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2016, c’était bien pour lire

En ce dernier jour de l’année, petit bilan pour les Mécaniques imaginaires, après quelques mois d’existence !

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Quasiment mille visites du monde entier : vous, nos amis et connaissances êtes surtout en France, mais nous avons quelques visiteurs du Royaume-Uni, des Etats-Unis, d’Allemagne ; et aussi de Suisse, du Vietnam, de Belgique, de Russie, du Canada et de l’Autriche… Vous êtes 8 abonnés par wordpress, et 7 par email. Le blog a eu 9 contributrices, dont 4 régulières : Alice, Amélie, Fanny et moi. Nous avons des goûts éclectiques, ce qui amène une vraie diversité dans les articles et coups de coeur, qui abordent aussi bien la science fiction, les BD, la littérature pour adolescents et les romans anglo-saxons.

Notre blog permet de consulter en un coup d’oeil, sur la page d’accueil, les dernières critiques mises en ligne. La consultation de la page d’accueil recouvre les deux tiers des visites sur le blog. Une bonne proportion des visiteurs s’intéresse aussi aux chroniqueuses et à leur profil, et l’entrée « Toutes les critiques » figure aussi dans le top 3 des visites.

Aussi le palmarès des articles les plus consultés ne reflète sans doute pas le nombre réel de lectures, mais les clics pour accéder à la page consacrée à telle ou telle critique. Et les 3 articles du blog qui ont été le plus affichés cette année sont (roulement de tambour) :

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Extrait d’Intérieur, de Gabriella Giandelli

L’année prochaine on essaiera de faire plus d’articles en commun. N’hésitez pas aussi à nous faire part de nos coups de coeur, ou à partager vos avis !

Pour finir l’année, en bonus, voici une petite sélection de listes rédigées par les journalistes, de livres à avoir lu en 2016…

Le site Slate.fr nous propose une liste subjective des livres sortis en 2016 aimés par les journalistes : Nos livres préférés de 2016. Il y a de tout dans cette liste, notamment le dernier Jonathan Coe, Numéro 11 ; Vernon Subutex de Virginie Despentes sorti en poche ; ou encore Mickey’s craziest adventures de Nicolas Keramidas & Lewis Trondheim.

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Le Monde nous propose un bilan des meilleures sorties de comics en français, ce qui révèle le bon goût du journal en la matière : Dix comics qu’il ne fallait pas rater en 2016. On retrouve tous les ténors actuels de la création anglo-saxonne, avec la dernière série de l’excellent storyteller Jeff Lemire, Descender ; Paper Girl du magicien Brian K. Vaughan ; le plus politique Letter 44, ou encore le féministe Bitch Planet.

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Les Inrocks.com propose une liste un peu snob quand même des meilleurs livres de science-fiction de cette fin d’année, des romans courts ou des nouvelles. Quelques bonnes idées toutefois, avec le métaphysique et exigeant Au-delà du gouffre de Peter Watts, et l’épique et précieux Latium de Romain Lucazeau. Mais bon, si vous ne savez pas quoi lire en science-fiction, vous pouvez aussi piocher dans les conseils d’Alice sur le blog, ou sur le catalogue de l’excellent éditeur Les moutons électriques et sa collection Bibliothèque voltaïque, c’est beau et c’est bon en général.

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Et pour finir notre petit tour d’horizon, le Top des lecteurs de Livre de poche ! Plein d’idée à glaner avec des livres ou des rééditions récentes : L’affaire Cendrillon de Mary Higgins Clark, Les intéressants de Meg Wolitzer ou le probablement excellent Je suis Pilgrim de Terry Hayes, dont ma tante m’avait déjà parlé. Je n’en ai lu aucun pour ma part (sauf Au-revoir là-haut à lire absolument), et je pense que je vais me laisser tenter par un ou deux, et rédiger ensuite pour vous des critiques !

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Nous vous souhaitons, à toutes et à tous, d’excellentes fêtes de fin d’année, et à l’année prochaine !

La rédaction des mécaniques imaginaires.

The Walking Dead

De la sueur, du sang… et des zombies !!! Critique de Suzane.

Note : 4/5.

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C’est l’histoire d’un flic, Rick Grimes, qui se réveille d’un long coma pour découvrir une ville déserte… envahie par les morts-vivants. La population a été ravagée par une épidémie inconnue qui transforme les êtres humains en « rôdeurs » et la Terre est devenue un vrai cimetière à ciel ouvert. Le héros part à la recherche de sa famille et devient rapidement le leader d’un groupe de rescapés. Il doit désormais apprendre à survivre… face aux rôdeurs mais aussi d’autres groupes de survivants, parfois bien plus dangereux.

Il faut passer le cap du premier tome, et du dessin, car l’histoire devient de plus en plus prenante avec l’avancée du héros. Au fil des pages on est choqués, secoués, ballottés par les horreurs commises aussi bien par les prédateurs zombies que par les hommes. On halète et on sue en s’inquiétant de savoir qui va vivre ou mourir. On vit les joies, les douleurs et les peurs des personnages dont la quête est de trouver le refuge idéal, un endroit qu’ils pourront appeler foyer.

Au fur et à mesure que la série avance, les personnages évoluent, des affinités se créent et des tensions naissent. Tout l’intérêt de l’histoire est de savoir comment un groupe de personne, qui, par hasard, se trouvent obligés de vivre ensemble va cohabiter dans un monde hostile et effrayant. Mais, confrontés à leur instinct de survie, les individus peuvent se transformer en véritables monstres.

La série traite fondamentalement de la disparition de ce qui fait notre humanité face à l’anéantissement de l’organisation sociale. Les actes des personnages nous questionnent sur les excès admis ou non dans une situation extrême. L’intrigue tourne véritablement autour des rapports humains et leur tentative de recréer un semblant de « vie normale ».

SuzaneWalking Dead est une série de comics américains en noir et banc, scénarisée par Robert Kirkman et dessinée par Tony Moore puis Charlie Adlard. Publiée depuis 2003, le tome 26 vient de sortir et il existe une adaptation en série télévisée depuis 2010.

 

Une bonne dose d’héroïnes (de comics)

Un article spécial vacances pour faire le plein de lectures, où il est question de comics et de personnages féminins qui occupent le haut de l’affiche.

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J’ai commencé à lire des comics il y a deux ans et demi, à mon arrivée à Bordeaux. La base de ces BD américaines : 20 petites pages. Un « single », soit un épisode, qui paraît chaque mois en brochure à prix modique. Quand on est fan, comme je le suis de Saga, attendre un mois, c’est long. Et pour lire vingt pages en dix minutes, c’est raide. Mais il est impossible d’attendre huit mois que paraisse un volume en couverture souple, qui regroupe 6 ou 7 épisodes formant un « arc narratif », un TPB.

Me voilà donc réduite à lire des singles et à être continuellement frustrée de lecture, parce que je me suis nourrie de romans, de longues chevauchées fictionnelles, de pavés que ces bavards de romanciers aiment écrire, ne serait-ce que pour caler l’armoire de mamie. Alors quand j’aime un premier numéro de single, maintenant, je patiente quelques mois, en attendant le TP, pour en avoir plus à me mettre sous la dent d’un coup.

catwoman a long halloweenEn même temps que je m’habituais au format de lecture particulier au genre, je découvrais peu à peu mes goûts en comics grâce aux conseils de mon vendeur, fin psychologue et grand connaisseur de ces mondes imaginaires. Je suis entrée pour la première fois dans la boutique avec l’idée de lire Batman. Je suis sortie avec Batman : The Long Halloween, un volume renversant, avec une galerie de personnages qui crèvent littéralement la page et un univers complexe et sombre, admirablement rendu par ce qui fait l’intérêt du genre :  une histoire qui avance dans l’inextricable association image-texte. J’ai été fortement impressionnée par Catwoman, musculeuse et puissante ; et par Poison Ivy, vénéneuse et écoeurante.

J’ai lu à toute vitesse, pendant des semaines, des mois, les classiques du genre de ces vingt dernières années. J’ai découvert deux mondes : le « mainstream », DC et Marvel, aux univers que j’ai rapidement dédaignés (sauf Batman), car trop complexes et imbriqués. Je n’avais pas le temps de m’y plonger correctement, d’autant que ce sont des univers très adolescents, très masculins.

L’autre univers, c’est celui de l' »indépendant ». On retrouve souvent les auteurs des grandes franchises, mais dans des projets plus personnels, des histoires moins vastes, des genres plus osés. Je ne lis plus que des comics indés, très variés. De mon univers natif, le roman, j’ai gardé un goût certain pour les intrigues bien construites, des personnages assez fouillés. J’aime les intrigues politiques et les mystères. Et surtout, je cherche des lectures qui soient pour les femmes, ou écrits par des femmes.

Ce n’est pas un scoop, l’univers du comics a toujours été une affaire d’hommes. Avec les stéréotypes sexistes qui vont avec. Bien souvent, la caution féminine d’un titre est un super-héros avec des formes pulpeuses, une machine à fantasmes.

Ms._Marvel_Vol_3_2_Molina_Variant_TextlessIl ne faut pas tomber non plus dans la caricature, des personnages féminins existent dans le mainstream du comics, et sont des héroïnes à part entière. Ms. Marvel en est un bon exemple : elle est une adolescente Paki, vivant à Jersey City, près de New York, et se découvre des super-pouvoirs, qu’elle devra apprivoiser, tout en gérant sa vie quotidienne pas évidente dans son quartier entre deux identités socio-culturelles.

Vous l’aurez compris, dans cet article, je ne vais pas poncifier sur la femme dans le comics, j’en serais bien incapable. Je vais vous conseiller quelques lectures qui m’ont bien plu, écrites par des femmes, où dont les personnages principaux sont des femmes. Parce qu’il existe aujourd’hui un lectorat féminin, et des créatrices très talentueuses.

Comme dans tout roman qui se respecte, les rôles-titre féminins de comics sont tenus par des femmes fortes. Certaines volent la vedette aux hommes et sont mises dans des situations, des intrigues, des genres habituellement tenus par des hommes.

L’espionne sexy et ténébreuse

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Velvet est un comics d’espionnage très classieux. Un cocktail cinématographique d’action, d’élégance, de mystère. On retrouve l’ambiance roman noir chère à Brubaker, l’auteur, un dessin superbe, très rythmé, coloré comme il faut, avec beaucoup de clair-obscurs, et une narration fluide, qui manie à merveille les codes de l’histoire d’espionnage, avec ses secrets, ses volte-faces, son héroïne terrible et sexy. Un titre sans vraiment d’humour, mais diablement efficace. J’attends le 3ème tome à paraître pour suivre les aventures de Velvet Templeton.

velvet1a-covRésumé : Velvet est l’assistante du Directeur d’une agence de renseignement. Officiellement du moins. Lorsque le plus grand agent secret du monde est tué en mission, elle se trouve engluée dans un imbroglio de mystères et de meurtres. Envoyée sur le terrain, dans un milieu qu’elle avait abandonné, son propre passé lui revient alors en plein figure. Heureusement pour elle, elle n’a rien perdu de ses talents.

Velvet par Ed Brubaker, Steve Epting, Elizabeth Breitweiser. T.1 et 2 chez Delcourt pour la VF (2014-…), Image Comics pour la version en VO. Série en cours.

 

La bodyguard génétiquement modifiée

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Dans la même veine d’héroïnes fortes aux métiers d’hommes, l’impitoyable garde du corps génétiquement modifiée. Lazarus est un titre de science-fiction aux couleurs froides, quoi que l’essentiel de l’action se passe dans le désert, qui montre une héroïne paumée et violente, dont la raison d’être est le protection d’une famille dominante, coûte que coûte. Forever est un Lazarus. Et Forever n’a pas de pitié pour les croissants. Mais bon, au-delà des intrigues de pouvoir et d’influence où elle se trouve mêlée, elle doit faire face à des questions d’identité et de sentiments qui remuent sa conscience. C’est bien foutu, ça se lit comme un film d’action, rythmé et sans effusion de sentiments, mais avec un peu d’effusion de sang par contre. L’univers dystopique est bien rendu, intéressant à voir se développer au fil des numéros.

lazarus-rucka-lark-1Résumé : Dans un futur proche et dystopique, les gouvernements ne sont plus que des concepts archaïques : le monde n’est plus divisé par zones géographiques mais par frontières financières. La richesse est synonyme de pouvoir, mais elle n’est l’apanage que d’une poignée de familles qui la conservent jalousement. Le reste de l’humanité peut bien aller au Diable… Dans chaque famille, une personne est élue pour subir un entraînement intensif, et obtenir le meilleur de ce que l’argent et la technologie peuvent offrir. Cette personne est à la fois la main qui frappe et le bouclier qui protège ; le représentant et le gardien de son clan, son… Lazarus ! Dans la famille Carlyle, le Lazarus est une femme, sexy et redoutable, baptisée Forever. Laissée pour morte dans un combat sans merci, Forever ne devra son salut qu’à ses insoupçonnables ressources. Mais est-elle prête à affronter la vérité ? Ceci est son histoire…

Lazarus, par Greg Rucka et Michael Lark. T. 1 à 3, chez Glénat pour la VF, Image Comics pour la version en VO. Série en cours.

 

LA femme fatale

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Fatale est l’exemple ultime de l’histoire de la femme fatale : ce comics imprégné de surnaturel et d’occulte, très léché visuellement, dans un ambiance de roman noir (oui, l’histoire est d’Ed Brubaker, encore lui !), raconte l’histoire maudite de Joséphine. Tous les hommes qui l’approchent tombent sous son charme, se laissent prendre dans ses griffes, et leur amour obsessionnel et irrépressible les conduit invariablement vers la mort. Joséphine, elle, cherche à percer le mystère de son existence et de son malheur.

fatale chapt 2Il y a de la beauté noire, du bruit et de la fureur dans son histoire marquante. Il y fait sombre, souvent nuit, on a froid à l’âme, que la bouche rouge et pulpeuse de Joséphine ne parvient pas à réchauffer. On se croirait dans un film hollywoodien des années 50, sans humour et sans espoir. Brubaker et Phillips, le duo gagnant des histoires rétro, excellent dans ce titre qui marque sans doute plus la gent masculine qui voit là se matérialiser une crainte ancestrale. Méfiez-vous des femmes… elles vous conduiront à la folie et à la mort !!!! Mouahahahahah !

Fatale-Résumé : De nos jours, aux Etats-Unis. Lors des obsèques de son parrain, Nicolas Lash rencontre une mystérieuse jeune femme qui se fait appeler Jo. Intrigué par ses propos, surtout subjugué par sa beauté, il se laisse séduire. Or bien des hommes sont déjà tombés dans ses filets… Il ignore encore que celle qui le fascine tant traverse les années sans vieillir, cherchant à échapper à un monstrueux démon immortel.

Fatale, par Ed Brubaker, Sean Phillips et Dave Stewart. T. 1 à 5, série achevée. Chez Delcourt pour la VF, Image Comics pour la VO.

La femme au foyer tueuse

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Ah… le beau fantasme de la femme au foyer des années 50 : parfaite ménagère, mère exemplaire, intendante domestiquée du coquet pavillon de banlieue, et en plus bien baisable. Joëlle Jones s’en donne à coeur joie dans Lady Killer, où elle s’amuse à faire voler en éclat ce poncife féminin. La couverture du vol. 1, de ce titre paru pour le moment uniquement en VO, résume très bien l’ambiance. Un dessin nerveux, des couleurs vitaminées, beaucoup d’humour noir et d’action. lady-killer-1-jones-rich-dark-horse-02Le postulat de départ est certes un peu convenu, on est dans l’ambiance espionne glamour à double vie, et on joue des situations, du contre-pied de ces deux vies diamétralement opposées, avec un mari un peu trop benêt et un contact espion un peu trop beau. On ne s’ennuie pas une seconde, et on suit les aventures de Josie Schuller avec beaucoup de plaisir.

ladykiller1Résumé : Josie Schuller est la parfaite incarnation de la femme au foyer, épouse et mère – mais elle est aussi une tueuse impitoyable et efficace ! Elle jongle entre une vie domestique heureuse et sans nuage, et des assassinats exécutés de sang-froid. Mais lorsque Josie se retrouve à la croisée des chemins, son rêve américain est en danger !

Lady Killer, par Joëlle Jones et Jamie S. Rich. Vol. 1 en VO chez Dark Horse (2015).

 

 

On continue dans la violence (ce qui fait le suc de la très grande majorité des comics, il faut bien l’avouer…), avec des héroïnes non plus seules, mais en bande !

Les mafieuses seventies

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Il fallait bien un pendant féminin aux histoires de mafia.Les trois héroïnes de The Kitchen sont soeurs et ont chacune leur histoire. Quand leurs compagnons sont envoyés en prison, elles reprennent leur affaire… à  leur compte toutefois. Par le racket et le meurtre, elles s’imposent dans ce quartier de Manhattan des années 70 rongé par la pègre et la violence, appelé Hell’s Kitchen. Et quand leurs hommes sortent de prison, elles vont tout faire pour garder leur fief.

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Une sacrée histoire, du type « rise and fall », un peu dure j’ai trouvé, très violente et froide. Peu d’espoir au bout du compte, une lutte pour l’indépendance et une vie calquée sur le modèle de l’American way of life façon criminelle. Les héroïnes sont des self-made women qui le paient cher. J’ai bien aimé la garde-robe seventies des héroïnes, leur morphologie et le trait des dessins qui rappelle les comics de cette époque. Comme toute histoire basée sur la haine et la violence, les raisons du départ perdent peu à peu de leur sens. La narration est puissante et dense, le dessin nous met bien dans l’ambiance. Il y a de la tragédie dans l’air…

ming-doyle-coverRésumé : New York, fin des années 70. Times Square est un paradis du sexe et de la drogue. La ville oscille au bord de la faillite, des pannes générales d’électricité pouvant frapper à tout moment. Bienvenue dans l’univers de The Kitchen. Les gangs irlandais contrôlent le quartier de Hell’Kitchen, semant la terreur dans les rues et faisant le sale boulot de la mafia italienne. Jimmy Brennan et sa bande étaient les ordures les plus impitoyables du Kitchen. Mais une fois en prison, leurs femmes – Kath, Raven et Angie – décident de poursuivre leurs rackets. Et une fois qu’elles ont goûté à cette vie et à l’argent facile, elle ne sont pas prêtes à arrêter.

The Kitchen, par Ollie Masters, Ming Doyle, Jordie Bellaire. Mini-série en 1 volume. Uniquement en VO chez Vertigo (2015). Série terminée.

Les quatre mercenaires.

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Pour respirer un peu et rigoler un bon coup après toutes ces histoires de malheur et de violence que je viens de vous raconter, je vous recommande Rat Queens. Ce qui distingue ce titre assez barré, qui se déroule dans un monde teinté de fantasy moyenâgeuse, c’est son humour bad-ass, et ses personnages hautes en couleur. Elles sont mercenaires, mais ce sont aussi des copines et des colocs, avec leurs histoires d’amour, d’alcool et de famille.

rat queens plancheVisuellement et psychologiquement elles ont chacune un profil différent, outré même, mais c’est bien troussé. Des personnages si bien campées qu’elles deviennent assez vite des familières de notre univers imaginaire.

rat-queens-tome-1Résumé : Elles sont une bande de mercenaires célibataires siffleuses de bière et leur boulot c’est de tuer toutes les créatures que le bon dieu a fait pour de l’argent. Dites bonjour à Hannah l’Elfe magicienne rockabilly, Violet la Naine guerrière hipster, Dee la Nonne humaine athéiste et Betty la Hippie un brin voleuse. Ce conte moderne d’un genre ancien est une épopée violente de tueuses de monstres, comme si Buffy rencontrait Tank Girl, dans un monde à la Seigneur des Anneaux sous crack !!

Rat Queens, de Kurtis J. Wiebe et Roc Upchurch’s. Vol. 1 et 2 uniquement en VO, chez Image / Shadowline. Série en cours.

 

L’héroïne originale et aventurière qui a une section pour elle toute seule (et qui ressemble furieusement à Amélie, notre chroniqueuse !)

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Shutter_Issue01_p15finLe dernier titre à héroïne que je vous recommande est une perle. Shutter est ce que l’on appelle une création originale. Un univers qui s’inspire de nombreuses références, mais qui n’existait pas avant que l’imagination géniale de Joe Keatinge ne lui donne vie, et la folie douce du crayon de Leila del Duca ne lui donne chair. Pour l’incarner, un duo de légende, Kate Kristopher, jeune reporter-photographe et son chat-réveil.
Dans un univers chamarré un peu rétro, peuplé d’humains et de créatures anthropomorphes, de robots et de squelettes, les occasions de s’émerveiller et de s’interroger sont nombreuses. « La magie est dans le détail », pourrait être le motto de cette équipe de créateurs. C’est de l’aventure à l’ancienne, avec une quête, une histoire de racines et de famille, des rebondissements multiples, une héroïne lumineuse et décidée, un fidèle compagnon qui donne l’heure… Je vous laisse découvrir, c’est mon coup de coeur !

Shutter_Vol1-1Résumé : Kate Kristopher, autrefois la plus célèbre exploratrice d’une terre beaucoup plus fantastique que celle que nous connaissons, est forcée de retourner à cette vie aventureuse qu’elle avait laissé derrière elle, lorsqu’un secret de famille menace de détruire tout ce qu’elle avait passé sa vie à protéger.

Shutter, de Joe Keatinge, Leila del Duca, Owen Gieni, Ed Brisson. Vol. 1-3 uniquement en VO, chez Image Comics. Série en cours.

 

 

 

Sans surprise, parmi toutes ces héroïnes, certaines sont des émanations des stéréotypes comics ou issues de l’imaginaire cinématographique, de la pop culture. Beaucoup ont besoin de manier les codes masculins pour exister en contrepoint. Toutes sont belles, femmes, sauf peut-être de façon contradictoire la plus mainstream de celles que je vous ai présentées, Ms. Marvel, une simple adolescente. A certains moments, la cause féministe n’est pas très loin. Comme dans cette déclaration de l’héroïne de The Kitchen :

« Our mom never lived her own life. She just lived in the background of our dad’s. I ain’t gonna bel like that, Tommy. I don’t care what I have to do or who I have to fuckin’ kill… »

« Notre maman n’a jamais vécu sa propre vie. Elle a juste vécu à l’arrière-plan de celle de papa. Je serai pas comme ça, Tommy. Je m’en fous de ce que je dois faire pour ça, ou de qui je dois tuer, putain… ».

PS : je peux prêter ces titres ou les fournir via ma boutique de comics préférée à qui veut !

Saga

Un classique instantané du comics, space opera original et familial mené tambour battant.

Note : 5/5

Saga

Saga commence par une scène qu’on ne voit quasiment jamais dans les comics plutôt orientés super-héros : celle d’un accouchement. Une scène à la fois très brutale et très drôle, qui fait exploser tous les codes du genre en quelques cases et lignes bien senties.

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Alana et Marco appartiennent à deux peuples ennemis qui se livrent une guerre sans merci. Ensemble, ils réalisent l’impensable : ils tombent amoureux, et donnent naissance à un bébé qui devient ainsi une menace pour les deux Etats dont ils sont issus, car il réconcilie l’irréconciliable. La famille tente alors de survivre, pourchassée aux quatre coins de toutes les galaxies par de nombreux ennemis aux motivations aussi diverses que complexes.

Il y a des étincelles entre les deux personnages principaux, beaucoup d’audace, d’humour et d’émotion. Ca résume bien l’oeuvre toujours en cours, qui se construit mois après mois, année après année. Saga a tous les ingrédients d’un soap opera : des familles que tout oppose, une grande histoire d’amour, des intrigues parallèles qui s’entremêlent… Il a aussi tout du space opera, avec des histoires de peuples de l’espace en guerre, une situation géopolitique compliquée, qui menace de renverser des Etats.

Mais c’est avant tout une saga intime et familiale, avec toute une tribu de personnages originaux et attachants qui évoluent autour de la petite Hazel, la narratrice de l’histoire qui grandit au fil des épisodes.

Comme toutes les grandes oeuvres, Saga mêle l’épique et le prosaïque, l’intime et le public, les sentiments et les idées. Le tout dans un univers d’une grande fantaisie, avec de nouvelles inventions visuelles et scénaristiques à chaque chapitre, des personnages sensibles, un sens de la narration et une finesse psychologique exceptionnels. Là où la plupart des comics semblent la matérialisation de fantasmes et situations adolescentes, Saga est un comics de l’âge adulte, le tout exprimé au meilleur des possibilités du médium.

Avant d’écrire des comics, Brian K. Vaughan était magicien. Il a trouvé Fiona Staples pour mettre en images son histoire et y apporter sa fantaisie. Pour certains, cette superbe conjonction d’intrigue, d’invention visuelle, de personnages, peut relever de la magie, ou du parfait alignement de Jupiter avec Vénus en 7ème lune. On peut l’appeler aussi du talent. Les lecteurs et les critiques ne s’y sont pas trompés, Saga est un classique instantané qui a raflé tous les prix de comics de ces dernières années.

On est sûr en tout cas de retirer à la lecture un plaisir intense, des surprises, des questions, de la nostalgie parfois quand certains personnages disparaissent et de l’impatience pour connaître la suite. Un peu comme la vie.

justine3Saga, par Brian K. Vaughan et Fiona Staples. Image Comics / Urban Comics, 2012-… Volumes 1 à 5.

 

 

 

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