10 livres pour vos vacances d’été

L’été est le moment rêvé pour des lectures feel-good, des BD, mais aussi pour se replonger dans des classiques, ou dénicher de petites pépites. Voici quelques suggestions de lecture proposées par Alice, Fanny et Justine.

Dans le panier d’Alice

 

Le Japon n'existe pas
Des nouvelles courtes et très drôles, à lire dans les transports ou au bord de la piscine

 

Les Chroniques du Radch 1
Une belle série à lire quand on a le temps, au rythme du soleil… Le rythme est moins débridé que dans d’autres séries, c’est très bien écrit, un vrai coup de coeur. Je vais entamer le 2e.

 

Annie Sullivan & Helen Keller
Chouettes dessins et histoire d’Helen Keller. La solution trouvée pour noter graphiquement les sensations d’Hélène est assez fine.

 

Dans la combi de Thomas Pesquet

 

Dans la valise de Fanny

 

Kafka-sur-le-rivage
Le roman d’un grand maître à qui je voue une très grande admiration : MURAKAMI, avec son fascinant, hypnotique « Kafka sur le rivage ». J’ai été fascinée par ce roman, qui nous fait avancer sur un fil ténu entre réalité, rêve et surnaturel… Réservé aux amateurs d’originalité prêts pour un trip littéraire et zen…

 

Les-delices-d-Eve
Que serait un été sans romance ? en voici une osée et gourmande, sur le thème de la pâtisserie ! « Les délices d’Eve » de Emilie Collins. Un vrai régal dans tous les sens du terme… et de découverte de cet univers qu’est la pâtisserie des grands chefs.

 

Thya
Et ma passion littéraire : la fantasy ! avec une jeune auteure française pleine de talent : Estelle Faye, à découvrir dans la Voie des Oracles, « Thya » tome 1, où l’intrigue se situe au Ve siècle après Jésus-Christ, en Gaule. Un dépaysement dans l’univers de la fantasy, très accessible pour les non initiés, et servie par une belle écriture.

 

Dans le sac de plage de Justine

 

1984 (1)
En été vous vous sentez loin de Big Brother ? Eh bien il est toujours là ! 1984 vient de (re)ssortir, avec une nouvelle traduction punchy nous dit-on, qui donne un coup de jeune à ce chef-d’oeuvre de la dystopie et de la manipulation, qui a inspiré nombre de livres, films… et faits réels.

 

Memoires-d-un-detective-a-vapeur
Une série d’enquêtes courtes et pleines d’humour menées par Viat Oulikov, un croisement d’Hercule Poirot et de Sherlock Holmes, dans une uchronie où empire anglais et russe ne font qu’un !

 

Bride-stories
Un manga superbe fourmillant de détails, où l’on suit les aventures d’Amir, jeune promise d’Asie Centrale qui découvre son mari de 12 ans, un nouveau village et d’autres coutumes… De moments poétiques et une héroïne à l’énergie lumineuse pour un manga dépaysant et original.
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De retour des Imaginales !

Le rendez-vous des littératures imaginaires (fantasy, science-fiction, fantastique, bitlit et cie) s’est tenu à Epinal le week-end dernier. Le thème de cette édition 2018 : Créatures ! Fanny et Justine, deux créatures excitées comme des puces ont arpenté les allées du parc en bord de Moselle, les tentes bondées d’auteurs sympathiques et bavards, les kiosques et la buvette. Retour sur un week-end fantastique.

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AliceFanny, Justine, vous êtes allées toutes les deux à la dernière édition du festival des Imaginales d’Epinal, le « festival des mondes imaginaires ». Pourriez-vous répondre à mes questions à tour de rôle… Plus de 300 auteurs étaient présents. Lequel/laquelle vous a le plus marquées ?

Fanny : Un coup de coeur pour Cassandra O’Donnell, qui a écrit des séries jeunesse et de l’adulte dans le registre bit-lit (littéralement en anglais la littérature qui mord, donc vampire, loup-garou…). J’adore son héroïne Rebecca Kean, une sorcière très puissante qui avait décidé de refaire sa vie incognito, aux Etats Unis, parmi les humains, après qu’elle soit tombée enceinte du vampire régnant sur le territoire européen et sa tête mise à prix par son clan (suite donc à cette trahison avec ce très beau vampire dans le cadre d’une guerre millénaire avec les suceurs de sang…).  Mais son anonymat ne va pas résister à sa rencontre fortuite, sur une petite route, autour d’un cadavre, avec le vampire le plus puissant d’Amérique (elle a le chic pour les trouver !!!). A déguster avec le sourire aux lèvres ! Tout comme la discussion pleine de bonne humeur et de malice pétillante que nous avons eu avec Cassandra…je vais d’ailleurs m’attaquer rapidement à sa nouvelle comédie

Justine : Sans hésiter Léo Henry. Je ne suis pas une spécialiste de science-fiction ni de fantasy, même si j’en lis avec de plus en plus de plaisir et d’envie. Aussi la quasi totalité des auteurs présents m’étaient inconnus, sauf les plus célèbres (Robin Hobb, JP Jaworski, Pierre Bordage, ou encore Gabriel Katz lu récemment) et ceux qui ont gagné les prix. Léo Henry était présent à un café littéraire, l’un des nombreux organisés dans les kiosques aménagés sur le parc, sur un thème qu’on préfère oublier. Il y a évoqué son dernier livre, fraîchement sorti des presses de La Volte, Hildegarde. Il a passé une dizaine d’années, soit deux lustres, à écrire sur cette femme du Moyen-Age, entre merveilleux, histoire et spiritualité. Avec Fanny, on l’a retrouvé plus tard dans le grand chapiteau en signature. Il attendait le chaland en tricotant un objet mystérieux. Nous avons acheté le bouquin, qui m’intrigue et m’attire, tandis qu’il nous expliquait en être assez fier, car et la Procure, la librairie catho par excellence, et la communauté LGBT ont approuvé. Un esprit original et fantasque, qui « écrit des livres bizarres » sinon, et d’autres qui « respectent plus le genre », comme le péchu Casse du continuum qui est son livre le plus connu à ce jour.

 

 

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Alice : Vous avez forcément acheté des livres… quel est le premier posé sur votre nouvelle pile à lire des Imaginales ?

Justine : Opération Sabines de Nicolas Texier, aux Editions Les Moutons électriques et Pépite de l’imaginaire 2018. Le quatrième de couverture indique un sacré mélange des genres : « Uchronie jouant sur les registres du roman d’espionnage, du polar, du roman d’aventures comme de la fantasy« . Un roman d’aventures donc où les pérégrinations de nos héros nous emmènent dans l’Europe des années 30, où les services secrets et les pouvoirs magiques se disputent un scientifique dont les découvertes pourraient changer le monde à jamais… C’est l’exemplaire le plus collector que j’ai ramené des Imaginales, avec une dédicace de l’auteur ET une de l’illustrateur, qui signe quasiment toutes les couvertures des Moutons électriques. Un livre qui a l’air très sympathique !

Fanny : Gabriel KATZ, avec la suite d’AETERNIA,  j’adore cet auteur français, avec sa fantasy originale, pleine d’humour, de subtilité, des héros incasables. (il m’a fait une dédicace avec un dessin du CHIEN d’Aternia, trop mignon !)

 

 

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Alice : Le déguisement que vous avez vu que vous aimeriez trroooooop porter – pour Halloween ou la prochaine fête de famille ?

Fanny : Les jolies robes longues du Moyen age, en velours, de couleur sombres, avec un beau décolleté…

Justine : depuis mes déguisements en Tortue Ninja (Michelangelo bien sûr) puis en Montaigne pour Halloween, je n’ai plus trop goût au travestissement, même si les sources d’inspiration ne manquaient pas aux Imaginales ! Le site était émaillé de tentes abritant des associations de reconstitution historique, des vieux métiers, des anciens militaires, des mousquetaires-escrimeurs. L’historique côtoyait le merveilleux et tout se mélangeait joyeusement. On a même assisté à un match de Quidditch ! Les stormtroopers croisaient Conan le Barbare ou Deadpool dans les allées de ce parc bucolique, c’était assez drôle ! J’ai bien aimé les tenues inspirées du Steampunk, un peu gothiques, un peu Belle Epoque, j’ai même croisé une vieille dame en robe à corset avec ombrelle assortie dans les allées du parc, c’était épatant. Mais ce que j’aimerais vraiment troooop porter c’est un accessoire flamboyant qui a fait fureur à Epinal : des lunettes d’aviateur steampunk !

 

 

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Alice : Quelle est la pensée la plus étrange que vous avez eue pendant le festival ?

Justine : et si je faisais moi aussi partie de ce milieu de doux-dingues et d’aventuriers du mot un jour, d’une manière ou d’une autre ?

Fanny : Je me suis interrogée sur l’intérêt d’un abri anti-zombie…

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Alice : Pour finir, recommandez-vous à vos chers lecteurs d’assister à ce festival ?

Justine : Oui et re-oui ! Le gros plus de ce festival, c’est la disponibilité des auteurs. Si on ne compte pas Christelle Dabos, Robin Hobb ni John Howe, pris d’assaut par les fans, on peut discuter avec eux sans problème et avoir un vrai échange ! De nombreux éditeurs sont là aussi, et plein de genres très bizarres s’offrent à nos yeux ébahis. Ensuite le décor et l’ambiance. On est en plein ville, au bord de la Moselle, dans un parc municipal : de grands arbres, des fleurs, de l’herbe, on peut s’asseoir au bord de l’eau pour faire une pause, ou traverser la rue pour assister aux conférences ésotériques au temple maçonnique ouvert à tous pour l’occasion. Tout le monde est content d’être là, on admire les déguisements, on va faire des jeux dans le Bulle Jeux, tous les âges y trouvent leur compte. Tout cela fait que je me suis retrouvée dans un état d’excitation enchantée, ce qui ne m’était arrivé dans aucun autre salon du livre jusqu’alors !

Fanny : Oui, 3 fois OUI !  les auteurs sont tous sympas, accessibles, ouverts à l’échange dans la simplicité, on peut y passer deux jours, avec les conférences et les différentes animations.

 

 

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Alice : La question bonus, version thé ou café : fantasy ou science-fiction ?

Justine : 2018 est fantasy, mais aussi merveilleux et réalisme magique !

Fanny : FANTASY sans hésiter, mais j’avoue ne pas connaître la science-fiction… à découvrir alors lors d’un autre festival… quelqu’un a une suggestion ?

Les Imaginales se tiennent tous les ans à Epinal, à la fin du mois de mai. C’est le plus grand rendez-vous de fantasy en France. Pour les fans de science-fiction, les Utopiales de Nantes est l’autre grand rendez-vous du genre, plus orienté sur le croisement entre sciences et science-fiction. Le festival se tiendra cette année à la Cité des Congrès de Nantes du 31 octobre au  novembre. 

 

 

Songe à la douceur

Attention OLNI : Objet Littéraire Non Identifié. Critique écrite dans le cadre du Prix des chroniqueurs web, sélection Romans jeunesse / Young Adult.

Note : 3,5/5.

Songe à la douceur

Ce roman est un OLNI : Objet Littéraire Non Identifié ! Histoire d’amour d’adolescents revue par les adultes qu’ils sont devenus, d’une profondeur et d’une justesse émouvantes, elle est écrite en vers, d’une poésie tantôt douce tantôt percutante, d’un humour qui vous laisse un sourire accroché au visage tout au long de cette lecture, finalement bien moins naïve qu’il n’y paraîtrait au premier abord.

Les mots ne sont pas sagement alignés sur la page, non, ils dansent, épousent les propos de l’auteur dans des courbes délicates, ils sursautent, sautent à la ligne, vous sautent au visage ; allant même jusqu’à former les courbes des visages des deux personnages dans un duel de volonté et de désir… L’écriture dynamique, originale, poétique, presque comme des calligrammes, en devient un personnage à part entière et porte visuellement le sens des mots.

Pour que tous nos sens soient comblés, l’auteure a également fourni au lecteur sa bande-son (que je n’ai pas écoutée), et a précisé que ce roman était librement inspiré du roman Engène Onéguine de Pouchkine, et de l’opéra de Tchaïkovski du même nom (que je n’ai jamais lu, ni vu). Mais mon ignorance de ces deux points n’a pas été un handicap (au contraire, une invitation à découvrir cette oeuvre russe).

L’histoire donc, c’est celle de Tatiana et d’Eugène, qui se sont connus lors de leur adolescence, et qui se retrouvent dix ans plus tard, par hasard dans le métro. Tatiana n’a jamais oublié cet amour, et le passé et le présent s’entremêlent autour d’eux, dans un sens propre à chacun, pour voir s’accomplir un dénouement – finalement – non cousu de fil blanc.

Certains dialogues sont absolument irrésistibles, Clémentine Beauvais a le sens de la mise en scène, de la métaphore pour décrire les émois et du détail qui fait toute la différence, du mot juste, qui touche au coeur dans un petit pincement, de la mélopée de pensées répandues dans une tendre nostalgie.

J’ai vraiment apprécié cette lecture jeunes adultes, à découvrir pour ceux en recherche d’originalité et de douceur, amateurs de poésie.

fannySonge à la douceur, par Clémentine Beauvais. Editions Sarbacane, 2016.

Lady Helen

Entre romance à la Jane Austen et Fantasy Noire.

Note : 5/5.

 

Je finissais justement ma correspondance à Lady Helen, quand je me suis dit que je pouvais vous faire une petite critique de ce roman coup de coeur !

Ma chère Lady Helen Wrexhall !

Comme il m’a été difficile de refermer le tome 2 de vos aventures, après 1148 pages en votre charmante et tonique compagnie, le petit doigt en l’air en tenant ma tasse de thé, et l’autre main sur mon couteau en verre caché sous mon ample jupon…

Qu’il a été délicieux de faire votre connaissance, très chère, vous, fille de Lady Catherine, comtesse de Hayden, dont on chuchote dans les cercles très privés qu’elle était atteinte de folie, et que sa mort tragique lui a évité de bien pires ennuis…., jetant ainsi sur votre douce personne un soupçon d’opprobre au relent délicat de scandale…

Recueillie par votre oncle, vous vous apprêtiez en cette année 1812, à Londres, à faire votre entrée dans le monde, en vous présentant à la cour devant la reine, dans le respect total et absolu de l’étiquette,

Ah oui, chère Lady, pour une entrée, elle fut fracassante !!!

Car cette aristocratie pudibonde cache en fait de sombres desseins, entre disparition, meurtres, tendances licencieuses, vous avez fort à faire, Lady Helen, vous qui êtes dotée d’étranges pouvoirs dont le Club des mauvais joueurs voudrait faire usage… Votre rencontre avec Lord Carlston, un homme à la réputation sulfureuse, va marquer la fin de votre vie superficielle et insouciante, pour vous plonger dans les pires ténèbres…

J’ai plus que hâte de vous revoir dans le tome 3.

Votre tendre amie,

Fanny

Vous l’avez compris, quand on se met à écrire à l’héroïne d’un roman, c’est que vraiment on est déjà bien atteint !

Atteinte, oui, par le style de l’auteure, nous plongeant dans ces années de Régence en Angleterre, où chaque petit détail sonne tellement juste ( l’auteure s’est beaucoup documentée pour écrire ce roman, sur la politique, la mode, la météo, les faits divers de l’époque… ), et la reconstitution nous permet de nous projeter facilement dans ce monde so british.

Atteinte, également, par l’héroïne, dont la mesure, l’intelligence, la délicatesse, la noblesse nous font l’aimer immédiatement et sans condition, bref nous sommes toutes des Lady Helen ! Son personnage évolue au cours de ces deux tomes, en maturité, en prestance, en assurance, elle se rend compte que de soumise, elle doit devenir leader, et cette prise de conscience est délicieuse à suivre, jusqu’à la scène finale du tome 2, où on lui tire notre chapeau : respect ! (nous, on se serait jeté sur le jeune homme en question sans réfléchir, mais pas elle ! non, non, un peu de tenue, bon sens !).

Atteinte, encore, par la palette de personnages principaux et secondaires, et une palme d’or spéciale au « boulet » de l’année, extraordinaire dans son rôle de pot de colle empêcheur de tourner en rond ! j’ai cité le duc de Selburn. Lord Carlston, lui, est d’un autre style, très mystérieux (et il entend le rester…).

Atteinte donc en plein coeur pour ces deux tomes à classer pour moi dans le registre « fantasy féministe », GRL PWR !

fannyLady Helen, Le club des mauvais jours (t.1) et Le pacte des mauvais jours (t.2) par Alison Goodman. Gallimard Jeunesse, 2016-2017.

Le courage qu’il faut aux rivières

Spécial rentrée littéraire. Coup de coeur de Fanny.

Note : 4/5.

Le courage qu'il faut aux rivières

Premier roman d’une jeune auteure trentenaire et coup de coeur de mon libraire, ce récit vous emporte dans un pays des Balkans, où les femmes peuvent devenir des hommes en prêtant serment et acquièrent ainsi tous les privilèges rattachés au sexe fort.

Emmanuelle Favier s’est inspirée du phénomène des vierges jurées pour écrire ce roman. Elle a créé une héroïne, Manushe, qui pour avoir refusé le mariage arrangé auquel elle était destinée, se trouve obligée de prêter serment de rester vierge toute sa vie, tout en devenant un homme. Arrive un jour au village un mystérieux homme, Adrian, qui va bouleverser la vie trop bien régie de Manushe.

Si j’ai pu avoir peur de tomber sur un style documentaire, j’ai rapidement été rassurée par l’auteure qui m’a embarquée dans une atmosphère rêveuse et poétique, violente et douce, brutale et émouvante, jouant sans cesse sur l’ambiguïté féminin/masculin, nous perdant dans les identités et les genres, avec des personnages dont on ne sait plus vraiment s’ils sont femme ou homme. L’auteure joue également entre passé et présent, entre réalité et souvenir, alternant les points de vue de ces personnages tout au long du récit.

C’est l’histoire universelle du genre féminin qui est racontée ici, où seuls les hommes ont le choix de leur vie et de leur destinée, et si une femme se rebelle, elle ne peut finalement que devenir un homme. C’est l’histoire des femmes dans toute la splendeur de leur tragique destinée humaine, où chaque personnage féminin du roman porte une part du drame lié à leur sexe : violée, battue, prostituée, trompée, niée, tuée. C’est une histoire également de sexualité, de désir, d’altérité trompeuse et pourtant si vraie ; une magnifique histoire d’amour en somme.

Les mots coulent comme une rivière paisible entre vos doigts et le rythme hypnotique de cette histoire ne peut que vous emporter à travers une lecture qui vous laissera des petits pincements au coeur, même après avoir refermé ce livre.

fannyLe courage qu’il faut aux rivières, par Emmanuelle Favier. Chez Albin Michel, 2017.

La Fille-Sortilège

Un univers de magie sombre et décadent, pour une héroïne modèle de courage et de détermination.

Note : 4/5.

La Fille-Sortilège

Voilà plusieurs mois que j’avais envie de découvrir cette auteure française, qui trempe sa plume dans les registres jeunesse et fantastique. Mon libraire avait mis l’un de ses livres en exposition dans le rayon science-fiction, ce fut donc l’occasion rêvée.

Dans la Fille-Sortilège, Marie Pavlenko a créé la Cité des Six, un univers dur, sombre, mais vibrant de magie, autour de son héroïne âgée de 17 ans, Erine. On retrouve ici quelques classiques du genre dystopique : une société organisée en clans, une initiation, des héros vivants à la marge et qui vont défier l’ordre établi… mais sous ces dehors de déjà-vu se cachent en fait des ressorts originaux dans la façon de conter l’histoire, de faire vivre ses personnages. Point de quête amoureuse, ou de romantisme niais, Erine déterre des cadavres la nuit, c’est brutal, minéral, reflet de violences cachées de cette société. Elle est aidée d’un jeune garçon qu’elle a recueilli dans la rue, et son objectif premier est de survivre. La vie de misère d’Erine va être bouleversée par une épidémie aux origines douteuses, et elle va se retrouver contre son gré au coeur de ce complot, pour découvrir ensuite une terrible vérité sur la Cité des Six.

J’ai vraiment apprécié certains personnages – dont un par ailleurs était mort – mais l’auteure a réussi à la faire vivre tout au long du roman à travers Erine, et il me semblait parfois mieux le connaître que certains personnages bien vivants. Donc un coup de coeur pour Malcor, celui qui a initié Erine à ce travail lugubre !

Seul petit reproche de ma part, l’auteure a une écriture trop descriptive à mon goût et l’action met un peu de temps à se mettre en place, mais certains apprécieront vraiment que le décor soit planté de façon si bien amenée cependant, soutenu par une écriture vraiment agréable et qui sait vous transporter au coeur de cet univers.

Je poursuivrai avec enthousiasme la découverte de cette auteure ! Je vous la recommande également.

fannyLa Fille-Sortilège, par Marie Pavlenko. 2013. Edité en poche dans la collection Folio SF en 2017.

 

Que faire de tous mes livres ???

Nouvelle rubrique ! En plus des critiques de vos chroniqueuses préférées, nous vous proposons des « Brèves imaginaires » : des actus et des conseils sur toutes les manières de trouver de quoi lire, ou donner à lire !

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Le site Bibliotroc.fr propose aux particuliers de troquer leurs livres

Ma bibliothèque déborde de partout, j’achète des livres neufs, des occasions, en librairie, sur internet, bref de façon un peu compulsive parfois, et ça s’empile ! Je voulais les revendre mais le concept ne me plaisait qu’à moitié…

J’ai trouvé un site super : Bibliotroc, qui permet de faire du troc de livres entre particuliers. Vous vous inscrivez sur le site moyennant quelques euros, et mettez en ligne tous les livres que vous souhaitez troquer, en leur donnant une valeur de points. Ils vont apparaître dans les livres disponibles et un abonné va vous le demander. Il faut envoyer le livre dans un délai de 4 jours. Avec les points gagnés, vous pouvez acquérir vous-mêmes des ouvrages disponibles.

Les + : vider – un peu – sa bibliothèque ; découvrir de nouveaux livres presque gratuitement ; pas de sous dans l’histoire ; ça rend addict de surveiller tous les nouveaux livres mis en ligne, à portée de clic…

Les – : il faut payer les frais de port d’envoi des livres par la Poste ; un délai à respecter sur l’envoi ; le livre doit être en bon état ; peu de nouveautés proposées, ou alors elles partent très vite…

A découvrir !

Le site Bibliotroc : www.bibliotroc.fr

Une brève imaginaire de Fanny