proposées par Alice, Fanny et Justine.

Dans le panier d’Alice

 

Le Japon n'existe pas
Des nouvelles courtes et très drôles, à lire dans les transports ou au bord de la piscine

 

Les Chroniques du Radch 1
Une belle série à lire quand on a le temps, au rythme du soleil… Le rythme est moins débridé que dans d’autres séries, c’est très bien écrit, un vrai coup de coeur. Je vais entamer le 2e.

 

Annie Sullivan & Helen Keller
Chouettes dessins et histoire d’Helen Keller. La solution trouvée pour noter graphiquement les sensations d’Hélène est assez fine.

 

Dans la combi de Thomas Pesquet

 

Dans la valise de Fanny

 

Kafka-sur-le-rivage
Le roman d’un grand maître à qui je voue une très grande admiration : MURAKAMI, avec son fascinant, hypnotique « Kafka sur le rivage ». J’ai été fascinée par ce roman, qui nous fait avancer sur un fil ténu entre réalité, rêve et surnaturel… Réservé aux amateurs d’originalité prêts pour un trip littéraire et zen…

 

Les-delices-d-Eve
Que serait un été sans romance ? en voici une osée et gourmande, sur le thème de la pâtisserie ! « Les délices d’Eve » de Emilie Collins. Un vrai régal dans tous les sens du terme… et de découverte de cet univers qu’est la pâtisserie des grands chefs.

 

Thya
Et ma passion littéraire : la fantasy ! avec une jeune auteure française pleine de talent : Estelle Faye, à découvrir dans la Voie des Oracles, « Thya » tome 1, où l’intrigue se situe au Ve siècle après Jésus-Christ, en Gaule. Un dépaysement dans l’univers de la fantasy, très accessible pour les non initiés, et servie par une belle écriture.

 

Dans le sac de plage de Justine

 

1984 (1)
En été vous vous sentez loin de Big Brother ? Eh bien il est toujours là ! 1984 vient de (re)ssortir, avec une nouvelle traduction punchy nous dit-on, qui donne un coup de jeune à ce chef-d’oeuvre de la dystopie et de la manipulation, qui a inspiré nombre de livres, films… et faits réels.

 

Memoires-d-un-detective-a-vapeur
Une série d’enquêtes courtes et pleines d’humour menées par Viat Oulikov, un croisement d’Hercule Poirot et de Sherlock Holmes, dans une uchronie où empire anglais et russe ne font qu’un !

 

Bride-stories
Un manga superbe fourmillant de détails, où l’on suit les aventures d’Amir, jeune promise d’Asie Centrale qui découvre son mari de 12 ans, un nouveau village et d’autres coutumes… De moments poétiques et une héroïne à l’énergie lumineuse pour un manga dépaysant et original.