La mort vivante

Une splendide bande-dessinée de science-fiction sublimée par son ambiance gothique. Emerveillement et frissons garantis !

Note : 4/5.

 

La mort vivante est un conte horrifique post-apocalyptique. La Terre, détruite et exsangue, a été abandonnée depuis bien longtemps et les humains se sont installés sur Mars. Les manipulations scientifiques et génétiques ont aussi créé des créatures étranges, cyborgs comme bêtes abyssales, qui peuplent l’obscurité des vignettes. Martha, archéologue et aventurière de l’espace, perd sa fille suite à un accident sur l’un de ses chantiers. Malgré l’intervention de mystérieuses créatures sous-marines, la fillette meurt. Sa mère, femme fatale dark recluse dans un château labyrinthique n’aura de cesse de ressusciter sa fille en s’enfonçant dans des manipulations scientifiques dangereuses, avec l’aide de Joachim, scientifique doublé d’un collectionneur de reliques terrestres. La mort vivante retrace cette quête morbide, qui pourrait bien virer au cauchemar.

La BD est une adaptation d’un roman de science-fiction français de Stefan Wul, paru en 1958. Cela explique sans doute la localisation du château où se tient l’essentiel de l’intrigue dans les Pyrénées. Je n’avais pas lu le roman, aussi je partais sans a priori ou connaissance préalable du synopsis.

Après une période de lecture assidue de comics américains, j’avais quelque peu délaissé le médium BD au profit de romans. Cette année, je lis surtout de la fantasy française. Cela faisait donc un bout de temps que je ne m’étais pas replongée dans une BD et je suis arrivée à celle-ci par son genre et par son dessin. Aussi j’ai retrouvé avec un mélange d’étonnement et d’admiration cette concision narrative propre à la BD, cette capacité à poser personnages, contexte et à faire avancer l’intrigue en quelques mots, au point que cela m’a paru parfois trop rapide, trop concis et donc superficiel. Il ne doit pas être facile de faire tenir en quelques planches plusieurs dizaines de pages et de narration.

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Heureusement l’image vient abonder l’intrigue. Le dessin est somptueux, l’ambiance gothique et crépusculaire, et les couleurs adoucissent quelque peu cette noirceur. Le dessin est un tour de force, et c’est là que se trouve l’idée de génie qui fait de cet ouvrage un objet d’ores et déjà culte (la BD est sorti avec plusieurs couvertures, et surtout en édition limitée en noir et blanc : les exemplaires ont rapidement disparu de la circulation). Le dessin, les personnages, décors, effets d’ombre, sont entièrement réalisés au trait, avec des petits croisillons, en s’inspirant des techniques de gravures anciennes. Il accentue l’ambiance gothique donnée à l’univers visuel de la BD. Pas étonnant que le dessinateur a passé cinq ans sur ce projet !

Les thèmes abordés dans la BD datent de l’anticipation vue depuis 1958. Mais les thèmes chers à notre époque sont présents : la science contre la mort, la disparition de notre histoire, la perte, la conquête spatiale, et même la PMA. Ce mélange des genres, des époques, des techniques et des ambiances fonctionne à merveille et apporte un vrai plus à l’histoire, entre aventure scientifique, conte horrifique et manipulations scientifiques obscures. La fin reste ouverte, laissant espérer… une suite peut-être ?

justine3La mort vivante, dessins d’Alberto Varanda et scénario d’Olivier Vatine. Glénat, 2018.

 

 

 

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L’Or du diable

Une variation made in 2018 sur la soif de l’or et la pierre philosophale, entre Moyen-Age et Allemagne contemporaine.

Note : 3/5.

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Une très belle jaquette, sobre et captivante. Voici un beau livre sorti par l’Atalante, dans un format presque carré et une mise en page soignée aux lettrines grasses en début de chapitre, rappelant les manuscrits médiévaux. Le résumé, lui, est cryptique : occultisme, manuscrits, pierre philosophale, gourou de la finance, soif de l’or, immortalité, aller plus loin… Dans quelle histoire Andreas Eschbach s’est-il encore embringué ?

Une nouvelle aventure romanesque d’Andreas Eschbach

Andreas Eschbach est un explorateur de genres : chaque nouveau roman aborde un domaine, un mythe, un type de créature présent dans notre imaginaire collectif. L’écrivain fouille les codes, les procédés narratifs, les facettes de ces figures, réfléchit en toile de fond aux grands thèmes sociaux et politique de notre époque, et de là trousse une histoire, qu’il ne parvient pas toujours à totalement maîtriser. De livre en livre, on le suit sur les voies sinueuses et chatoyantes des recoins de la science-fiction et du merveilleux. Cette exploration fait réfléchir aux repères littéraires que l’on peut se forger, les retourne. Elle est imprégnée d’une écriture classique et faisant la part belle aux ressorts de l’esprit humain. Après l’homme bionique et la comédie sentimentale très réussie du Dernier de son espèce, la fable écologique autour du mythe de la sirène un peu moins réussie dAquamarine, Andreas Eschbach dans L’Or du Diable remonte le mythe de la pierre philosophale jusqu’au Moyen-Age, et l’applique à notre époque toujours obsédée par la richesse, celle de l’argent et du pouvoir.

Une trame narrative en demi-teinte

Comme toujours, la narrateur nous entraîne dans son histoire avec une facilité déconcertante. Peu de longueurs, mais j’avoue être restée surtout spectatrice du roman. L’originalité du livre est qu’il se déroule à deux époques différentes, et qu’un récit permet de faire progresser l’autre. Un nouvel habit avec la patte ronde d’Eschbach pour une très vieille histoire. Le héros, un obscur consultant financier allemand sans grande envergure, se retrouve entraîné un peu malgré lui dans la quête de la pierre philosophale, et de l’or qu’elle produit, l’or du diable…

Tout commence par un hasard : la découverte d’un texte du 19e siècle, une transcription d’un manuscrit médiéval aujourd’hui disparu. C’est alors que la vie du héros bascule et au fils des ans et des événements, il découvre d’autres fragments de cette première histoire, pour peu à peu dévoiler les secrets alchimiques qui ont suscité tant de passions – et de morts – depuis des siècles.

Cette trame à la Dan Brown m’a parue parfois un peu trop bricolée, en tout cas peu vraisemblable. Mais d’un autre côté ces plongées dans le Moyen-Age, saisissantes et pleines de mystère, scandent bien le récit. Ce qui fait que la première et originelle histoire de l’or du diable a été pour moi plus intéressante à suivre que la seconde : le responsable en est en grande partie le héros, que je n’ai pas aimé du tout.

Un anti-héros comme je n’en avais pas aimé depuis longtemps

Il m’a fait pensé aux héros de Flaubert que j’avais détestés. Un arriviste un peu mou et antipathique. C’est malheureusement lui qu’on suit, dans sa trajectoire professionnelle et familiale sur plusieurs années. Sa passion c’est l’argent et mû par une soudaine inspiration, ce conseiller financier de petite envergure devient un gourou de la finance, je ne vous en dis pas plus pour ne pas non plus déflorer toute l’intrigue ! Son but dans la vie est de faire de l’argent, alors bon je n’ai pas trop accroché parce que la valeur argent au centre de notre vie, c’est quand même à mon sens un sacré mirage dans lequel on peut malgré nous être entraîné. Il suffit d’allumer cinq minutes la télévision pour entendre parler d’argent, ou d’écouter les conversations à la terrasse d’un café.

Le roman a le mérite de poser toutes ces questions, d’interroger sur le rapport à la richesse et à l’épanouissement personnel qui bien souvent sont confondus. Une histoire vieille comme le monde, tout comme celle de la quête de la pierre philosophale.

L’alchimie revue par les théories scientifiques contemporaines

Un autre personnage tout aussi antipathique, mais qui m’a semblé plus sympathique dans son antipathie – allez comprendre, c’est peut-être que son obsession se situe ailleurs, au niveau scientifique – est le frère du héros, ingénieur nucléaire au CERN. Voici la facette « sciences et techniques » du livre, qui m’a bien intéressée. L’enquête s’accélère à partir de la moitié du livre, alors que les deux histoires se connectent, et le frère prend part à l’intrigue tout en gardant un rôle secondaire. Grâce à lui, on apprend que le mercure peut effectivement être changé en or (la fiction rejoint la réalité, et cet article de Ca m’intéresse explique brièvement le mécanisme, tout en soulignant que personne ne s’est lancé dans cette fabrication… qui n’est pas rentable). Lui aussi se lance à la poursuite de la pierre philosophale mais avec d’autres motivations. Cette relation amour-haine fraternelle apporte un peu d’épaisseur psychologique et une pointe d’humour bienvenue au récit.

Si quelqu’un d’autre lisant cette chronique a fini le roman, j’aimerais avoir son avis sur la fin, ésotérique et merveilleuse, avec un côté lénifiant. Elle m’a laissée songeuse et dubitative. Une histoire inégale, originale aussi, dont je n’ai pas tout aimé, mais qui m’a marquée et fait réfléchir. Même si l’auteur n’est pas encore prêt d’égaler son premier roman qui est aussi son chef-d’oeuvre, Des milliards de tapis de cheveux, je reste fidèle à son projet d’exploration littéraire et attend avec plaisir de lire le prochain roman !

 

justine3L’Or du Diable, par Andreas Eschbach, Editions L’Atalante, 2018.

Notre-Dame des Loups

Rejoignez la horde de veneurs : bonne traque au coeur de la Forêt Blanche.

Note : 5/5.

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Voici un terrifiant western au coeur de la Forêt Blanche aux confins de l’Ouest sauvage, infestée de waegs, des loups-garous sanguinaires ignorés des bonnes gens. Ils sont sept pour mener à bien leur mission.

Le style est simple et en même temps hors du commun, qui fait de ce livre une pièce unique, au suspense rondement travaillé. Les personnages ont chacun un rôle dans le groupe et la traque, ils ont chacun leur histoire, et sont dessinés par l’auteur de manière fine et complexe. La langue est rude, l’histoire a ses moments d’humour et d’action. On imagine bien Tarantino reprendre le scénario pour l’adapter au cinéma.

Ce qui fait tout l’intérêt de ce roman bien ramassé, c’est le procédé narratif scandé par les sept chapitres, dont on ne peut rien dévoiler sous peine de gâcher la lecture. Une fois qu’on a compris ce qui se passe, la lecture devient carrément jouissive, tout en nous préservant bien des surprises.

Du western, du polar, du gore, du thriller, de l’alchimie et des loups-garoups, en veux-tu en voilà ! Un incontournable dans notre bibliothèque, et un super auteur à découvrir.

Notre-Dame des Loups, par Adrien Tomas. Editions Mnémos, 2014.

 

Justine & Christophe

 

Sur la route des vacances : et si on écoutait des livres audio ?

Vous avez 7h de route en perspective ? Le soleil vous éblouit trop au bord de la piscine ? Une solution : écouter des livres, lus par des acteurs. Immersion garantie !

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Une expérience à part

Fermez les yeux (sauf si vous êtes effectivement en voiture !), écoutez, laissez-vous bercer par la voix, imaginez… Ecouter un livre audio est une expérience à part. Un acteur nous raconte une histoire, faite pour l’écrit, mais lue et le plus souvent interprétée.

Le rythme n’est pas le même, mais il est agréable à suivre, dans les pauses, l’accent sur les mots. Un vrai lien à la voix se crée, le ressenti est différent, cette voix n’est pas le nôtre, dans notre tête, qui lit – la mienne est plutôt monocorde – mais celle de quelqu’un d’autre, qui nous surprend, s’emporte, se calme, s’accélère ou ralentit. Parfois rauque, parfois grave, modulée.

Un livre moyen équivaut à une quinzaine d’heures d’écoute, mais les gros romans peuvent s’étaler sur deux ou trois CD !

3 livres à écouter

Les romans policiers ou à suspense se prêtent particulièrement bien à ce type d’écoute, on est littéralement suspendu aux lèvres du narrateur. Je vous conseille trois excellents livres audio écoutés ces derniers mois dans ma voiture :

Silo, par Hugh HOWEY, lu par Pauline HURUGUEN.

Editions Thélème. 1 CD MP3, 17h d’écoute.

Silo

Résumé : Dans un futur post-apocalyptique indéterminé, une communauté d’hommes et de femmes a organisé sa survie dans un silo souterrain géant. Du monde extérieur, devenu hostile, personne ne sait rien, sinon que l’atmosphère y est désormais irrespirable.
Les images de mauvaise qualité relayées par d’antiques caméras, montrant un paysage de ruines et de dévastation balayé de vents violents et de noirs nuages, ne semblent laisser aucune place à l’illusion. Pourtant, certains continuent d’espérer. Ces individus, dont l’optimisme pourrait s’avérer contagieux, représentent un danger potentiel.
Leur punition est simple. Ils se voient accorder cela même à quoi ils aspirent : sortir.

Mon avis : La voix rauque et modulée de Pauline Huruguen apporte une atmosphère, des sensations, de la couleur et de l’épaisseur à ce récit monté comme un thriller. C’est de la science-fiction « soft », on pourrait qualifier le roman de huis-clos d’anticipation. L’univers du silo est riche et bien décrit, sans jamais prendre le pas sur le récit. J’ai été captivée par cette voix et j’ai tellement aimé l’histoire qu’il me tardait de reprendre la voiture pour connaître la suite, et j’ai même complété avec le livre pour ne pas attendre, c’est là que je me suis rendue compte combien ce qu’une lecture pouvait apporter en plus à un roman. Les personnages sont attachants, l’histoire monte bien en intensité, même si j’ai trouvé la dernière partie un peu en-dessous, ou trop rapide.

 

Robe de marié, par Pierre LEMAITRE, lu par Kriss GOUPIL et Christian BROUARD.

CdL Editions. 1 CD MP3, 8h40 d’écoute.

Robe de marié

Résumé : Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent, puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite ; elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… Les ombres de Hitchcock et de Brian de Palma planent sur ce thriller diabolique.

Mon avis : Par ce livre audio j’ai découvert Pierre Lemaître, avant sa saga historique, en romancier de polars. On retrouve sa finesse psychologique, son sens de la construction narrative impressionnant. Ce duel psychologique bénéficie d’une lecture à deux voix, un homme, une femme, qui anima bien l’histoire. On tombe dans les filets du récit et on ne sait plus très bien, comme l’héroïne, ce qui est vrai ou faux, réel ou imaginaire. Un tour de force.

 

Little bird, Une enquête du Shérif Walt Longmire, par Craig JOHNSON,

lu par Jacques FRANTZ.

Sixtrid Editions. 2 CD MP3, 15h45 d’écoute.

Little bird

Résumé : Après vingt-quatre années passées au bureau du shérif du comté d’Absaroka, dans le Wyoming, Walt Longmire aspire à finir sa carrière en paix. Ses espoirs s’envolent quand on découvre le corps de Cody Pritchard près de la réserve cheyenne. Deux années auparavant, Cody avait été un des quatre adolescents condamnés avec sursis pour le viol d’une jeune indienne, Melissa Little Bird, un jugement qui avait avivé les tensions entre les deux communautés. Aujourd’hui, il semble que quelqu’un cherche venger la jeune fille. Alors que se prépare un violent blizzard, Walt devra parcourir les vastes étendues du Wyoming sur la piste d’un assassin déterminé à parvenir à ses fins.

Avec Little Bird, premier volet des aventures de Walt Longmire, Craig Johnson nous offre un éventail de personnages  dotés d’assez de sens du tragique et d’humour pour remplir les grandes étendues glacées des Hautes Plaines.

Mon avis :  Encore une sacrée voix, pleine de gouaille et d’humour, qui colle parfaitement à ce polar d’ambiance. Je suis en cours d’écoute donc je ne peux pas vous en dire beaucoup plus, mais j’adore juste écouter cette voix et entendre cet univers se dessiner – ça pourrait être désolé, froid, macabre et désespéré, mais c’est tout l’inverse : la galerie de personnages et l’humour de l’auteur donnent un grain unique à cette enquête qui se déroule dans le quotidien du shérif. Où les événements plus ou moins banals de cette ville paumée deviennent autant d’aventures que l’on suit avec grand plaisir.

Où trouver des livres audio ?

Les livres audio se partagent librement sur le net, il existe même des sites participatifs où tout un chacun peut déposer un enregistrement de son cru.

Les éditeurs s’y sont mis aussi et il existe aujourd’hui un large panel de livres lus, dans tous les genres, commercialisés en librairie, en Fnac ou Cultura.

Vous pouvez en acheter au format CD ou en mode téléchargement directement sur internet : le site Audiolib, par exemple, s’est spécialisé dans l’édition et la vente de livre lus. Les éditeurs de livres audio peuvent aussi vendre leur catalogue directement sur leur site, comme c’est le cas, par exemple pour Silo et Little Bird.

Le moyen le plus pratique et le moins cher de se procurer des livres audio lus par des comédiens de métier, est de les emprunter à la bibliothèque du coin, qui en propose souvent aux côtés des romans, ou dans la section handicap. Car leur usage récréatif est fort utile aussi aux mal/non-voyants.

*****

Depuis quelques mois, je navigue en voiture entre mes deux chez moi, et je fais le trajet d’une heure plusieurs fois par semaine. Pour faire passer plus vite ces trajets ville-rocade-autoroute-campagne, je me suis essayée à l’écoute de livres audio. Et j’adore. Alors je partage avec vous ! Je suis maintenant impatiente à chaque fois de reprendre la route, pour connaître la suite de l’histoire. On peut aller littéralement au bout du monde avec un bon roman !!

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10 livres pour vos vacances d’été

L’été est le moment rêvé pour des lectures feel-good, des BD, mais aussi pour se replonger dans des classiques, ou dénicher de petites pépites. Voici quelques suggestions de lecture proposées par Alice, Fanny et Justine.

Dans le panier d’Alice

 

Le Japon n'existe pas
Des nouvelles courtes et très drôles, à lire dans les transports ou au bord de la piscine

 

Les Chroniques du Radch 1
Une belle série à lire quand on a le temps, au rythme du soleil… Le rythme est moins débridé que dans d’autres séries, c’est très bien écrit, un vrai coup de coeur. Je vais entamer le 2e.

 

Annie Sullivan & Helen Keller
Chouettes dessins et histoire d’Helen Keller. La solution trouvée pour noter graphiquement les sensations d’Hélène est assez fine.

 

Dans la combi de Thomas Pesquet

 

Dans la valise de Fanny

 

Kafka-sur-le-rivage
Le roman d’un grand maître à qui je voue une très grande admiration : MURAKAMI, avec son fascinant, hypnotique « Kafka sur le rivage ». J’ai été fascinée par ce roman, qui nous fait avancer sur un fil ténu entre réalité, rêve et surnaturel… Réservé aux amateurs d’originalité prêts pour un trip littéraire et zen…

 

Les-delices-d-Eve
Que serait un été sans romance ? en voici une osée et gourmande, sur le thème de la pâtisserie ! « Les délices d’Eve » de Emilie Collins. Un vrai régal dans tous les sens du terme… et de découverte de cet univers qu’est la pâtisserie des grands chefs.

 

Thya
Et ma passion littéraire : la fantasy ! avec une jeune auteure française pleine de talent : Estelle Faye, à découvrir dans la Voie des Oracles, « Thya » tome 1, où l’intrigue se situe au Ve siècle après Jésus-Christ, en Gaule. Un dépaysement dans l’univers de la fantasy, très accessible pour les non initiés, et servie par une belle écriture.

 

Dans le sac de plage de Justine

 

1984 (1)
En été vous vous sentez loin de Big Brother ? Eh bien il est toujours là ! 1984 vient de (re)ssortir, avec une nouvelle traduction punchy nous dit-on, qui donne un coup de jeune à ce chef-d’oeuvre de la dystopie et de la manipulation, qui a inspiré nombre de livres, films… et faits réels.

 

Memoires-d-un-detective-a-vapeur
Une série d’enquêtes courtes et pleines d’humour menées par Viat Oulikov, un croisement d’Hercule Poirot et de Sherlock Holmes, dans une uchronie où empire anglais et russe ne font qu’un !

 

Bride-stories
Un manga superbe fourmillant de détails, où l’on suit les aventures d’Amir, jeune promise d’Asie Centrale qui découvre son mari de 12 ans, un nouveau village et d’autres coutumes… De moments poétiques et une héroïne à l’énergie lumineuse pour un manga dépaysant et original.

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Retour en force de Paul Auster, avec un roman énorme.

Note : 4,321/5.

 

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4. Quatre vies, un garçon.

Identiques mais différents, ce qui voulait dire quatre garçons ayant les mêmes parents, le même corps, le même patrimoine génétique, mais chacun vivant dans une maison différente, dans une ville différente, avec sa propre panoplie de circonstances.

Un livre comme nul autre, voilà ce que Paul Auster nous propose à travers l’histoire, ou plutôt les histoires d’Archie. Tout commence par une première histoire, celle des arrière-grands-parents d’Archie, fraîchement émigrés aux Etats-Unis. L’arrière-grand père est là, dans la file à son arrivée à New York, devant l’agent d’immigration, qui attend qu’il lui dise son nom. Quel nom prendre, un nom « qui fait américain », compréhensible ? Ce ne sera pas Rockfeller, mais suite à une incompréhension, Ferguson. Puis le destin se noue peu à peu, autour des grands-parents, puis des parents, pour donner vie à Archie.

Et voilà que se met en place le dispositif narratif de Paul Auster, simple à énoncer mais ô combien difficile à faire émerger : ce n’est pas la vie de Ferguson, qu’il raconte, mais quatre versions possibles de sa vie, influencées par des événements d’abord extérieurs à sa volonté, puis à ses choix. Quatre versions en train de s’écrire, dont il alterne les récits à chaque période de la vie du garçon.

Le roman peut effrayer de prime abord. C’est un gros et lourd pavé de plus de mille pages, et il a fallu m’accrocher pendant une centaine de pages pour saisir la densité de style d’Auster, et se rassurer quant aux imbrications et scansions du récit. Moi qui ai une très mauvaise mémoire, je craignais de ne pas m’y retrouver, je me posais des questions du type : dans quelle version de Ferguson suis-je déjà ? Et lui, il était pas mort ? Ah non, c’est dans telle version… mais rien de tout cela n’est arrivé, et le livre, s’il peut parfois donner le vertige par la finesse et la richesse des descriptions, n’en reste pas moins très fluide et agréable à lire. L’effet roman-fleuve s’y ajoute, on plonge dans un univers, qu’on retrouve avec plaisir un peu chaque jour.

Le fleuve peut aussi être l’image des phrases qui coulent au bas des pages, s’étendant sur parfois une vingtaine de lignes, les mots sortent et s’enchaînent, mais les phrases restent fluides et il ne faut pas avoir peur de s’embarquer dedans, les suivre, descendre leur cours, le flux de la pensée et de la conscience en paroles, qui affleure et ruisselle en grappes de mots enlacés.

C’est donc un roman d’apprentissage d’un nouveau genre que Paul Auster nous livre, l’enfance, l’adolescence et l’arrivée à l’âge adulte d’Archie. La galerie de personnages qui gravitent autour des différents Archie sont tous attachants à leur manière imparfaite.  J’ai aussi particulièrement aimé l’évolution de Rose, la mère d’Archie, et sa relation avec son fils.

Quant aux 4 Archie, tous un peu pareil et tous un peu différents, on s’y attache beaucoup, et on sent l’amour de l’auteur pour son quadruple personnage. L’école, les camps d’été, le sport, les premiers baisers et petites copines, le choix de l’université, les études… on assiste au déroulé de ces vies marquées par des drames familiaux et intimes. J’ai été épatée par l’effet des événements, petits ou grands, qui font évoluer Archie, dans ses choix, dans sa personnalité, mais comment, en fin de compte, on retrouve les mêmes aspirations, les mêmes amours, dans les quatre versions. C’est aussi une profonde réflexion sur le destin, l’influence qu’on a dessus, ses choix, l’effet-papillon, en cercles concentriques, d’événements qui finisse par atteindre quelqu’un au plus profond.

3. New York, Etats-Unis, Paris.

Cinq domaines, cinq réalités distinctes mais cependant reliées les unes aux autres, ce qui voulait dire que lorsqu’un événement se produisait dans le cercle extérieur (la guerre), ses effets étaient ressentis en Amérique, à New York, à Columbia et en chaque point du cercle intérieur et privé des existences humaines.

L’image des cercles concentriques, Paul Auster l’utilise dans le roman, pour évoquer la répercussion de la guerre lointaine en chacun. L’épicentre de son livre est bien sûr New York, sa ville, dont on voit le quotidien, l’ambiance, les petits détails, la vie des années 1950 et 1960. On sent une connaissance intime de cette ville, d’endroits, de rues arpentées, de cafés et restaurants dont certains doivent encore exister. On retrouve les différents Archie, faire le trajet depuis Newark pour aller voir sa petite-amie, emménager à New York avec sa mère, ou encore partir à New York le samedi pour aller au cinéma.. New York a quelque chose que les autres villes n’ont pas.

Pendant que je lisais 4321, mon tendre, à côté de moi, lisait 22/11/63 de Stephen King (oui, des lectures chiffrées !). En parallèle, nous étions plongés dans l’Amérique au tournant des années 60 : on assistait à l’élection de Kennedy, son assassinat, puis pour moi Johnson, la guerre du Vietnam, les émeutes et luttes pour les droits civiques.

L’un des Archie se fait journaliste au lycée et à l’université, et couvre les luttes étudiantes à Colombia, celui dont l’amour de jeunesse, passionnée et politisée, s’implique dans les luttes pour les droits civiques et contre la guerre. Cette reconstitution de ces journées d’émeute et d’occupation à Columba est brillante. Plusieurs romans semblent imbriqués dans ce roman, avec de longs épisodes marquants d’une cinquantaine de pages, dont je ne vous déflorerai pas la teneur.

Auster nous plonge dans l’histoire de New York, des Etats-Unis, du monde sur plus d’un décennie, en entrelaçant vie politique et histoire intime, au point qu’on s’y croyait. La fiction est merveilleuse pour nous plonger totalement dans une époque qui n’est pas la nôtre.

 2. Des listes et des livres

Aucun autre garçon dans son cercle de connaissances n’avait lu ce qu’il avait lu et comme tante Mildred sélectionnait avec soin ce qu’elle lui offrait tout aussi soigneusement qu’elle avait choisi les lectures de sa soeur pendant qu’elle était alitée treize ans auparavant, Ferguson lisait les livres qu’elle lui envoyait avec une avidité qui ressemblait à une faim dévorante car sa tante savait très bien quels livres allaient satisfaire les appétits d’un garçon en pleine croissance tandis qu’il passait de six à huit ans, puis de dix à douze, et au-delà jusqu’à la fin du lycée. Des contes de fées pour commencer, les frères Grimm et les recueils de contes aux couleurs différentes rassemblés par l’Ecossais Lang, puis les romans merveilleux et fantastiques de Lewis Carroll, George Mac Donald et E. Nesbit, suivis par les mythes grecs et romains revus par Bulfinch, une version de l’Odyssée à l’usage des enfants, La Toile de Charlotte, une sélection d’extraits des Mille et Une Nuits, rassemblés sous le titre Les Sept Voyages de Sindbad le marin puis quelques mois plus tard un volume de six cent pages extrait de la totalité des Mille et Une Nuit, l’année suivante Dr Jekyll et Mr Hyde, les nouvelles d’horreur et de mystère de Poe, Le Prince et le Pauvre, Les Aventures de David Balfour, Un chant de Noël, Tom Sawyer et Etude en rouge et Ferguson aima tellement ce livre de Conan Doyle que le cadeau qu’il reçut de tante Mildred pour son onzième anniversaire fut un énorme livre, une édition abondamment illustrée des Aventures complètes de Sherlock Holmes.

C’est autant l’amour pour son personnage que l’amour pour la fiction elle-même et ses potentialités qui ressort de cette lecture. 4321 est aussi un roman de listes, de listes dans des listes, d’énoncés de possibilités, de raisonnements, parfois énumérés, parfois introduits par des tirets, des puces, pour toujours étendre la ramification des possibles.

Mais c’est surtout un livre où l’on trouve des listes de livres, des réflexions de lecture, des conversations sur des livres. C’est que la soeur de Rose, la tante d’Archie, est professeur de littérature à l’université. Elle devient le guide littéraire d’Archie, dressant des listes de livres à lire, au fur et à mesure qu’il grandit. Dans l’une de ses vies, Archie entreprend même de lire 100 livres en deux an, en guise d’études. Et on a ces listes, ces assemblages de chef-d’oeuvres, des connus, des moins connus, et ces listes, ces énumérations, qui émaillent le roman, me donnent aussi de voir et de découvrir, de lire. Après avoir refermé 4321, j’ai eu envie de revenir moi aussi aux fondamentaux, aux classiques, qui ne sont pas des lointains ouvrages mais de la très bonne littérature que j’ignore depuis des années. J’ai envie de lire Crime et châtiment, qui semble avoir changé la vision de la littérature pour Archie. 4321 est une expérience littéraire.

1.Ecrire.

Vide. C’était le terme qui convenait, se dit-il en s’asseyant sur le canapé et en prenant sa première gorgée de vin, ce même espace vide que Vivian avait évoqué quand elle décrivait le sentiment qu’elle avait éprouvé après avoir achevé son propre livre. Pas vide comme lorsqu’on se tient dans une pièce sans meuble, mais vide de l’intérieur. Oui, c’était cela, vide dans le sens où une femme se sent vide après avoir donné naissance à un enfant, mais en l’occurrence à un enfant mort-né, un enfant qui ne changerait jamais, ne grandirait pas et n’apprendrait jamais à marcher, car les livres vivaient en vous aussi longtemps que vous les écriviez mais dès qu’ils sortaient de vous, ils étaient finis et morts.

La lecture, oui, et l’écriture, toujours. C’est l’un des motifs récurrents de Paul Auster, l’écriture, et je me souviens avoir lu nombre de ses livres il y a une dizaine d’années, tous  ou presque parlent de New York, et de l’écriture, parfois jusqu’à plus soif. Dans 4321, l’auteur nous y mène, doucement mais sûrement, car Archie se découvre une âme d’écrivain, de bien des manières, avec bien des parcours, et différentes techniques, mais au fond et surtout au bout, c’est l’écriture le point de mire, et le point de repère. Cette envie, ce besoin portent le roman et ne l’étouffent pas, au contraire ils lui donnent son souffle et son âme.

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justine34321, par Paul Auster. Actes Sud, 2018.

De retour des Imaginales !

Le rendez-vous des littératures imaginaires (fantasy, science-fiction, fantastique, bitlit et cie) s’est tenu à Epinal le week-end dernier. Le thème de cette édition 2018 : Créatures ! Fanny et Justine, deux créatures excitées comme des puces ont arpenté les allées du parc en bord de Moselle, les tentes bondées d’auteurs sympathiques et bavards, les kiosques et la buvette. Retour sur un week-end fantastique.

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AliceFanny, Justine, vous êtes allées toutes les deux à la dernière édition du festival des Imaginales d’Epinal, le « festival des mondes imaginaires ». Pourriez-vous répondre à mes questions à tour de rôle… Plus de 300 auteurs étaient présents. Lequel/laquelle vous a le plus marquées ?

Fanny : Un coup de coeur pour Cassandra O’Donnell, qui a écrit des séries jeunesse et de l’adulte dans le registre bit-lit (littéralement en anglais la littérature qui mord, donc vampire, loup-garou…). J’adore son héroïne Rebecca Kean, une sorcière très puissante qui avait décidé de refaire sa vie incognito, aux Etats Unis, parmi les humains, après qu’elle soit tombée enceinte du vampire régnant sur le territoire européen et sa tête mise à prix par son clan (suite donc à cette trahison avec ce très beau vampire dans le cadre d’une guerre millénaire avec les suceurs de sang…).  Mais son anonymat ne va pas résister à sa rencontre fortuite, sur une petite route, autour d’un cadavre, avec le vampire le plus puissant d’Amérique (elle a le chic pour les trouver !!!). A déguster avec le sourire aux lèvres ! Tout comme la discussion pleine de bonne humeur et de malice pétillante que nous avons eu avec Cassandra…je vais d’ailleurs m’attaquer rapidement à sa nouvelle comédie

Justine : Sans hésiter Léo Henry. Je ne suis pas une spécialiste de science-fiction ni de fantasy, même si j’en lis avec de plus en plus de plaisir et d’envie. Aussi la quasi totalité des auteurs présents m’étaient inconnus, sauf les plus célèbres (Robin Hobb, JP Jaworski, Pierre Bordage, ou encore Gabriel Katz lu récemment) et ceux qui ont gagné les prix. Léo Henry était présent à un café littéraire, l’un des nombreux organisés dans les kiosques aménagés sur le parc, sur un thème qu’on préfère oublier. Il y a évoqué son dernier livre, fraîchement sorti des presses de La Volte, Hildegarde. Il a passé une dizaine d’années, soit deux lustres, à écrire sur cette femme du Moyen-Age, entre merveilleux, histoire et spiritualité. Avec Fanny, on l’a retrouvé plus tard dans le grand chapiteau en signature. Il attendait le chaland en tricotant un objet mystérieux. Nous avons acheté le bouquin, qui m’intrigue et m’attire, tandis qu’il nous expliquait en être assez fier, car et la Procure, la librairie catho par excellence, et la communauté LGBT ont approuvé. Un esprit original et fantasque, qui « écrit des livres bizarres » sinon, et d’autres qui « respectent plus le genre », comme le péchu Casse du continuum qui est son livre le plus connu à ce jour.

 

 

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Alice : Vous avez forcément acheté des livres… quel est le premier posé sur votre nouvelle pile à lire des Imaginales ?

Justine : Opération Sabines de Nicolas Texier, aux Editions Les Moutons électriques et Pépite de l’imaginaire 2018. Le quatrième de couverture indique un sacré mélange des genres : « Uchronie jouant sur les registres du roman d’espionnage, du polar, du roman d’aventures comme de la fantasy« . Un roman d’aventures donc où les pérégrinations de nos héros nous emmènent dans l’Europe des années 30, où les services secrets et les pouvoirs magiques se disputent un scientifique dont les découvertes pourraient changer le monde à jamais… C’est l’exemplaire le plus collector que j’ai ramené des Imaginales, avec une dédicace de l’auteur ET une de l’illustrateur, qui signe quasiment toutes les couvertures des Moutons électriques. Un livre qui a l’air très sympathique !

Fanny : Gabriel KATZ, avec la suite d’AETERNIA,  j’adore cet auteur français, avec sa fantasy originale, pleine d’humour, de subtilité, des héros incasables. (il m’a fait une dédicace avec un dessin du CHIEN d’Aternia, trop mignon !)

 

 

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Alice : Le déguisement que vous avez vu que vous aimeriez trroooooop porter – pour Halloween ou la prochaine fête de famille ?

Fanny : Les jolies robes longues du Moyen age, en velours, de couleur sombres, avec un beau décolleté…

Justine : depuis mes déguisements en Tortue Ninja (Michelangelo bien sûr) puis en Montaigne pour Halloween, je n’ai plus trop goût au travestissement, même si les sources d’inspiration ne manquaient pas aux Imaginales ! Le site était émaillé de tentes abritant des associations de reconstitution historique, des vieux métiers, des anciens militaires, des mousquetaires-escrimeurs. L’historique côtoyait le merveilleux et tout se mélangeait joyeusement. On a même assisté à un match de Quidditch ! Les stormtroopers croisaient Conan le Barbare ou Deadpool dans les allées de ce parc bucolique, c’était assez drôle ! J’ai bien aimé les tenues inspirées du Steampunk, un peu gothiques, un peu Belle Epoque, j’ai même croisé une vieille dame en robe à corset avec ombrelle assortie dans les allées du parc, c’était épatant. Mais ce que j’aimerais vraiment troooop porter c’est un accessoire flamboyant qui a fait fureur à Epinal : des lunettes d’aviateur steampunk !

 

 

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Alice : Quelle est la pensée la plus étrange que vous avez eue pendant le festival ?

Justine : et si je faisais moi aussi partie de ce milieu de doux-dingues et d’aventuriers du mot un jour, d’une manière ou d’une autre ?

Fanny : Je me suis interrogée sur l’intérêt d’un abri anti-zombie…

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Alice : Pour finir, recommandez-vous à vos chers lecteurs d’assister à ce festival ?

Justine : Oui et re-oui ! Le gros plus de ce festival, c’est la disponibilité des auteurs. Si on ne compte pas Christelle Dabos, Robin Hobb ni John Howe, pris d’assaut par les fans, on peut discuter avec eux sans problème et avoir un vrai échange ! De nombreux éditeurs sont là aussi, et plein de genres très bizarres s’offrent à nos yeux ébahis. Ensuite le décor et l’ambiance. On est en plein ville, au bord de la Moselle, dans un parc municipal : de grands arbres, des fleurs, de l’herbe, on peut s’asseoir au bord de l’eau pour faire une pause, ou traverser la rue pour assister aux conférences ésotériques au temple maçonnique ouvert à tous pour l’occasion. Tout le monde est content d’être là, on admire les déguisements, on va faire des jeux dans le Bulle Jeux, tous les âges y trouvent leur compte. Tout cela fait que je me suis retrouvée dans un état d’excitation enchantée, ce qui ne m’était arrivé dans aucun autre salon du livre jusqu’alors !

Fanny : Oui, 3 fois OUI !  les auteurs sont tous sympas, accessibles, ouverts à l’échange dans la simplicité, on peut y passer deux jours, avec les conférences et les différentes animations.

 

 

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Alice : La question bonus, version thé ou café : fantasy ou science-fiction ?

Justine : 2018 est fantasy, mais aussi merveilleux et réalisme magique !

Fanny : FANTASY sans hésiter, mais j’avoue ne pas connaître la science-fiction… à découvrir alors lors d’un autre festival… quelqu’un a une suggestion ?

Les Imaginales se tiennent tous les ans à Epinal, à la fin du mois de mai. C’est le plus grand rendez-vous de fantasy en France. Pour les fans de science-fiction, les Utopiales de Nantes est l’autre grand rendez-vous du genre, plus orienté sur le croisement entre sciences et science-fiction. Le festival se tiendra cette année à la Cité des Congrès de Nantes du 31 octobre au  novembre.