Recherche

les mécaniques imaginaires

Mois

février 2016

Lastman

Un manga à la française sympa pas que pour les ado.

Note : 3,5/5

 

Lastman couv 1

Pourquoi ce choix :

Pour ma première incursion dans l’univers des mangas, je me suis orientée vers  «Lastman ». Mon choix fut très simple : j’avais vu fin janvier un reportage sur les auteurs du sus-cité manga, qui racontaient leur histoire de baston. Le public visé était selon eux les teens mais les parents se laissaient gagner par la contagion. En me rendant à la bibliothèque quelques jours après je suis tombée sur leur livre mis en avant dans un présentoir : « Why not ?! » me suis-je dit. Eh oui, une vraie démarche de consommation primaire : la communication et le marketing, ça marche même pour les livres.

Le speech :

Au royaume, le grand tournois de lutte se prépare mais une nouveauté pour cette année : les combattants devront se présenter en duo sous peine de ne pouvoir y participer. Voilà comment se résume la rencontre d’un grand gaillard Richard Aldana avec le petit Adrian Velba jeune combattant sans talent, qui s’est fait planté par son coéquipier le jour J. Vous suivrez la progression de ce duo incongru dans des combats ésotériques pour les locaux et simplement brutaux pour Aldana, ce dernier ne maîtrisant pas les us et coutumes ambiants. En parallèle, vous découvrirez plusieurs personnages gravitant autour du binôme : la mère d’Adrian, forte, belle et célibataire (mmmmh mais que va-t-il se passer dans le prochain numéro…), le professeur de combat de la ville, éperdument amoureux de la maman et un très beau duo de combattants sosies des frères Bogdanov.

Mon avis :

Pour revenir à ma petite histoire initiale, contrairement à ma 1ère impression lors du visionnage du reportage,  « Lastman » n’est pas qu’un manga pour les ado mâles. C’est une lecture rapide, sans prise de tête, et j’avoue avoir ri. Côté graphisme, il ne faut pas s’attendre à du Gauguin mais je ne pense pas que ce soit cela que l’on attende de ce type d’ouvrage. Il y a une bonne maîtrise de la représentation des mouvements lors des scènes de combats et le phrasé est efficace. En conclusion, je n’ai pas été déçue par mon choix, la preuve : j’enchaîne avec les prochains tomes. A ce jour, ils sont au nombre de 8.

Pour aller plus loin :

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’univers de « Lastman », vous pouvez visiter la page officielle : https://www.facebook.com/LastmanlaSeriequiTabasse

Une version audiovisuelle est également en cours de préparation et sera diffusée sur France 4 début 2016.

 

Lamelieastman, tome 1 de Barak, Sanlaville et Vivès. Ed. Casterman, mars 2013.

 

 

 

Saga

Un classique instantané du comics, space opera original et familial mené tambour battant.

Note : 5/5

Saga

Saga commence par une scène qu’on ne voit quasiment jamais dans les comics plutôt orientés super-héros : celle d’un accouchement. Une scène à la fois très brutale et très drôle, qui fait exploser tous les codes du genre en quelques cases et lignes bien senties.

Saga_1ère planche

Alana et Marco appartiennent à deux peuples ennemis qui se livrent une guerre sans merci. Ensemble, ils réalisent l’impensable : ils tombent amoureux, et donnent naissance à un bébé qui devient ainsi une menace pour les deux Etats dont ils sont issus, car il réconcilie l’irréconciliable. La famille tente alors de survivre, pourchassée aux quatre coins de toutes les galaxies par de nombreux ennemis aux motivations aussi diverses que complexes.

Il y a des étincelles entre les deux personnages principaux, beaucoup d’audace, d’humour et d’émotion. Ca résume bien l’oeuvre toujours en cours, qui se construit mois après mois, année après année. Saga a tous les ingrédients d’un soap opera : des familles que tout oppose, une grande histoire d’amour, des intrigues parallèles qui s’entremêlent… Il a aussi tout du space opera, avec des histoires de peuples de l’espace en guerre, une situation géopolitique compliquée, qui menace de renverser des Etats.

Mais c’est avant tout une saga intime et familiale, avec toute une tribu de personnages originaux et attachants qui évoluent autour de la petite Hazel, la narratrice de l’histoire qui grandit au fil des épisodes.

Comme toutes les grandes oeuvres, Saga mêle l’épique et le prosaïque, l’intime et le public, les sentiments et les idées. Le tout dans un univers d’une grande fantaisie, avec de nouvelles inventions visuelles et scénaristiques à chaque chapitre, des personnages sensibles, un sens de la narration et une finesse psychologique exceptionnels. Là où la plupart des comics semblent la matérialisation de fantasmes et situations adolescentes, Saga est un comics de l’âge adulte, le tout exprimé au meilleur des possibilités du médium.

Avant d’écrire des comics, Brian K. Vaughan était magicien. Il a trouvé Fiona Staples pour mettre en images son histoire et y apporter sa fantaisie. Pour certains, cette superbe conjonction d’intrigue, d’invention visuelle, de personnages, peut relever de la magie, ou du parfait alignement de Jupiter avec Vénus en 7ème lune. On peut l’appeler aussi du talent. Les lecteurs et les critiques ne s’y sont pas trompés, Saga est un classique instantané qui a raflé tous les prix de comics de ces dernières années.

On est sûr en tout cas de retirer à la lecture un plaisir intense, des surprises, des questions, de la nostalgie parfois quand certains personnages disparaissent et de l’impatience pour connaître la suite. Un peu comme la vie.

justine3Saga, par Brian K. Vaughan et Fiona Staples. Image Comics / Urban Comics, 2012-… Volumes 1 à 5.

 

 

 

Temps glaciaires

Un policier décevant qui ne parvient pas à générer la petite magie attendue des Vargas.

Note : 1/5

tempsglaciaires

Lorsque mon père me l’a prêté, je me suis dit : « Chouette ! Un nouveau Vargas ! » Ou encore : une promesse de voyage intérieur, d’anecdotes marquantes autant que décalées, de toutes petites remarques qui sonnent si vraies et de géniaux policiers aussi bizarres qu’attachants et irréalistes. L’avis plutôt négatif de mon père, je ne l’ai pas vraiment pris en compte.

Une partie des promesses est tenue : la trame est, comme toujours avec Vargas, à la fois étonnante et unique. Elle entremêle une disparition étrange en Islande et des meurtres parisiens que rien ne relie, sauf un signe mystérieux guillotine-like retrouvé à côté des assassinés. Mais d’emblée, le récit s’enlise dans des reprises de descriptions connues : Adamsberg est encore qualifié de « pelleteur de nuage », un peu trop souvent. Les bons mots à-la-Vargas sont bien présents, mais utilisés, repris, usés jusqu’à la trame, reformulés jusqu’à plus soif. Ils sortent amaigris, grisâtres du roman – alors que ceux de ses romans précédents me semblaient toujours sonner vrai et donner un peu plus d’épaisseur à mon quotidien. Le commissariat, de service décalé et sympathique, devient un agglomérat impossible, un appel au contrôle de gestion, une illustration de la faute professionnelle. Assez de celui qui ronfle, assez du chat qui ne veut plus bouger tout seul ! La force de vie et de mouvement qui, pour moi, caractérise l’écriture de Vargas, n’a pas réussi à imprégner ce livre, qui s’enlise dans sa narration, ses images et ses poncifs.

Et l’histoire ? Entremêlant Islande et Révolution française, brumes et guillotine, l’enquête est difficile à débrouiller, tel un nœud d’algues (vous en entendrez beaucoup parler, de ce nœud d’algues !). Les lenteurs de la narration font écho ad nauseam aux lenteurs de l’enquête.

Mon conseil : éviter ce roman et relire plutôt un autre Vargas, l’un des premiers par exemple !

aliceTemps glaciaires par Fred Vargas. Flammarion, 2015.

Secrets d’étoffes

Un beau livre de contes aux superbes dessins pour émerveiller des enfants.

Note : 4/5

SecretsDEtoffes-AlbinMichel

Portée par l’envie de faire un cadeau à ma filleule de 10 ans, me voici devant les étagères de la grande bibliothèque du Havre. Je parcours le rayon jeunesse, à la recherche d’un roman adapté, mais pour quelle raison, je ne sais, tous me tombent des mains. Je me tourne alors vers les livres illustrés à vocation pédagogique : dinosaures, histoire de France en 150 planches ? Oh non, elle a déjà tout cela ! Et j’ai envie d’autre chose, plus vivant, plus coloré, plus en accord avec mon état d’esprit du jour et aux émotions que j’aimerais lui envoyer. Trois tours sur place, j’ouvre grand les yeux, prête à capter des couleurs et des formes qui me plairont … oui, voilà, je l’ai vu. Comment a-t-il pu m’échapper au premier abord ? Ce grand livre de contes illustrés est immense ! Je m’approche, touche la couverture de tissu et j’imagine déjà l’enfant ouvrir grand les bras pour en tourner les pages, ce que je fais immédiatement.

Les superbes illustrations qu’il contient me séduisent immédiatement : tout prête à la rêverie dans ces lignes qui mettent en scène les contes dont le fil conducteur est le tissu. Si nous y pensons en effet, les contes traditionnels laissent toujours une place aux descriptions des vêtements. Peau d’âne et ses trois robes, Le petit chaperon rouge, mais encore des centaines d’autres contes de tous les continents, tirés des Mille et une nuits et d’autres recueils qui me sont inconnus, évoquent des parures, la confection d’un vêtement précieux ou symbolique ou encore la survenue d’un événement lors d’une fête où tous les convives portent des tenues de cérémonie.

Claude Fauque et Anne Lascoux, les deux auteures se sont unies pour écrire et réécrire des contes, en en modifiant l’angle de vue pour mettre en avant la part des tissus et du textile dans ces récits. Il est courant de parler de la « trame » d’une histoire et ces deux passionnées des étoffes ont pris cette image au pied de la lettre en les abordant par le prisme des textiles.

Claude Fauque a plusieurs ouvrages à son actif : Les mots du textile, Les mots du costume, chez Belin, La broderie, splendeurs, mystères et rituels d’un art universel, paru en 2007 aux éditions La Martinière, et des ouvrages consacrés à un tissu particulier : Le lin, La soie, aux éditions Gallimard dans la collection Droit fil. J’ai déjà lu plusieurs de ses ouvrages c’est aussi la raison pour laquelle j’ai eu envie d’offrir le livre.

Anne Lascoux est artiste et conteuse après une expérience de quinze ans comme orthophoniste, sa biographie la décrit comme passionnée par les mots et les histoires.

L’autre raison pour laquelle j’ai voulu donner ce livre à ma filleule est la suivante : je me souviens parfaitement qu’à une période entre l’enfance et l’adolescence je lisais énormément de contes, de tous les pays et de récits de mythologie, avec une sorte d’avidité. Pourquoi ? je ne sais pas, mais je me souviens avoir à ce moment découvert avec étonnement et enchantement que certains récits se croisaient : les contes polynésiens d’îles englouties me faisaient étrangement penser à la ville d’Ys, les histoires de filles de rois aux amours impossibles, les épreuves rencontrées par le héros, tout cela répondait aux contes traditionnels de Perrault et Grimm, que j’avais commencé à lire dans leur version originale, brutale et sans filtre.

Et je dirais que c’est à ce moment dans mes réflexions que je suis chagrinée par ce livre. J’ai lu les contes et ils m’ont laissée sur ma faim. Ils sont peut-être un peu trop écourtés, pour des raisons de mise en page sans doute ? Mais certains développements m’ont paru manquer, ou bien j’ai eu l’impression que des contes étaient aseptisés. A vrai dire, la réécriture est faite avec plus ou moins de bonheur selon l’histoire et le parti-pris est assumé cela est certain. Cependant j’ai eu la mauvaise sensation – parfois, de récits un peu vidés de leur substance. Habituellement, il se dégage une morale dans un conte, qui peut tomber comme un couperet comme dans La mort marraine des frères Grimm. Je crois que la volonté de captiver en restant centré sur les tissus et en voulant s’adresser aux enfants a conduit les auteurs à rester parfois en surface. Mais pour tempérer cette critique, je crois justement qu’aborder les contes à travers les étoffes leur donne un  nouvel aspect symbolique et que cela ajoute du sens à ces histoires, en les rendant plus proches au sens physique du terme, car nous abordons les tissus par le toucher en priorité.

Mais le regard d’un enfant sera bien sûr différent du mien et surtout, les dessins soutiennent admirablement tous les récits. L’imagière, Charlotte Gastaud – je la nomme ainsi car sur la couverture il est écrit « images » et non « illustrations » – tracent à elles seules de nouvelles histoires et ajoutent des couches de sens. Il y a des dessins en noir et or intégrés aux textes et des planches complètes en couleurs vraiment propices au voyage. Les couleurs sont éclatantes, il y a un réseau compliqué de formes inspirées bien sûr des motifs des tissus, bref allez les regarder, c’est un plaisir !

Le livre se conclu sur un historique des tissus, bien fait et intéressant, qui permet de s’approprier tout le vocabulaire et de comprendre certains aspects des contes qui auraient pu échapper au jeune lecteur et tout simplement d’apprendre et d’étendre ses connaissances.

Il s’agit d’un beau livre à offrir qui fera je l’espère grand plaisir à sa destinataire !

sophieSecrets d’étoffes par Claude Fauque, Annie Lascoux, Charlotte Gastaut. Albin Michel, 2015.

 

Toute la lumière que nous ne pouvons voir

Un beau roman d’apprentissage qui nous plonge dans le Saint-Malo de la Seconde guerre mondiale.

Note : 4/5

DAPHNE REBECCA

Anthony Doerr a eu l’idée de ce livre lors de sa venue à Saint-Malo pour un salon du livre. Il a dû éprouver un choc en découvrant la beauté rude et fière de la ville aux hautes murailles sombres battues par les vents et la mer. L’âme malouine est alors descendue sur lui, et il a créé un roman magnifique.

Les héros de Toute la lumière que nous ne pouvons voir (je n’arrive pas à m’y faire, à ce titre à rallonge !) sont des enfants. D’un côté Marie-Laure, jeune aveugle qui se réfugie avec son père chez sa famille à Saint-Malo, où la Résistance s’organise ; de l’autre Werner, orphelin surdoué en mécanique et en électricité, enrôlé dans la Wermacht pour intercepter les transmissions de l’ennemi. Chacun de son côté, les deux jeunes gens sont ballottés par des événements qui les dépassent et menacent de tout emporter.

J’étais réticente à commencer cette lecture, à cause du sujet, mais attirée par l’évocation du Saint-Malo occupé, décrit à l’américaine. Dès les premières pages, les doutes s’envolent : on sait qu’on tient un bon roman entre les mains. La narration, caractéristique des grands romans américains, est totalement maîtrisée, tout est parfaitement dosé. La facture est assez classique, c’est au fond un roman d’apprentissage, dans des circonstances extraordinaires et une réalité distordue par la guerre et accentuée par le handicap de Marie-Laure. Même si quelques ressorts de narration sont un peu convenus (les destins se nouent autour d’un mystérieux diamant disparu), ça ne gêne pas du tout la lecture, tant les personnages sont attachants. On a l’impression de vivre la guerre de l’intérieur, de sentir la menace latente, le malaise, le danger de manière confuse, tout en suivant le quotidien de ces enfants. Le tout est très rythmé, grâce à une succession de petits chapitres de quelques pages, qui nous emmène dans un mouvement de balancier entre France et Allemagne.

Tout en lisant, on ressent, on imagine, on suit la voix de la narration, jamais intrusive. Le roman a une sorte d’aura, de puissance romanesque issue de cette conjonction de temps, de lieu, de destins, et surtout de récit. Un roman tellement complet qu’il a déjà cette patine, cette très légère distance qu’on trouve dans les contes sans âge. Anthony Doerr a reçu le prix Pulitzer pour ce roman qui se lit, s’offre et se partage.

Tjustine3oute la lumière que nous ne pouvons voir, par Anthony Doerr. Albin Michel, 2015.

 

Rose

Un roman plein de magie, à lire seul ou avec ses parents (critique écrite par Margaux, 9 ans).

Note : 5/5

Rose_février 2016

Une petite orpheline de 10 ans découvre un jour qu’elle possède des pouvoirs magiques. Elle quitte donc son orphelinat suivre les cours de magie enseignés par M. Fountain, le maître de maison. Et c’est ainsi que Rose vécut presque toutes ces aventures exceptionnelles (dans les 4 tomes).

Le roman de Rose était plein de magie et d’aventures. J’ai adoré quand Rose, Monsieur Fountain et quelques-uns de ses amis sont partis à Venise. J’ai adoré le dernier tome, car c’était dangereux mais important, émouvant aussi.

Les 4 tomes sont :

la maison du magicien

la princesse disparue

le masque vénitien

le fantôme du miroir

 

margauxSérie « Rose », de Holly WEBB. T. 1 La maison du magicien, T. 2 La princesse disparue, T. 3 Le masque vénitien, T. 4 Le fantôme des miroirs. Flammarion.

La passe-miroir

Une série originale à l’atmosphère magique.

Note : 5/5

la-passe-miroir,-livre-1---les-fiances-de-l-hiver-282811-TUTO

L’histoire de ma lecture commence par un bel après-midi de novembre dans la plus grande librairie de Bordeaux. Justine et moi sommes plantées au milieu du rayon Adolescents : moi, l’air avide et alerte à la recherche DU livre qui me fera passer quelques nuits blanches (eh oui, je suis en phase de littérature régressive, crise d’ado à retardement oblige), Justine, elle, en retrait, l’air sceptique face à tous ces bouquins pour boutonneux. La Vendeuse a dû repérer mon air gourmand et n’hésite pas une seconde à me désigner LE livre jeunesse de l’année : la série de la Passe-Miroir, dont le tome 2 (les Disparus du Clair de Lune) vient de paraître.

Après m’en avoir fait l’article de façon très sympathique, elle achève de me persuader en m’indiquant que sa collègue a fini le tome 2 à 3 heures du matin tellement elle ne pouvait plus lâcher le livre. Conquise, je ressors avec le tome 1 sous le bras.

La Vendeuse avait raison : dès qu’on commence, on ne peut plus s’arrêter, tant l’ambiance qui se dégage de ces deux premiers livres (il y a 4 tomes prévus) vous enveloppe comme dans un cocon, une brume de magie et d’originalité ; on vibre dans l’univers très personnel de l’Auteur, dans le monde imaginaire qu’elle s’est créé (et dans lequel elle vit dans la vraie vie selon la Vendeuse).

Nous voici avec une héroïne un peu à l’ancienne, joliment poussiéreuse comme les objets du Musée dont elle est le gardien, toute de grise vêtue, une écharpe qui gesticule, maladroite… Elle qui vit sur une arche très familiale et chaleureuse, se retrouve fiancée à un personnage taciturne et rustre d’une arche alliée, en prévision d’un mariage de convenance (dont le sens échappe à Ophélie…). Son talent de liseuse (elle « lit » l’histoire des objets rien qu’en les touchant) va la mener au coeur du pouvoir, des complots dont elle semble être un rouage, de rencontres délicieusement coquines ou cruelles (j’ai un coup de coeur pour l’intriguant dont le seul but dans la vie semble être de vouloir déflorer les fiancées des autres… avant eux bien évidemment !). L’écriture reste fine, pudique, précise (que mon précédent commentaire ne vous égare pas, cela reste bien une oeuvre pour ados…), et vous transporte à la citadelle d’un mot seulement…

Pour se mettre en bouche ou poursuivre sa lecture, le site internet de la série est à découvrir : http://www.passe-miroir.com/

Et pour le plaisir, un extrait du tome 1 (qui figure sur le site), échange entre Ophélie et Thorn, son fiancé :

– Je ne saisis pas lequel de mes avertissements vous a échappé.

– Vos avertissements, ce n’étaient que des mots pour moi. J’ai besoin de voir votre monde de mes yeux.

Ophélie s’était levée de sa chaise pour essayer de lui parler en face, mais c’était impossible avec ce cou coincé devant un homme aussi grand. Elle avait à présent une vue imprenable sur la montre à gousset de Thorn, dont la chaîne pendait à l’uniforme.

– Avec la complicité de qui êtes-vous sortie ?

– De votre porte arrière. Je l’ai apprivoisée.

fannySérie « La passe-miroir », de Christelle Dabos. T. 1 Les fiancés de l’hiver, T. 2 Les disparus du Clairdelune. Gallimard Jeunesse, 2013-2015.

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑