Comment le dire à la nuit

Une belle écriture / au service d’un livre-puzzle / qui réinvente les vampires / à la mode du romantisme noir

Note : 4/5

Comment le dire à la nuit PLIB les mécaniques imaginaires

Ce livre fait partie des 5 livres finalistes pour le PLIB 2019, auquel les mécaniques imaginaires participent !

Comment le dire à la nuit est un livre qu’il serait dommage de résumer. Il est tout à fait possible de le faire : ce roman raconte une histoire, comme tous les romans, que l’on peut donc détailler chronologiquement et de façon lapidaire, en quelques mots. Ce serait néanmoins regrettable car tout le charme de ce récit réside en sa dislocation et dans son aspect voilé.

Sa dislocation, d’abord : c’est un roman-puzzle. Nous naviguons entre Egmont, Athalie, Rachel et Parascève, mais aussi Carolina, Adriel. Nous oscillons entre trois époques : 1691, 1856 et un présent indéfini. Nous voguons de personnage en personnage, nous sommes assez perdus au début. Un premier fil arrive pour nous aider à démêler la pelote : d’époque en époque, plusieurs protagonistes principaux ont les cheveux blancs. Immaculés. Parfois très longs. Est-ce la même personne ? Sont-ce des gens différents ? L’indice est-il là pour nous aider ou pour brouiller davantage les cartes ? Puzzle. Que nous disent ces trois époques, où l’on rencontre des personnages différents ? S’agit-il d’un livre d’immortels, de métempsycose, d’hallucinations ? Les trames se croisent, se rejoignent peu à peu. Nous émettons intérieurement des hypothèses, qui lentement s’invalident ou se confirment, jusqu’à ce que, à la fin, tout soit assez clair. Pas expliqué, ni détaillé : juste assez clair.

Car ce livre est un livre voilé. On y progresse comme on avance dans une salle emplie de fumée : avec peu de repaires, sans savoir vers quoi l’on se dirige, de forme en forme. La langue, élégante et bien tournée, participe de ce contournement général : c’est par le détour que les choses progressent dans Comment le dire à la nuit, comme si la question posée dans le titre, question régulièrement posée par les personnages du roman, cette incapacité de Rachel, Egmont, Parascève à dire les choses, avait contaminé le narrateur ainsi que la structure narrative choisie – le puzzle.

Davantage Only lovers left alive de Jim Jarmusch qu'Une nuit en enfer de Robert Rodriguez

C’est un livre de vampires, donc. C’est presque trop que de déjà dire cela, car on ne le comprend pas tout de suite, mais il faut bien que j’ai un peu de matière pour cette chronique ! Nous parlons de vampires très humains et très peu bestiaux, même s’ils ne se refusent pas un petit boire de temps en temps. De vampires qui perdent leur clarté d’esprit quand ils deviennent immortels, voire toute leur mémoire. Qui sont confus, troubles, comme ce roman l’est. Qui s’ennuient, qui se cherchent des distractions. Qui sont parfois très fêlés, comme seuls les humains peuvent l’être.

La plus fêlée est sans doute aucun Athalie, la dame en noir qui veut vivre une histoire. Elle est cruelle comme un enfant, elle n’a plus de mémoire, elle cède à toutes ses impulsions, elle veut vivre un peu et sortir du grand vide dans lequel elle végète. Là où ce roman est puissant, c’est qu’il n’est pas simpliste ou dichotomique : il n’y a pas une méchante et des gentils, il y a une femme qui a vécu des choses terribles il y a fort, fort longtemps, qui s’est faite happer par le néant et qui voudrait juste éprouver quelque chose. D’ailleurs, si Athalie n’a pas de mémoire, ce n’est peut-être pas dû à sa longévité, mais surtout au déni, au refoulement face aux atrocités passées. Derrière l’histoire de vampires, il y a ainsi dans Comment le dire à la nuit une réflexion sur la transmission : la transmission inconsciente des traumatismes, des bobos sans fin que l’on se passe de génération en génération, des interdits, tout comme les vampires peuvent transmettre leur immortalité en un baiser spécial.

C’est un livre où on ne triomphe pas par l’action, mais par l’affect.

Il me reste à vous parler du vide, du rose et de Barbara Cartland.

Le vide. La plupart des personnages du roman sont creux, ils se sentent vides, ils sont vides, comme s’ils n’étaient qu’une forme recouvrant du néant. Ils insistent beaucoup là-dessus, le vide revient sans cesse d’une page à l’autre. C’est ce qui m’a un peu freinée au bout d’un moment : j’ai eu la sensation que le roman ne s’adressait pas tout à fait à moi, qui ne suis peut-être pas assez mélancolique pour faire écho à tout ce vide.

Cela dit, Comment le dire à la nuit est loin d’être dénué d’humour, et de rose ! La fin du livre vous apportera une vampire avec une coupe de cheveux grunge, une apparition de Barbara Cartland, une horde de vampires chargés de transformer le monde en un décor sirupeux – rose bonbon – molletonné – couvert de fleurs artificielles. J’avoue ne pas avoir compris totalement comment tout le gris avait été ainsi mangé par du rose en un final halluciné, mais c’était très plaisant.

Enfin, mention spéciale LGBT à ce livre où l’hétérosexualité classique apparaît comme un modèle tout à fait minoritaire.

Comment le dire à la nuit, de Vincent Tassy. Éditions du Chat Noir, 2019

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Outresable

La Terre est depuis longtemps entièrement recouverte de sable. Les humains vivent sur le désert et ont appris à plonger… sous le sable.

Note : 4/5

Outresable Hugh Howey Dystopie les mécaniques imaginaires

Le sable recouvre tout. Il est partout. Les hommes vivent à sa surface, comme ils peuvent, lentement poussés par les dunes. Les jardins sont perchés sur les toits, l’eau est une denrée précieuse, les maisons sont de bric et de broc. Le sable est partout, envahit tout, les maisons actuelles sont empilées sur des strates et des strates d’anciennes constructions : le niveau du sable monte. La Terre s’ensable irrémédiablement. Sous le sable : les villes, les voitures, le monde tel qu’on le connaît, les gares, les aéroports, le sol. Ce ne sont pas les eaux qui ont tout englouti en un déluge vengeur, ce sont les grains de sable qui montent indéfiniment à l’assaut des vivants. Dystopie écologique, Outresable dépeint une Terre qui ressemble à Mars, oxygène en plus : du minéral à perte de vue, un environnement sur lequel les humains s’accrochent mais où ils n’ont, finalement, plus de place.

Pour le reste, l’humanité continue son bonhomme de chemin, avec ses amours, ses querelles, ses écoles et ses métiers, ses ambitions et ses renoncements, ses scissions, ses fous, ses luttes, ses appartenances, ses malfrats. Ses familles.

C’est l’histoire d’une famille, justement, une famille de plongeurs. Plongeurs ? Oui, plongeurs, plongeurs de sable. La plus douée, c’est la grande sœur, Vic. Elle arrive à descendre plus bas que tout le monde et à récupérer des trésors ensevelis : des valises pleines de vêtements, des enseignes néon d’un autre âge. Si elle parvient à atteindre des profondeurs incongrues, c’est qu’elle a plusieurs secrets, mais surtout car elle sait rester parfaitement calme et sereine dans le ventre du sable et à canaliser les ondes produites par sa combinaison, technologie permettant d’avancer dans le sable. Elle gagne sa vie avec ces reliques, elle est amoureuse, elle file au rythme du vent avec son bandit à dreadlocks de cœur sur un sarfer, char à voile des époques ensablées.

Son frère, Palmer, est plus casse-cou et peut-être moins en accord avec lui-même : il n’a pas assez confiance pour oser pénétrer les couches profondes, le sable très dense. C’est pourtant lui qui va tenter une plongée historique pour le compte d’une bande de gens louches : trouver la mythique Danvar. Danvar est enfouie sous des centaines et des centaines de mètres de sable, elle serait même trop loin pour Vic. Ses employeurs ont creusé un immense cirque dans le sable, ils croient savoir où se trouve Danvar : Palmer va plonger.

En parallèle, ses deux jeunes frères s’apprêtent à réaliser leur pèlerinage annuel : prendre la tente et camper au bord du « no man’s land », territoire où leur père est parti il y a des années. Ils sont pour nous les dépositaires de la vie quotidienne de ceux qui ne plongent pas, qui après l’école vont désensabler le puits, mais qui n’ont rien à construire. Rose, leur mère, n’est pas très disponible pour eux : elle mène une vie laborieuse, patronne et tenancière du bordel de la ville.

A partir de la plongée périlleuse de Palmer se nouent les fils d’un thriller couleur sable, qui va impliquer tous les membres de la famille et tirer le récit jusqu’à ce que quelque chose change, bien ou mal.

Hugh Howey aime enfermer ses personnages. Rappelez-vous de Silo, trilogie qui l’a fait connaître, que j’ai personnellement beaucoup aimée. Dans Silo, les personnages sont enfermés dans un énorme tube enterré, de plusieurs centaines de mètres de haut. La Terre est empoisonnée, la vie n’existe plus que dans l’abri, au prix d’un contrôle social despotique. C’était l’occasion pour Howey d’illustrer très directement la pyramide sociale, depuis la machinerie ouvrière tout en bas jusqu’aux étages plus nobles en haut. Le monde du silo est très simplifié, il n’y a pas de place pour la complexité. Après Silo, ce fut Phare 23, qui ne m’a pas déçue et qui dépeint les jours infinis d’un gardien de « phare », c’est-à-dire d’une petite balise automatisée placée à proximité des zones que les vaisseaux interstellaires doivent éviter. Un homme est dans le phare, mais il n’est pas nécessaire : il n’est présent que comme redondance sécuritaire en cas de panne. Il écoute tous les bruits de la balise, jusqu’à ce qu’un bruit de plus semble apparaître. Folie de l’homme enfermé ? Danger réel ? Une nouvelle fois l’univers décrit est très simple, très petit.

Les livres de Hugh Howey dépeignent tous des univers simplifiés, monochromes, réduits à un élément majeur qui a étouffé tous les autres : le silo, l’espace de l’autre côté de la cloison, le sable. Le jaune, le gris. Dans les romans d’Howey, on ne respire pas à plein poumon, on économise l’eau, on vit à petite vitesse et on déteste ça. On s’asphyxie. Ses personnages sont en quête d’infini, de grands espaces, mais ils sont obligés de ne vivre qu’à moitié. Alors ils se rebellent, ou ils luttent. Ils ne s’accommodent pas du peu qui leur est accordé. Ce sont toujours de bons thrillers, débouchant sur une nouvelle donne. Si la mécanique peut sembler simpliste, elle fonctionne grâce au cadre dans lequel elle se déploie.

Les livres de Hugh Howey dessinent des tableaux où une seule couleur se décline en centaines de nuances. Ce n’est jamais le bleu, ce n’est jamais le vert. 50 nuances de jaune, 50 nuances de gris, et le noir des plongées outresable.

Les univers de Hugh Howey ressemblent à ces jeux vidéos qui vous plongent dans un univers étrange et qui semblent n’avoir retenu qu’une toute petite partie de ce qui constitue notre expérience quotidienne pour en faire le cœur de toute chose.

La fin ne m’a toutefois pas réellement convaincue, mais cela importe peu : c’est surtout l’inventivité des décors et du cadre qui font la force du roman.

Outresable, de Hugh Howey. Actes Sud, 2019

Malboire

Quand l’apocalypse écologique a eu lieu, il reste à survivre… et à trouver à boire.

Note : 4/5

Couverture-Malboire-Leboulanger

Malboire faisait partie des 20 sélectionnés de la 2e phase de sélection du PLIB 2019, dont je suis jury pour le blog, mais n’a pas été retenu parmi les 5 finalistes.

Il y a un vrai plaisir à lire un roman post-apocalyptique dont les événements se situent dans un cadre que l’on connaît. Un plaisir bien plus fort que de regarder l’un des « Meurtre à… » diffusés sur la 3 en recherchant avidement telle rue que l’on reconnaitra, le bar que l’on fréquente, la devanture qui a été modifiée pour le film – ce qui procure déjà une certaine dose d’attente et d’anticipation, non ? J’avais été assez déçue par Les événements, de Jean Rolin, sélectionné pour le Livre Inter 2015, road trip post-catastrophe majeure qui commence à Paris et trace son chemin dans une France en déroute, jusqu’à Marseille. Je ne me suis pas encore frottée au dyptique Alone de Thomas Geha, qui m’a-t-on dit se déroule notamment dans un Rennes en décomposition et que l’on m’a recommandé, je vous tiendrai au courant. Il y a aussi un petit peu de France et de Saint-Malo s’enfonçant dans la ruine dans AquaTM de Jean-Marc Ligny, premier roman d’une trilogie écolo-apocalyptico-très-noire. J’arrête ici ma liste.

Nulle part dans Malboire il n’est dit explicitement que l’on est dans l’hexagone, mais tous les indices sont là. Cette lande, « longtemps après un désastre qui a laissé la terre exsangue et toxique », ce pourrait être les Landes. Ces montagnes, ce Là-haut que certains cherchent à atteindre à tout prix, pourraient se trouver dans les Pyrénées. Ma projection géographique est peut-être erronée, mais j’ai été prise par la projection défaite, pourrie, de notre riant pays proposée dans Malboire, dans ses toponymes, dans ses personnages. Comme un écho futur de ce qu’il en adviendrait si les COP se succédaient sans effet, si les marches pour le climat ne servaient qu’à faire de la randonnée, si une série de centrales nucléaires s’effondraient les unes après les autres, si l’industrie agronomique développait des engrais toujours plus toxiques et épuisaient les sols tout à fait, ne laissant que du poison derrière eux.

Malboire commence de façon très sombre, très noire, parmi « Ceux de la boue ».

Je suis resté longtemps avec Ceux de la boue. Combien de temps exactement ? Impossible à dire. Les mange-terre ne tiennent pas le compte des minutes et des jours, des heures et des mois. Ils errent sans but, marchent pour ne pas tomber, et s’ils finissent tout de même par chuter, c’est là qu’ils dormiront. […]. J’écris « je », mais je devrais dire « ça », car il n’y avait encore dans ma carcasse aucune trace de tout ce qui fait ce que je suis. […] Ça a donc sorti sa tête du sol, traversant au passage la mince couche d’eau qui la recouvrait, ça s’est dressé et, dans le noir toujours, ça a toussé, ça a craché puis renvoyé la boue qui collait à son palais et obstruait sa gorge là d’où elle venait. Elle s’y est fondue en un instant.

La boue, c’est la Malboire, une boue malsaine qui rend fou, une eau mauvaise qui efface la mémoire des hommes et en fait des organismes sans conscience, errant, malades. « Je », c’est Zizare, qui parvient à s’extraire de la boue, ou plutôt qui est recraché par la Malboire – et qui va être recueilli par Arsen, un vieil inventeur esseulé.

Dans le monde de Malboire, et comme ce nom l’annonce d’emblée, tout tourne autour de l’eau, de l’eau potable, de l’eau contaminée. On ne peut pas boire l’eau au sol, l’eau qui coule : la Malboire est partout, elle est empoisonnée, elle tue à petit feu. Dans le monde de Malboire, il pleut sans cesse ; c’est cette eau de pluie qui est précieusement collectée et qui permet de survivre. Arsen, l’inventeur, a une idée folle pour résoudre la pénurie permanente d’eau : pomper celle qui est enfouie profondément dans le sol. C’est par Arsen que l’espoir s’écoule dans ce roman, que l’idée d’une amélioration possible s’installe, que Zizare et lui peuvent faire des réserves d’eau potable et en faire bénéficier Wassingue, le hameau du coin. Ne vous méprenez pas sur « hameau », la vie y est merdique comme le sous-entend son nom. Wassingue, c’est le lieu de la survie brute, simple, inhumaine, sans projet et sans espoir. Zizare, lui, est porté par le ressort de la curiosité, par un appétit de vie et d’amour. Zizare est amoureux de Mivoix, sa compagne trouvée à Wassingue, celle qui ne parle jamais. Dans Malboire, ce sont la presque-muette et celui qui ne vient de nulle part et dont le nom rime avec bizarre qui tracent leur route. Les autres, les calfeutrés, n’ont pas d’avenir.

Peu à peu, cette envie de voir les choses, de comprendre, vont alléger ce récit très noir et le transformer en récit d’aventure, en road-trip non dénué d’humour. Zizare et Mivoix partent à la recherche du Barrage, ce grand mur qui sépare les terres et la boue du « Grand Clapot » – comprenez : la mer. Or le Barrage est tenu par une secte de surfeurs à tendance rastafari (!!), les Planches à Mort, qui sont certes menaçant pour nos personnages mais quand même franchement ridicules. Ils vénèrent une immense vague à venir, la Grande Finale, celle qui cassera tout pour tout noyer et qu’ils pourront surfer sans fin. Je n’en avais encore jamais lu des comme ça ! Après le Barrage, ce sera la quête de Là-haut et le temps des réponses.

Ce que j’ai beaucoup apprécié dans Malboire, c’est que l’on n’y baigne pas tout du long dans l’ambiance très noire du début. Le récit et les personnages tracent un chemin, ouvrent des perspectives. Je pourrais vous citer quelques romans qui se vautrent dans ce type d’ambiance en une fascination parfois malsaine et surtout déprimante. Ici, rien de tel. Le cadre est terrible, mais il sert de base à un dépassement, et le message écolo s’en trouve, à mon goût, renforcé. Après avoir refermé le roman, j’ouvre le robinet pour faire cuire mes pâtes, je prends une bonne douche chaude, et je me souviens d’un coup que cette facilité liquide est un acquis aussi précieux que fragile. Mais je n’ai pas non plus l’impression que l’on m’ait fait la leçon !

L’auteur a aussi su amener doucement une autre dimension qui entrelace un niveau de lecture complémentaire avec les péripéties du roman : tous les noms font sens, esquissant une proposition à interpréter, que la 4e de couverture sait mieux présenter que moi :

Faire route avec Zizare, c’est entreprendre la quête d’un monde qui se fonde sur une quête des mots, c’est découvrir que géographie physique et géographie psychique se répondent, c’est entendre la leçon d’une fable écologique qui se conjugue pour le lecteur au futur antérieur.

Malboire, par Camille Leboulanger. L’Atalante, 2018.

Les 5 finalistes du PLIB

Voilà quelques temps que vous voyez fleurir ici des articles tamponnés « PLIB2019 ». Le PLIB, c’est le Prix Littéraire de l’Imaginaire de BooktubersApp, autrement dit le prix des blogueurs de l’imaginaire, qu’ils soient obsolètes comme nous, version textes et mots, ou modernes, en mode webcam et vidéastes (sur YouTube notamment).

Les infos sur le PLIB, c’est par ici ! Tout sur le jury, les ouvrages sélectionnés, le règlement.

Sont « primables » tous les romans relevant de la littérature de l’imaginaire (avec tous les sous-genres convocables : fantasy, fantastique, SF, fantasy urbaine, bit-lit, tutti quanti), français, de l’année passée (publiés en 2018 dans notre cas), ce ne doit pas être une suite.

  • 1. Chaque juré vote pour 20 titres pour créer la pré-sélection. 118 ont été pré-sélectionnés par les 161 membres du jury.
  • 2. Chaque juré vite dans cette liste de 118 pour les 20 titres qu’il retient. La lecture n’est pas obligatoire, la chronique non plus.
  • 3. Chaque juré vote pour 5 titres retenus. A partir de là, tous les romans doivent être lus et chroniqués par chaque juré, jusqu’au vote final.

Et les 5 finalistes sont…

Rendez-vous en septembre pour les résultats !

Nous avons aussi chroniqué des romans qui n’ont pas été retenus parmi les 5 finalistes :

Rouille

Un livre d’action déguisé en roman pour adolescent(e)s, un Paris grimé en Londres de L’Éventreur, 375 pages de steampunk ultra vitaminée

Note : 3/5

Rouille Floriane Soulas

Ce livre fait partie des 5 livres finalistes pour le PLIB 2019, dont je suis jury pour notre blog.

Paris à la fin du XIXe siècle, à la mode steampunk.

Le steampunk, c’est tout un courant littéraire qui réécrit l’histoire du XIXe siècle en imaginant que la technologie dominante est celle de la vapeur, steam. Des avancées techniques majeures ont pu avoir lieu, nous somme au cœur de la révolution industrielle, des engins impressionnants sont inventés, tout en reposant essentiellement sur la vapeur. Le cadre ? En général une grande ville, souvent le Londres victorien. Les héros ? Souvent des êtres un peu fous ou extraordinaires : le capitaine Némo, le docteur Jekyll et son comparse Hyde, sont autant de bons candidats à l’épopée steampunk. Plusieurs grands noms de la SF y ont largement trempé leur plume, dont Tim Powers qui fut le premier à m’introduire à ce genre. Vous avez peut-être vu le manga Steamboy en 2004 ? Il en est ! L’imagerie steampunk est pleine de réalisations fantastiques qui prennent beaucoup de place, l’art de la vapeur étant fort peu miniaturisable. On y allie parfois vapeur et avancées biologiques, travaux monstrueux divers et variés à base de biomécanique. J’ai même lu une série de romans sur des zombies dans un monde steampunk ! Les récits de l’imaginaire ayant ceci de fascinant qu’ils autorisent tout à leurs auteurs, ils peuvent offrir tout type de réalisation aux peuplades urbaines de la fin du siècle. Dans Rouille, Floriane Soulas leur a offert… la Lune.

Paris, donc, alors que la Lune est exploitée pour ses minerais nouveaux. Les progrès scientifiques ont beau être majeurs, la vie reste la vie pour le petit peuple, peut-être encore un peu plus pauvre. Deux Paris coexistent : l’un, à la vie très douce, encapsulé sous un Dôme qui le protège et assainit l’air qu’il respire ; l’autre, dans les faubourgs, est misérable et fort peu concerné par ces étonnantes richesses lunaires.

Notre héroïne, Violante, ne vit pas du côté privilégié de la ville, c’est le moins que l’on puisse dire. Amnésique, sans passé, elle est prostituée dans une maison de passe. Elle se débrouille plutôt bien, dans sa maison close – qui est loin d’être minable – elle est Duchesse. Duchesse plait beaucoup à ces messieurs et bénéficie de quelques privilèges au bordel.

Ce qui occupe les quelques moments libres de Violante ? Grappiller des informations sur son passé, reconstituer son identité, avec l’aide de son amie et collègue, Satine. Lorsque le lecteur rencontre Satine, elle est tout à fait droguée, avec une nouvelle substance, la « rouille »… avant de disparaître mystérieusement quelques pages plus loin. Ce n’est pas la première disparition de prostituée dans la ville, loin de là ; certaines sont d’ailleurs retrouvées mortes, tout à fait découpées en morceaux. Le souteneur de Violante, Léon, s’empare de l’affaire, avec l’aide de Jules, l’un de ses employés, mais Violante décide aussi de participer à l’enquête.

L’intrigue va fort vite, de rebondissement en rebondissement, de prostituée disparue en chiens « méca », augmentés et rageurs, de décharges en égouts. Nous visitons la ville des pauvres, la ville des riches, sans pour autant que le décors soit réellement planté. J’avoue tout de même que la Tour Eiffel comme aérodrome à dirigeables est une image très plaisante ! L’intrigue centrale, mêlant disparitions inexpliquées, expériences d’hybridation mécanique du vivant et pègre parisienne, permet à Violante d’avancer lentement sur la trace de son passé. L’auteur n’épargne pas ses personnages, qui sont abimés au fur et à mesure de l’intrigue et donnent tout à fait de leur personne – un peu trop peut-être, ou de façon un peu mécanique.

Il y a un vrai plaisir à lire une héroïne réellement prostituée, qui n’est pas dans son choix de carrière préféré mais qui assume. Violante est un personnage intéressant, dont le nom révèle des profondeurs d’abord insoupçonnées, qui n’a pas froid aux yeux.

Je trouve toutefois qu’il y a un peu trop de tout dans ce livre, en un grand patchwork de plein de thèmes, ou, pour coller davantage à l’ambiance, à un roman-frankestein en pleine électrification. On y retrouve Jack L’Éventreur et ses cadavres à la pelle, on y retrouve Frankenstein, justement. Mais aussi beaucoup d’écriture filmique pour les scènes d’action, des explorations d’égouts que j’ai l’impression d’avoir déjà lues (ou jouées dans des jeux vidéos pas tout jeunes à la Baldur’s Gate), une scène de bal qui s’est déjà dansée… Tous les éléments fonctionnent bien, mais la sensation ne m’a jamais quittée qu’il y en avait trop, déjà vus, et qu’il aurait peut-être fallu en mettre un peu moins et mieux les exploiter. Mention spéciale à l’exploitation de la Lune, qui n’amène pas grand chose à l’intrigue et n’est jamais illustrée ou utilisée, alors que c’est l’un des éléments accrocheurs de ce roman et mis en avant sur la 4e de couverture.

Rouille est un roman qui se lit bien, vif et bien mené, qui apporte le plaisir propre aux lecteurs un peu malveillants de torturer quelque peu – mais sans les épuiser – ses personnages, mais son aspect pléthorique finit à mon goût par le desservir.

Rouille, par Floriane Soulas. Scrineo éditions, 2018


L’enfant de poussière

Le premier tome d’un récit d’apprentissage très bien mené, dans un monde fantasy convaincant, par l’étoile montante de la fantasy française.

Note : 5/5

L’enfant de poussière, Patrick K. Dewdney

L’enfant de poussière fait partie des pré-sélectionnés du PLIB, le Prix littéraire de l’imaginaire de booktubberapps #PLIB,auquel Les mécaniques imaginaires participent cette année. Il n’a malheureusement pas été retenu parmi les 20 sélectionnés de la phase suivante, à mon grand regret ! Retrouvez les 5 finalistes du prix.

Soyez les bienvenus dans le Cycle de Syffe, avec ce premier de sept tomes : L’enfant de poussière.

Posons les préalables : si vous n’en avez pas encore entendu parler, sachez que vous découvrez à l’instant l’un des livres-dont-on-cause cette année, qui devient de semaine en semaine un must-read, un incontournable des bonnes bibliothèques fantasy. Ma librairie BD et SF préférée, Critic, en a étalé des quantités en vitrine : « Le nouveau Robin Hobb » ! Pour ActuaLitté : « Nouveau monument, futur classique ».

Patrick Dewdney était présent aux dernières Utopiales, il a présenté son livre en direct dans « Mauvais genre », une émission de France Culture, et participé à plusieurs tables rondes. Il en ressort que Patrick K. Dewdney est anglais, comme son nom l’indique, mais vit en France depuis son enfance et écrit en français ; que l’on a le même âge à 3 jours près ; que L’enfant de poussière est son premier livre de fantasy, après 5 livres noirs ou de poésie ; qu’il vit dans un petit village au centre de la France ; qu’il parle volontiers d’anarchie.

Patrick Dewdney l'enfant de poussière
Patrick Dewdney (2018) – wikimédia commons

Et maintenant, Syffe.

Syffe est l’enfant de poussière, le héros du cycle qui porte son nom et le narrateur de l’histoire : en ouvrant le livre, nous lisons ses mémoires. Lorsque commence le roman, Syffe a 8 ans. C’est un orphelin qui ne connaît rien de ses parents – rien sauf un vague souvenir d’une fuite – rien mais quelques indices disséminés au long des pages laissent à penser qu’il ne sort pas de nulle part, Syffe. Il vit avec 3 autres orphelins dans la ferme d’une vieille femme pauvre qui reçoit quelques maigres émoluments en échange d’un gite (la grange) et du couvert (soupe le soir). C’est un enfant des rues et des champs comme un autre, qui vit non loin de Corne-Brune, bourgade installée le long de la rivière la Brune, dans un monde franchement médiéval.

Chaque partie du livre étant introduite par une carte et des extraits d’archives imaginaires, nous découvrons un monde complet et complexe. Voici un extrait de la première « archive » présentée :

Je n’étais qu’un jeune homme lorsque Parse la florissante fut scindée en deux par les volcans. […] Trois années durant, nous avons guetté le retour du soleil, trois années à scruter. […] A l’Est du cataclysme, Améliande, l’aînée des enfants de Parse, a résisté aux vagues. […] Et au nord, nous avons perduré, nous aussi. Les colonies de la Brune se multiplient en ces terres abandonnées, et on s’émerveille que nos lointains aïeux aient pu les croire maudites, ou peuplées de démons.

Orguain le Veilleur […] 34e année du Calendrier de Court-Cap. Traduit du Parse antique

Là réside l’une des premières forces de ce récit : il nous enracine avec les archives, il nourrit notre imaginaire, il nous intègre ; il crée un monde mais aussi son histoire, ses craintes, ses espoirs.

Syffe est un garçon plutôt maigrichon (pas très bien nourri), plutôt malin et très débrouillard. Un peu trop curieux probablement, et très entreprenant. Le cocktail parfait pour un héros de 7 tomes, mais aussi pour des bêtises qui, dans ce monde, ont vite des conséquences très lourdes. De rapine en revanche, Syffe est propulsé d’aventure en aventure et d’apprentissage en apprentissage, d’année en année. Il espionne pour le compte d’un « première-lame », Hesse, dans les rues de Corne-Brune. Il devient apprenti chirurgien. Il perçoit les remous politiques du pays, l’éclatement des comtés. Syffe n’est pas un personnage simpliste : il fait des erreurs, il apprend, il est parfois très doué, parfois superstitieux, parfois bravache, parfois très bête… Il est porté par les événements sans réellement les comprendre, c’est encore un petit garçon.

Un petit garçon auquel on s’attache. Les injustices qu’il subit, le mépris qu’il supporte, les agressions gratuites nous serrent le cœur.

Un petit garçon qui est aussi le narrateur, dont les sensations déterminent le roman. Qui n’a pas vu grand chose du monde. Qui voit un démon dans la forêt, en écho avec les « démons » des archives d’Orguain le Veilleur. Mais est-ce un démon ou quelqu’un, ou quelque chose, qu’il ne comprend pas car ses clés de décryptage des choses ne sont pas assez abouties ?

Voilà une autre force de ce roman et, je l’espère, de tout le cycle : nous y entrons aussi neufs que Syffe et croyons plonger dans un monde médiéval. Mais les autres contrés sont unanimes pour dire que les primeautés de la Brune sont arriérées. Et si le reste du monde était différent ? Et si ce démon n’en était pas un ? Les tomes suivants devraient nous apporter quelques réponses.

La fantasy de L’enfant de poussière n’inclut pas de magie. Pas de dragon, pas de sorcière, pas de morts-vivants. Quelques rêves récurrents très bizarres de Syffe. Ce peut-être démon. Je n’arrive pas à me départir de la sensation que ce pourrait être notre monde, après une catastrophe majeure. Les hommes, les gens, leurs relations, les guerres et les évolutions politiques sont au centre de l’histoire : saupoudrez de trahison, ajoutez une bonne dose de réalisme.

Reprenons Syffe. La 2e partie du roman le voit fuir Corne-Brune et devenir l’apprenti d’un Var*, un guerrier professionnel qui a une dette envers lui et propose de le former. L’époque de l’apprentissage guerrier est étonnante de vérité : Syffe passe par des phases psychologiques criantes de réalisme, chapeau à l’auteur ! Par ailleurs, est-ce l’influence de Game of Thrones ou d’autres lectures de Dewdney ? La guerre dans les contrées de la Brune n’a rien de romantique, rien de grand.

*Et là je ne peux m’empêcher de voir un clin d’œil à la saga Vorkosigan (Var / Vor) de Lois Mc Master Bujold, à tort ou à raison ?

Nous quittons Syffe en fâcheuse position à la fin de ce premier tome. Que d’évènements en 619 pages ! Mais ne craignez rien, les épisodes de la vie de Syffe n’ont rien d’un empilement artificiel, comme je le craignais en lisant le résumé. L’enfant de poussière est un page-turner convaincant, vif et attachant, dont je suis sûre que je vais lire la suite !

L'enfant de poussière par Patrick D. Dewdney. Au Diable Vauvert, 2018.

Notre bilan 2018

Amies lectrices et amis lecteurs, merci à vous pour votre curiosité et votre fidélité ! Nous avons passé avec le blog une belle année 2018, et avons déjà plusieurs projets pour l’année qui s’annonce !

Mais avant, retour sur 2018.

Ce fut une année intéressante pour le blog, sur le plan des lectures et des projets. Nous avons débuté avec le Prix littéraire des chroniqueurs web, qui nous a éloigné de nos sentes de lecture habituelles, avant d’opérer un virage résolu vers les littératures de l’imaginaire. La fin d’année a été en effet marquée par davantage de chroniques de science-fiction, fantasy, fantastique. Fanny ayant changé de phase, plongée qu’elle est en ce moment dans les romans fantastiques et feel-good (à l’eau-de-rose ;), nous avons moins lu et chroniqué des romans young adult.

Ce qui a marqué notre année, c’est notre présence aux deux grands rendez-vous des littératures de l’imaginaire français, les Imaginales en mai, puis les Utopiales début novembre. Les Imaginales d’Epinal ont vraiment ouvert le champ de la fantasy à Justine, alors que Fanny était déjà bien acclimatée. On a dévoré tout au long de l’année Gabriel Katz, Fabien Cerutti, Manon Fargetton… mais aussi toute l’oeuvre d’Adrien Tomas, on vous en reparle très bientôt. Les Utopiales furent l’occasion pour Alice de renouer avec un festival et un milieu qu’elle connaît bien, et une découverte pour Justine. Quelques auteurs ont éveillé notre intérêt, comme John Scalzi, Ben H. Winters ou encore Luvan dans le domaine français. Vous l’aurez compris, nous n’avons pas chroniqué tous les livres lus par nous trois en 2018, loin de là. On a procédé par coups de coeur, et surtout en fonction de notre temps.

Voici quelques chroniques qui nous ont particulièrement plu (à écrire ou à lire) :

Les seigneurs de Bohen. Chronique de Fanny. Alice a aimé : Les seigneurs de Bohen est un livre vif, d’une fantasy intrigante. On plonge très vite dans l’univers de Bohen, monde à la fois familier et tout à fait mystérieux. L’un de ses points forts : des personnages intéressants, et dont la gent féminine est bien mieux représentée que la moyenne ! Je l’ai lu avant de savoir que Fanny lui attribuait un 5/5, et je partage son avis ! Mes collègues aussi, en tout cas ceux à qui je l’ai prêté…  Je vous le conseille très fortement !

Dernier meurtre avant la fin du monde. Chronique de Justine. Alice a aimé : Merci infiniment Justine de m’avoir prêté ce Dernier meurtre ! Je n’en ai lu qu’un seul tome à ce stade sur les 3 qui composent ce récit pré-apocalyptique, mais je compte vite remédier à cette situation… Si l’on savait la fin du monde proche, dans 6 mois disons, à quoi ressemblerait le monde ? De nombreux auteurs ont imaginé débauche et chaos. La force de Ben Winters est de nous projeter dans un avenir probable, où chacun a pu assouvir ses envies et ses excès, où chacun a eu le temps de s’en lasser, et où il reste 6 mois avant la collision. L’auteur joue avec nos attentes, car comme la majorité des personnages, le lecteur n’a qu’une envie : se dire que la collision n’aura pas lieu, que les calculs des scientifiques sont erronés, que le gouvernement cache un plan secret. La puissance du personnage principal, la puissance du roman est de nous mettre calmement face à cette vérité : la fin du monde est programmée. Et il faut quand même vivre, enquêter, risquer sa vie. Dernier meurtre avant la fin du monde est aussi un excellent croisement entre roman policier et SF pour les amateurs de l’un ou de l’autre de ces deux genres !

Lady Helen. Chronique de Fanny. Justine a aimé (je triche, c’est fin 2017 😉 : Encore une belle découverte recommandée par Fanny dans une chronique d’anthologie, sous forme de lettre à Lady Helen. Lady Helen, c’est un condensé de Jane Austen et de gothique. Un jeune aristocrate anglaise arrive à l’âge de se marier, et ses préoccupations tournent autour des toilettes et des bals… jusqu’au jour où elle se découvre de mystérieux pouvoirs, en lien avec ses parents, et un homme ténébreux et dangereux de son entourage. Action, humour, romance, le tout enlevé et très bien écrit, foncez sur Lady Helen ! 

Les infâmes. Chronique de Alice. Justine a aimé : J’avais lu ce roman avant qu’Alice ne s’y intéresse dans le cadre du Prix littéraire des chroniqueurs web. Je l’avais trouvé brillant et noir, une enquête en même temps qu’un road-movie et une histoire familiale. Le plus de ce livre qui se lit facilement : la galerie de personnages, hauts en couleur, horribles et marquants. 

Et vous, qu’avez-vous aimé sur notre site en 2018 ?

Tout d’abord, vous êtes plus nombreux à nous lire qu’en 2017, vous venez surtout sur notre page d’accueil où se trouvent l’intégralité des derniers articles parus. Notre participation à des concours de blogueurs crée une curiosité pour nos profils, c’est nouveau pour nous ! Nous allons remettre à jour notre page de présentation. Vous êtes une quarantaine à nous suivre sur wordpress et par mail, et 93 sur Facebook. Notre blog est maintenant mieux référencé, et nous avons aussi beaucoup de visites via les moteurs de recherche, ou les rebonds signalés par nos amis blogueurs, ou auteurs. En 2018 notre blog a été vu par environ 600 visiteurs. Et vous êtes de plus en plus internationaux ! Un quart des vues provient des Etats-Unis ! La Belgique et le Canada, francophones, sont aussi bien représentés. Des lecteurs d’autres pays viennent voir notre blog : l’Irlande, la Suisse, la Chine, le Luxembourg, le Maroc, l’Espagne…

Votre top 5 de 2018 sur notre blog est :

La Mort Vivante. Une bande dessinée sortie en septembre, véritable bijou visuel avec son trait inspiré des gravures anciennes et son ambiance gothique, qui sublime une histoire tirée d’un roman de science-fiction des années 1950. L’article a été relayé par le dessinateur, Alberto Varanda, ce qui nous a donné une visibilité internationale !

Couleurs de l’incendie. Le nouveau roman de Pierre Lemaître, très attendu, dans la lignée d’Au revoir là-haut dont l’adaptation cinématographique est sortie à la fin de l’année dernière. Un roman réussi, histoire d’une vengeance sur fond de spéculations financières au bord de la Grande Dépression.

Camille, mon envolée. Un roman loin de nos lectures habituelles, qui a touché Alice au coeur. Un témoignage très touchant sur la mort d’une jeune fille de seize ans, écrit par sa mère. Un récit délicat qui ne verse jamais dans le pathos.

Notre-Dame des Loups. L’un de nos coups de coeur de 2018 ! Adrien Tomas, l’auteur, a signalé cette chronique sur sa page Facebook, ce qui a permis de faire découvrir le livre à plus de personnes ! Un huis-clos au Far West sur fond de chasse aux loups-garous, avec une écriture nerveuse et un sens génial de la construction narrative.

Dictionnaire visuel des arbres et arbustes communs. La période des fêtes et la recherche d’idées de de cadeaux a certainement fait grimper les consultations pour cet article, issu de la curiosité de Justine pour les arbres et son incapacité patente à les reconnaître en promenade. Un dictionnaire en images, clair et accessible pour les néophytes.

Pour compléter et vous donner un top 10, voici les 5 titres suivants que vous avez le lus consultés : Les chroniques du Radch, Underground Railroad, Alors vous ne serez plus jamais triste, Un parfum d’encre et de liberté, Le problème à trois corps. Il est certain que notre mode de consultation, qui propose les articles en intégralité sur la page d’accueil, ne permet pas de voir véritablement qui lit quoi, mais on en a déjà une bonne idée !

Quels projets en 2019 ?

Fanny, Alice et moi sommes très motivées pour continuer à vous faire découvrir nos lectures coups de coeur, malgré des vies activesde trentenaires très chargées et familiales pour certaines… Toutefois la lecture occupe une place importante dans nos vies et on a énormément de plaisir à partager avec vous nos lectures. Notre blog reste ouvert, bien sûr, à toutes vos contributions si vous souhaitez proposer un article n’hésitez pas !

L’année 2018 a été très « fantasy », on vous fera peut-être découvrir en 2019 plus de titres de science-fiction, de fantastique qui valent le détour, tout en continuant à chroniquer des livres coups de coeurs dans d’autres genres, romans, romans policiers, BD aussi.

Deux projets/évènements pour l’année à venir : notre participation au PLIB, le Prix Littéraire de l’Imaginaire de BooktubersApp, auquel Alice est inscrite comme juré pour sélectionner le meilleur livre de SFFF paru en 2018 ; on vous en reparle en janvier. L’autre évènement, c’est qu’on va se retrouver toutes les trois (pour la première fois toutes ensembles !) aux Imaginales fin mai. On a hâte !!!! On va être peut-être plus que de simples spectatrices cette année, on va y réfléchir dans les semaines à venir !

Joyeuses fêtes et à bientôt pour de nouvelles aventures littéraires sur les mécaniques imaginaires !