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les mécaniques imaginaires

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Claire

Réparer les vivants

Un livre intense et bouleversant.

Note : 5/5.

Reparervivants

Il m’a fallu un petit temps pour m’habituer au style de Maylis de Kerangal, très haché et parfois à la limite du name dropping… mais au bout de quelques pages, j’ai été happée par cette histoire qui se lit d’une traite.

La tragédie frappe un jeune homme fan de surf, Simon, un dimanche matin au retour d’une sortie dans les vagues. Tout s’écroule alors pour sa famille : comment réagir à la mort qui frappe si brutalement ? Comment se résoudre à l’incompréhensible ? Face à leur sidération, un autre enjeu prend le pas : en état de mort cérébrale, Simon est un donneur d’organe potentiel. C’est donc l’aventure médicale, de la délicate relation avec les proches en deuil jusqu’à la réalisation minutieuse du transfert des organes, qui se déroule alors, dépeinte avec une attention particulière envers les différents protagonistes. Chaque acteur de cette aventure prend vie par petites touches, chacun décrit à travers une passion, qu’elle soit sportive, artistique ou amoureuse.

Ce livre court et dense m’a vraiment touchée, à tel point que je me suis sentie un peu sonnée après l’avoir fini, et surtout que j’ai eu vraiment du mal à revenir à ma lecture précédente qui me paraissait soudain bien fade (une saga fort populaire actuellement avec des dragons et des morts-vivants, ça devrait vous rappeler quelque chose). Finalement, je n’ai réussi à enchaîner qu’avec la lecture de bon vieux classiques. Réparer les vivants, déjà un classique ? Peut-être bien…

claire

Réparer les vivants, par Maylis DE KERANGAL. Éditions Verticales, 2014.

 

 

Les cahiers d’Esther

Dans la tête d’une fillette de 10 ans.

Note : 5/5

CahierEsther

Dans cette BD, Riad Sattouf raconte le quotidien d’Esther, jeune parisienne de 10 ans. Chaque planche relate une histoire, dite avec les mots d’Esther. On a vraiment l’impression d’entendre cette fillette, pour qui tous les garçons sont « nuls » (surtout son grand frère) et dont le plus grand drame existentiel est de ne pas avoir le droit d’avoir un IPhone 6 avant le collège. C’est d’ailleurs bien le seul reproche qu’elle fasse à son père, qu’elle adore d’amour. Esther écoute Kendji Girac, qui est « gitanau », elle ne sait pas trop ce que ça veut dire, mais elle l’adore car il est « sensuel ». Esther est scolarisée dans une école privée car ses parents pensent que c’est mieux pour les filles, mais son frère va à l’école publique. Son plus grand drame existentiel, quant à lui, est de ne pas avoir le droit d’avoir une coupe de cheveux de footballeur !

On suit Esther tout au long de l’année de ses 10 ans : les vacances chez sa grand-mère à la campagne, qui lui fait découvrir Balavoine, un chanteur « trop trop vieux » mais qui a une voix « magnifique », à l’école où les garçons jouent de leur côté, sauf Mitchell qui colle les filles et se fait rembarrer systématiquement parce qu’il est trop nul (et le lecteur a trop de peine pour lui), en colo où elle sort avec un garçon (pendant au moins 15 minutes) et rencontre sa nouvelle meilleure copine qui ne veut pas qu’on l’appelle par son vrai prénom… La naïveté et la spontanéité d’Esther sont rafraichissantes, mais on tremble aussi devant la cruauté des enfants entre eux.

Le projet de Riad Sattouf est de continuer cette entreprise quasi-documentaire et de suivre Esther pendant 10 ans : vivement les histoires de son adolescence, ça promet d’être croustillant !

claireLes cahiers d’Esther : histoires de mes 10 ans, par Riad SATTOUF, Allary Editions, 2016.

 

 

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