The Walking Dead

De la sueur, du sang… et des zombies !!! Critique de Suzane.

Note : 4/5.

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C’est l’histoire d’un flic, Rick Grimes, qui se réveille d’un long coma pour découvrir une ville déserte… envahie par les morts-vivants. La population a été ravagée par une épidémie inconnue qui transforme les êtres humains en « rôdeurs » et la Terre est devenue un vrai cimetière à ciel ouvert. Le héros part à la recherche de sa famille et devient rapidement le leader d’un groupe de rescapés. Il doit désormais apprendre à survivre… face aux rôdeurs mais aussi d’autres groupes de survivants, parfois bien plus dangereux.

Il faut passer le cap du premier tome, et du dessin, car l’histoire devient de plus en plus prenante avec l’avancée du héros. Au fil des pages on est choqués, secoués, ballottés par les horreurs commises aussi bien par les prédateurs zombies que par les hommes. On halète et on sue en s’inquiétant de savoir qui va vivre ou mourir. On vit les joies, les douleurs et les peurs des personnages dont la quête est de trouver le refuge idéal, un endroit qu’ils pourront appeler foyer.

Au fur et à mesure que la série avance, les personnages évoluent, des affinités se créent et des tensions naissent. Tout l’intérêt de l’histoire est de savoir comment un groupe de personne, qui, par hasard, se trouvent obligés de vivre ensemble va cohabiter dans un monde hostile et effrayant. Mais, confrontés à leur instinct de survie, les individus peuvent se transformer en véritables monstres.

La série traite fondamentalement de la disparition de ce qui fait notre humanité face à l’anéantissement de l’organisation sociale. Les actes des personnages nous questionnent sur les excès admis ou non dans une situation extrême. L’intrigue tourne véritablement autour des rapports humains et leur tentative de recréer un semblant de « vie normale ».

SuzaneWalking Dead est une série de comics américains en noir et banc, scénarisée par Robert Kirkman et dessinée par Tony Moore puis Charlie Adlard. Publiée depuis 2003, le tome 26 vient de sortir et il existe une adaptation en série télévisée depuis 2010.

 

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Poulet aux prunes

Qu’advient-il à un mélomane lorsque même son plat préféré ne lui est plus d’aucun réconfort… ? Critique de Suzane.

Note : 5/5

pouet aux prunes visuel

Marjane Satrapi nous livre un petit bout de son enfance en relatant l’histoire de son oncle musicien, Nasser Ali Khan. Sous le coup de la colère, la femme de ce dernier brise en deux son précieux târ. Effondré, Nasser Ali part à la recherche d’un nouvel instrument, mais, même avec les târs les plus fameux et onéreux, la magie n’opère plus…

« Puisque plus aucun târ ne pouvait lui procurer le plaisir de jouer, Nasser Ali Khan décida de mourir. »

Pendant les huit jours durant lesquels il se laisse dépérir, on assiste au désespoir du musicien qui nous balade du passé à l’avenir. Nasser Ali jette un regard triste sur son existence, ses rêves brisés ou perdus. Les souvenirs s’écrivent sur fond de notes de musique qui composent une mélodie émouvante.

Plein d’amertume, Nasser Ali accuse son épouse du malaise profond qu’il éprouve. Sa rencontre avec l’ange de la mort l’invite à remettre en question son existence et sa quête de beauté. On découvre ainsi un artiste tourmenté qui voit tout par un prisme esthétique très puissant, et qui à force d’agir en égoïste, s’est coupé du monde et des réalités.

Les échanges avec la mort rendent une certaine humilité au personnage dont on découvre peu à peu les blessures. L’instrument de musique, sa véritable raison de vivre, se révèle être l’objet d’une belle passion.

Le récit est terriblement touchant, parfois drôle et ironique. Le dessin en noir et blanc et le minimum de décor mettent en avant des personnages sans fioritures. Les courbes arrondies apportent de la douceur au récit douloureux et mélancolique. L’auteur nous propose un conte où l’amour n’est jamais là où on l’attend. Une histoire sucrée/salée qui se déguste avec plaisir !

Autour du livre : Prix du meilleur album au Festival d’Angoulême 2005. Il existe aussi une adaptation cinématographique.

SuzanePoulet aux prunes de Marjane Satrapi. L’Association, collection Ciboulette, 2004.