La vie invisible d’Addie Larue

Dans la grande lignée des pactes avec le diable, découvrez Addie, la femme à la vie si longue mais dont personne ne peut se souvenir.

4/5

Ce livre m’a fait penser à La femme d’argile et l’homme de feu (The Golem and the Jinny, je le précise pour Justine qui me l’avait prêté en anglais), d’Hélène Wecker.

Je précise que cette lecture n’a rien à voir avec le prix poche du festival L’Ouest Hurlant, contrairement à mes précédentes chroniques. C’est en fait une bonne surprise mise en avant à la médiathèque de mon village : merci les bibliothécaires !

Comme pour Les Noces de la Renarde, ou pour Un parfum d’encre et de liberté (pour ne citer que des livres présents sur les Mécaniques imaginaires), l’intrigue est segmentée entre plusieurs époques.

Il y a aujourd’hui à New York, où Addie vit depuis une trentaine d’années. Addie est plus qu’habituée à son sort : depuis 300 ans, les gens l’oublient. Dès qu’ils la quittent, qu’ils ferment une porte les séparant d’eux, dès qu’elle quitte leur horizon immédiat, ils l’oublient totalement. Elle, par contre, n’oublie rien. Elle a toujours le même âge, le même corps, et tous ses souvenirs. Elle sait donc bien que, depuis son pacte avec une puissance occulte, il est impossible que quiconque se souvienne d’elle. Comment se fait-il alors qu’un libraire la reconnaisse à sa deuxième venue ?

Il y a aussi 1714, l’année du pacte. Puis les années qui suivent, de chapitre en chapitre : la découverte par Addie de sa condition, ses premières réactions, ses premiers voyages, ses découvertes… ponctués par un rendez-vous régulier : le 29 juillet. Le 29 juillet 1714, Adeline a conclu son pacte avec une ombre. Le 29 juillet 1715, la puissance revient la voir. Puis d’autres années, toujours le 29 juillet. Le but de ce dieu obscur ? Récupérer l’âme d’Addie. Mais Addie est tenace…

D’aucuns pourraient trouver ce livre trop long et trop lent : de fait, il prend son temps, mais c’est au profit d’un récit construit, calibré, détaillé. La longueur du récit n’est pas au service de péripéties mélangées à des rebondissements, mais plutôt à l’observation des conséquences du pacte et des choix faits par Addie. Si vous détestez les romans qui prennent leur temps, passez votre tour ! On a ici une lecture à faire au coin du feu, tranquillement, en hiver, en prenant tout son temps.

Si la longueur ne m’a pas rebutée, étrangement, j’ai plutôt achoppé sur le titre sur roman et ce « Addie » que l’on retrouve sans cesse. Adeline est française, Addie est censé être le diminutif de son prénom. Elle choisit ce diminutif pour échapper symboliquement à un sort sans avenir et sans liberté (mariage, enfants, travail dans la Mayenne française du 18e siècle). Or je trouve que « Addie » ne sonne vraiment pas bien, ne convient pas au personnage. Cette remarque semble complètement anecdotique une fois écrite… c’est peut-être le révélateur d’une petite difficulté à m’identifier au personnage ?

Plusieurs personnes ont discuté la fin du roman, que je ne vais évidemment pas raconter ici, ne comprenant pas le choix d’Addie. Il ne pouvait, selon moi, pas y avoir d’autre fin, le roman suit la narration classique de tout pacte avec le Diable, mais cela révèle peut-être, de nouveau, un petit défaut de construction du caractère d’Addie.

Une fois ces difficultés oubliées, on tient avec La vie invisible d’Addie Larue un chouette roman fantastique mêlant malédiction, romance, art et histoire.

La vie invisible d’Addie Larue, par Victoria E. Schwab. Lumen, 2021.

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