Un roman graphique intime et délicat, histoires d’amour ébauchées qui s’égrainent au fil des pages.

Note : 5/5

Un petit goût de noisette_mars 2016

Je suis tombée par hasard sur cette BD au pied de mon lit, du côté masculin de mon lit (oui, mon mari et moi avons chacun nos piles de livres, de BD… car nous n’avons pas vraiment les mêmes goûts littéraires). La couverture du livre m’a tout de suite séduite, et je me suis assise pour l’ouvrir, découvrant alors un univers me rappelant Jiro Taniguchi, doux, lumineux, en noir et blanc avec une seule couleur différente selon chaque chapitre, qui donne la tonalité, l’intensité, l’intimité du récit.

Un petit goût de noisettes_1 mars 2016

Autre détail attirant : l’auteure de cette BD est une femme ! Voilà, me suis-je dit, mon petit moment de rébellion littéraire après le scandale du festival d’Angoulême : lire une BD écrite par une femme ! Bon, j’ai très peu de connaissances en BD : peut-être est-elle connue ? En tout cas, je compte dévorer ses autres oeuvres, car pour moi, cette BD en est une !

Ce roman graphique se compose d’une succession de petits morceaux de vie autour d’un personnage central, dont le portrait en pied, surmonté de son prénom, figure en pleine page au début de chaque chapitre.

Le fil rouge du livre m’a fascinée : ce ne sont que des histoires d’Amour qui n’auront jamais lieu, des instants de vie croqués, intimes, paisibles, mais dont la fin nous file entre les doigts sans qu’on puisse intervenir, des Histoires qui commencent mais qui ne finissent pas, où vont-elles ? Certaines ne se réaliseront jamais, on le sait d’avance, mais les autres ? Je reste suspendue entre certains instants, spectatrice de la naissance d’un sentiment entre les personnages, et je vois le manque, le geste qui aurait pu changer leur destin. Il n’a pas tendu la main…, elle aurait dû se retourner… Les mots ont le goût de l’espoir (d’où le titre du livre, inspiré de la première histoire que je trouve la plus belle).

Chaque histoire est reliée aux autres, et se lit pourtant indépendamment, le fil est plus ou moins fort, ténu, coloré, mais bien présent, comme pour dire que chacun n’est en fait qu’une partie d’un grand Tout…

Sur Wikipédia, on nous indique que ses BD sont apparentées à un mouvement créé en 2001 dénommé « La Nouvelle Manga« , je vais me hâter de découvrir les autres oeuvres de ce style !

fannyUn petit goût de noisettes, de Vanyda. Dargaud, 2014.

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