Camille, mon envolée

Un livre-témoignage très touchant, sans verser dans le pathos, sur la mort d’une jeune fille de 16 ans, écrit par sa mère.

Note : 5/5

9782253068747-001-T

Cette chronique est écrite dans le cadre du Prix littéraire des Chroniqueurs web, catégorie Livres de Poche, sous-catégorie (que j’invente) : la mort, le deuil et après (1).

Je ne voulais pas lire ce livre. J’en ai lu le résumé sur Babelio :

Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille Camille, 16 ans, emportée une veille de Noël après quatre jours d’une fièvre sidérante, Sophie Daull a commencé à écrire.

Je suis bi-maman depuis 2 mois, ma fille a bientôt 3 ans, mon fils est un mini-bébé… Je ne voulais pas lire ce livre. Depuis que je suis maman, les histoires de mort-problème-torture-maltraitance-etc d’enfants, réelles, faits divers ou littéraires, me touchent à outrance. J’ai même pleuré comme une passoire en lisant Les gens heureux lisent et boivent du café, que je n’ai pourtant pas trouvé spécialement bien écrit ou intéressant. Alors, un livre-témoignage écrit à la première personne, racontant ce décès foudroyant d’une ado sympathique et épanouie, je ne voulais pas le lire. Je lirai les 9 autres livres de la sélection Poche, et puis voilà tout, pensais-je.

Sauf que les commentaires sont bons, qu’il y a dans le résumé un je ne sais quoi de rassurant, et que je me retrouve entraînée. C’est même le premier livre que je lis en rentrant chez moi. Sa faible épaisseur facilite son abord, 192 pages en édition de poche. Je le dévore en peu de temps.

Ce livre est une auto-fiction, écrite à partir d’un carnet rempli par Sophie Daull peu de temps après la mort de sa fille. S’il est court, c’est que l’auteure s’est promis d’arrêter son carnet lorsqu’elle ne parlerait plus de Camille, mais d’elle-même ; lorsqu’elle ne parlerait plus de sa fille, mais de sa peine à elle.

Là est toute la force de ce roman : on n’y veille pas une morte, on ne s’enfonce pas dans son absence, mais on découvre deux vies. Celle de Camille, à travers ces 4 jours de fièvre, celle de Sophie, 3 mois après le décès ; celle qu’elles partageaient, via quelques souvenirs.

Comme le dit si bien la 4e de couverture,

Loin de l’épanchement d’une mère endeuillée, Camille, mon envolée est le récit d’une résistance à l’insupportable, où l’agencement des mots tient lieu de programme de survie.

Les 4 derniers jours de Camille, c’est l’histoire d’une fièvre terrassant cette jeune fille, de l’absence d’écoute médicale, d’une mort inattendue et incongrue – d’autant plus bouleversante que nous, lecteurs, savons que Camille va mourir et que sa mère, la narratrice, en ignore tout.

C’est une histoire pleine de moments tendres, drôles aussi. La visite des différentes entreprises de pompes funèbres est un délice, c’est frais, c’est décalé. Le réseau d’amis autour de Camille et de Sophie étonne et donne envie d’avoir le même : que d’amitié ! Que de gens différents ! Sophie Daull est comédienne de théâtre, cela aide peut-être à avoir des entourages variés ?

Sophie Daull réussit l’exploit de nous faire aimer sa fille, de nous donner la sensation de la connaître ; elle la fait réellement vivre par ses mots et, de là, nous la pleurons également, nous pleurons sa perte.

Car, ne vous leurrez pas : vous pleurerez. Si ce livre vous touche, et je pense qu’il vous touchera, vous pleurerez.

Addendum : quelle est cette étrange coïncidence qui m’a amenée à lire ce livre deux jours avant d’apprendre la tragédie, similaire, qui touche le frère d’une très bonne amie ? Cette lecture m’a peut-être permis de mieux comprendre leur douleur.

Camille, mon envolée, par Sophie Daull. Le Livre de Poche, 2016.alice

 

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3 réflexions au sujet de « Camille, mon envolée »

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