L’espace d’un an

La vie quotidienne des personnages d’un space opera, quand on ne les regarde pas

Note : 4 / 5

Becky Chambers, l'espace d'un an

Lire L’Espace d’un an, c’est comme se demander ce que font les personnages principaux d’une grande fresque intergalactique, genre Star Wars, Dune ou un roman de Hamilton, quand ils ne sont pas en train de sauver le monde. Quand tout va bien, entre deux films ou deux tomes. Que font-ils ? Ils travaillent, ils essayent de faire avancer un vaisseau, ils font à manger, ils creusent des tunnels dans l’infrastrate pour que les vaisseaux des autres puissent voyager bien plus vite que la lumière, ils essayent de ne pas trop choquer culturellement l’alien avec lequel ils cohabitent, ils font des courses lors des escales, ils papotent avec l’IA du vaisseau, ils engagent une nouvelle greffière…

La greffière, c’est Rosemary. Elle vient de Mars, ce n’est pas une spatiale, elle fuit un passé qui nous est inconnu au début du livre ; elle a trouvé à se faire engager sur un tunnelier, le Voyageur. Une greffière ? Dans un space opera ? Ben oui, tous ces contrats pour creuser des tunnels, ça occasionne de la paperasse, et puis il faut bien commander des pièces de rechange et avoir quelqu’un qui soit doué en langues (tout le monde ne maîtrise pas le klik, c’est connu) lorsque l’on aborde certaines escales.  Je vous mets un bout de la 4e de couverture :

La pilote, couverte d’écailles et de plumes multicolores, a choisi de se couper de ses semblables ; le médecin et cuistot occupe ses six mains à réconforter les gens pour oublier la tragédie qui a condamné son espèce à mort ; le capitaine humain, pacifiste, aime une alien dont le vaisseau approvisionne les militaires en zone de combat ; l’IA du bord hésite à se transférer dans un corps de chair et de sang…

Ce livre, c’est comme le gâteau du dimanche midi : il fait du bien, il procure une sensation de familiarité et en même temps on le déguste comme neuf. Rien de nouveau dans les thèmes que B. Chambers choisit de relater, toutefois elle le fait à la façon d’une conteuse, elle nous raconte une chouette histoire et ses personnages prennent vie devant nous. A la fin du livre, on a la sensation de quitter des amis, mais sans tristesse : avec la certitude de les recroiser.

Et ne vous fiez pas complètement à mon introduction : de l’action, du risque, il y en a quand même ! Et de la tendresse, et de l’humour. Un roman à lire pour se remonter le moral.

L’espace d’un an, de Becky Chambers. L’Atalante, août 2016.alice

 

Saute

LE livre pour jouer avec les tout-petits

Note : 5/5

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Presque-panne de lecture cet été : j’ai relu quelques bouquins, beaucoup de BD de mon enfance chez ma mère, découvert 1 ou 2 livres qui ne m’ont pas assez plu pour être notés ici. Je me morigénais intérieurement : vacances d’été, et tu n’as pas lu Proust ? Pas fait de découverte ? Pas essayé un des livres des Mécaniques imaginaires ? C’est fin août, en vidant mes 2 sacs de livres pour enfants sur le comptoir de la médiathèque de mon village, que je me suis rendue compte que si, j’avais lu plein de nouveaux livres, des tonnes de nouveaux livres, dont plusieurs méritaient largement un 5/5. Bon, ma fille a 1 an et 1/2, donc certains de ses choix ne vont vous plaire, mais parmi toutes ses lectures se trouvent quelques bijoux qui lui plaisent autant qu’à nous, et que je serais ravie de vous faire découvrir. Une idée pour vos futurs cadeaux de naissance ?

La star incontestée de ces lectures : Saute, de Tatsuhide Matsuoka. Sur l’idée du photographe Philippe Halsman, qui photographiait des célébrités en train de sauter en l’air. Ici, ce sont des animaux qui sautent : sur une page, ils prennent leur élan. La suivante, ils sauuuttent ! Et deviennent tout à fait rigolos. Les dessins sont géniaux, avec une touche d’exotisme qui perturbe un peu nos habitudes visuelles. Il y a même du suspens : l’escargot parviendra-t-il à sauter ?? Il faudrait nous filmer quand on lui lit : on fait sauter le livre, on saute aussi, ma fille s’éclate… Seul reproche : c’est trop court !

Heureusement, Tatsuhide Matsuoka a poursuivi l’exercice avec Roule, dont vous avez tout de suite compris le principe.

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J’adore l’écureuil qui est très beau (bien roulé ??!) ; j’ai découvert qu’un cloporte savait très bien rouler ! Et dans les dernières pages, Matsuoka a la bonne idée de faire rouler un bébé et son doudou… ce que nous nous empressons de faire à chaque fois.

De la lecture plaisir, quoi ! De la lecture-action !

Saute et Roule, par Tatsuhide Matsuoka. L’école des loisirs, 2014 et 2016.alice