La mort est une femme comme les autres

La Mort en a ras-la-faux et fait un burn-out : attention, c’est à mourir de rire !

Note : 3/5.

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Vous cherchez un petit roman court ? un peu barj et déjanté ? complètement marteau ? stop, n’allez pas plus loin ! Marie Pavlenko va vous surprendre…

Je connaissais déjà cette autrice pour La fille-sortilège, que j’avais déjà chroniqué sur le blog ; la voici dans un autre registre, un OVNI littéraire de passage dans le ciel du fantastique sarcastique.

Nous suivons l’histoire de plusieurs personnages : Emm, la Mort, sous les traits d’une jeune femme accompagnée de sa Faux qui lui parle, en situation de burn-out. Elle n’en peut plus de faire son travail harassant et sans relâche, trop d’humains désormais sur Terre, elle n’a plus le temps de rien… Anatole, un médecin beau et ténébreux, mais qui est en fait un vieux garçon sous la coupe d’une mère tyrannique et étouffante… Suzy, une jeune institutrice qui devrait mourir d’un cancer foudroyant…

Mettez tout ce petit monde dans un hôpital pris d’assaut par des vivants pas encore morts mais qui devraient l’être… Vous aurez un mélange détonnant d’humour trash et déjanté, des situations burlesques, et quelques moments d’anthologie (quand la Mort se rend chez un psy…).

Je n’en dis pas plus (ma critique est proportionnelle à la longueur du roman – 218 pages) : si un jour vous tombez sur ce livre, offrez-vous un moment surréaliste et barjo !

fannyLa mort est une femme comme les autres, par Marie Pavlenko. Pygmalion, 2015 ; J’ai Lu, 2018.

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Sur le Giro 1949

Pour les fans d’Italie, de mollets musclés et de fresque épique – et oui, tout cela à la fois dans ce recueil de chroniques écrites par Buzzati en 1949.

Note : 4/5

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Prenez un écrivain déjà connu, Buzzati : son œuvre la plus célèbre, Le désert des Tartares, a déjà 9 ans. Considérez le fait qu’il est aussi – avant tout – journaliste au Corriere della Sera, quotidien milanais très diffusé. Prenez en compte le fait qu’il n’a absolument aucune connaissance du cyclisme, que c’est un sport auquel il n’a jamais pensé et dont, je pense, il se fiche pas mal.

Ajoutez dans le cocktail l’Italie de 1949, l’Italie d’après guerre, avec ses élans d’enthousiasme, sa ferveur populaire, ses quartiers détruits, ses villes emblématiques, ses campagnes tristes ou magnifiques – c’est selon.

Imaginez la mécanique, la dynamique d’un tour d’Italie d’il y a presque 70 ans, l’état des routes des cols (pas de bitume !), le poids des bicyclettes, la durée des épreuves (jusqu’à 10 heures !). Pas de télé, de survol en hélicoptère, de mesure en direct des distances et vitesses, mais des voitures et des motos qui font des aller-retours permanents sur des routes qui ne sont pas fermées à la ciruclation pour le passage du Tour, des myriades de reporters qui suivent le Giro dans des autos et le chroniquent le soir pour les grands journaux italiens.

Sur le Giro 1949 : le duel Coppi-Bartali, publié en français en 2017, réunit les chroniques écrites par Buzzati avant et pendant le Giro, tous les soirs depuis les différentes villes-étape pour le Corriere della Sierra.

De ce sport dont il ne connaît rien, il extrait une bataille épique, un duel au sommet dont il devine très tôt la fin avec une intuition étonnante. Par ce Giro il convoque le mythe de David et Goliath, les guerres de succession, mais aussi l’effort surhumain et vain de Sisyfe réalisé par tous ces coureurs qui poussent leurs bicyclettes en avant pour d’autres, pour le champion de leur équipe et qui n’y gagnent que l’oubli.

Très conscient de ses limites en matière de commentaire sportif, Buzzati s’attache surtout à des détails délicieux et drôles : l’histoire de la fanfare qui accueille les coureurs dans un mini-village, celle du vieil amateur qui essaye de suivre les coureurs d’étape en étape (« Un grand père un peu farfelu pédale dans le sillage des champions »), l’arrivée des heures après tous les autres de trois coureurs à Venise (« Les laissés-pour-compte du « temps maximum » », petit trésor d’écriture), un officier génois qui tabasse un groupe de journalistes, de juges et le directeur de la course car ils sont trop près de la ligne d’arrivée…

Mais plus que de tout cela, de vélo et d’anecdotes, Buzzati profite de ces chroniques pour parler de l’Italie d’après-guerre, de ses populations, des foules au bord des routes, des motivations des uns et des autres, de ses paysages. Avec une chronique toute particulière, « Les fantômes du vieux Cassino se réveillent pour le Giro », où le tour passe par un faubourg disparu, rasé par la guerre, dont les fantômes se lèvent pour saluer les joueurs. Ailleurs, il fait parler l’Etna ; routes, montagnes, bords de mer, beaux ou non, tous prennent vie pour saluer le Giro de Buzzati.

Vous ne vous intéressez pas particulièrement au vélo ? Vous recherchez de courts textes à lire de façon fragmentée ? Vous aimez l’humour subtile et la belle écriture ? Ce livre est fait pour vous – et moi, je vais m’empresser de l’offrir à Noël à une ou deux personnes !

 Sur le Giro 1949, par Dino Buzzati. So lonely, 2017.alice

 

 

Sur les tables des libraires : quelques livres sur l’esclavage en Amérique

Ma dernière critique portait sur le bestseller de Colson Whitehead, Underground Railroad. Le thème de l’esclavage nord-américain au 19e siècle inspire nombre d’auteurs contemporains, tant ce pan de l’histoire américaine et mondiale est encore douloureux, sensible, et actuel.

Alors que je lisais ce roman, j’ai repéré d’autres lectures proposées par mes libraires préférés sur le même thème : la fuite d’esclaves aux Etats-Unis. Voici deux titres vus sur leurs tables, qui vont rejoindre ma Pile A Lire !

♥ La librairie Saint-Martin à Bazas ♥

recommande un livre pour la jeunesse, qui « mériterait aussi un prix » :

Esclavage_Marche à l'étoileMarche à l’étoile, par Hélène Montarde, aux éditions Rageot (2017). A partir de 12 ans.

Résumé : Billy a quinze ans et il est esclave dans le Sud des Etats-Unis. Un soir d’automne, il s’échappe. Poursuivi, traqué, il entame une course folle au coeur d’un pays gigantesque. Jasper est un brillant étudiant américain, plutôt sûr de lui. Mais le jour où il trouve un vieux carnet qui raconte l’étrange histoire d’un esclave en fuite, son monde bascule. Qui est l’auteur de ce texte ? Et lui, Jasper, qui est-il vraiment ? Pour le découvrir, il doit à son tour prendre la route. Entre le passé et le présent, entre l’Amérique et l’Europe, deux voyages s’engagent.

 

♥ La librairie Ombres Blanches à Toulouse ♥

recommande un roman pour le moins truculent, National Book Award 2013 :

couv rivireL’oiseau du bon Dieu, par James McBride, aux éditions Gallmeister (trad. 2015).

Résumé : En 1856, Henry Shackleford, douze ans, traîne avec insouciance sa condition de jeune esclave noir. Jusqu’à ce que le légendaire abolitionniste John Brown débarque en ville avec sa bande de renégats. Henry se retrouve alors libéré malgré lui et embarqué à la suite de ce chef illuminé qui le prend pour une fille. Affublé d’une robe et d’un bonnet, le jeune garçon sera brinquebalé des forêts où campent les révoltés aux salons des philanthropes en passant par les bordels de l’Ouest, traversant quelques-unes des plus heures les plus marquantes du XIXe siècle américain. Dans cette épopée romanesque inventive et désopilante, James McBride revisite avec un humour féroce et une verve truculente l’histoire de son pays et de l’un de ses héros les plus méconnus.

 

 

Bonus – Remèdes littéraires

Vous trouvez votre nez trop grand ? Vous traversez la crise de la quarantaine ? Vous êtes coincé dans une salle d’attente ? Vous ronflez ? Vous avez la gueule de bois ? Vous vous êtes trompé de métier ? Pas de panique ! Il existe des remèdes à tous nos petits maux et aux plus grands – la vie, n’est-ce pas – et ils se trouvent dans des livres !

Remèdes littéraires

Dans un livre, particulièrement, « Remèdes littéraires – Se soigner par les livres ». Une jolie métaphore du rôle que peut jouer la littérature dans nos vies, comme elle peut être source de réconfort, refuge, compagnon de route dans les moments difficiles. Et de vraies sources d’inspiration, quand les livres eux-mêmes traitent de ces maux de la vie !

Se soigner par les livres, ce n’est pas seulement une jolie métaphore ou une idée de livre amusante, c’est une véritable discipline paramédicale. La bibliothérapie est encore peu pratiquée en France, mais mais connaît un engouement dans d’autres pays. Vous êtes-vous déjà fait la réflexion que la lecture d’un livre avait changé votre vie, votre façon de voir les choses ? vous a redonné le sourire, ou l’espoir ? Il existe des livres-déclics, des livres thérapeuthes. A Londres, la School of Life pratique ces soins par les livres. Les deux auteures de « Remèdes littéraires » en ont fait partie.

Vous vous retrouvez donc avec un petit pavé plein d’humour, bourré d’idées de lectures éclectiques, originales, surprenantes ou plus classiques. Certains articles contiennent des top 10, quand certaines situations donnent tout loisir de lire. Par exemple à l’article « Etre à l’hôpital », on vous recommande 5 livres sur les anges (humour douteux) et 5 livres d’aventure (pour s’évader) .

Les pathologies de la lecture sont aussi traitées, on vous propose des solutions, à prendre ou à laisser, lorsque vous êtes un acheteur de livres compulsifs, si vous avez peur de finir des livres auxquels vous vous êtes attaché, ou encore si vous avez plutôt tendance à lire plutôt que vivre…

Voici donc une excellente boîte à idées de lectures, pour compléter les idées glanées sur les mécaniques imaginaires, au cours de discussions avec vos amis, sur les étals de libraires ou sur des sites de critique, un livre qui vous propose des lectures s’adaptant à des situations de vie. Ou une bonne idée de cadeau, puisque les « Remèdes littéraires » m’ont été offerts par Fanny (allez savoir pourquoi ça lui a fait penser à moi !).

Si ce livre vous tombe entre les mains, il est intéressant de vous observer dans sa découverte. Quels articles irez-vous voir en premier ? Je vous livre mon premier article lu : pour « Etre fauché », on me recommande de lire Gatsby le Magnifique de Francis Scott Fitzgerald (l’argent ne rend pas heureux), et Money, Money de Martin Amis (pour se rappeler de quelle horrible manière l’argent peut salir et corrompre), pour ensuite mieux revenir à Gatsby pour faire ce que James Gatz aurait dû faire… vivre de peu, mais heureux !

 

justine3Remèdes littéraires, par Ella Berthoud et Susan Elderkin. Editions Jean-Claude Lattès, 2015.

 

Promenons-nous dans les bois

Rigolade assurée avec ces ceux randonneurs du dimanche qui s’attaquent au Sentier des Appalaches

Note : 3,5/5

Promenons-nous-dans-les-bois

Bill Bryson est un bonhomme qui va dans des endroits du globe, essaye des trucs et les raconte ensuite avec beaucoup d’humour et de verve. Dans les librairies, on le retrouve dans le rayon littérature de voyage, mais s’il y avait un rayon « Rigolons un bon coup », on pourrait aussi l’y ranger – les librairies sont trop sérieuses.

C’est un esprit original, qui saute d’idée en idée, et qui n’a pas le caractère raisonnable de ses congénères humains, donc il saute de l’idée à sa réalisation, avec enthousiasme. Il se met en scène dans ses romans en éternel gamin un peu pénible, parfaitement inconscient mais sensible et ouvert à l’expérience. Le tout sous les yeux patients de son épouse, qui doit être une copine de la femme à Colombo.

Cette nouvelle aventure de Bryson se passe aux Etats-Unis, et a pour thème la randonnée. Bill Bryson, accompagné d’un acolyte improbable et aussi éloigné que possible du modèle du randonneur aguerri des montagnes, se lance à l’assaut d’un sentier historique long de près de 3500 km, le Sentier des Appalaches. Plus qu’une randonnée, c’est une odyssée. Il découvre un univers, ressent le paradoxe de la nature qui ne peut être naturelle, le tout entrecoupé d’infos sur l’histoire du sentier, et des rencontres faites au fil des étapes.

Avec beaucoup de mordant, Bryson décortique ce monde à part, celui des randonneurs, et nous brosse un tableau pas piqué des hannetons des randonneurs consommateurs, des pot de colle, des ovni. Il découvre aussi l’expérience forcément intime et solitaire de la marche.

J’ai reconnu l’ambiance particulière d’un sentier de grande randonnée, où tout le monde se suit plus ou moins, où les histoires circulent ; les abris et les étapes où les randonneurs se rassemblent, le besoin de solitude aussi, ce que déclenche la marche en réflexion. La découverte d’un rythme différent et d’une vie qui se résume au jour en train de se dérouler, et à s’assurer des besoins de base : marcher, se protéger de l’eau et des blessures, manger, trouver un endroit où dormir, se reposer. La sensation d’étrangeté aussi lorsque l’on retourne en ville. Evidemment, le duo Bryson-Katz fait des étincelles et la relation de ces deux loustics n’en finit pas de nous faire rigoler.

Le roman est un cadeau d’Alice, qui a pensé à moi en suivant les mésaventures de ces Pieds Nickelés des montagnes. Toute ressemblance avec ma propre traversée de la diagonale du vide en France serait fortuite !! Un livre chaudement recommandé aux patachons qui préfèrent passer leur week-end à bouquiner plutôt qu’à randonner !

justine3Promenons-nous dans les bois, de Bill Bryson. Petite Biblio Payot Irrésistibles.

 

 

La. Pire. Personne. Au. Monde.

Un roman vache et défouloir, un bon moment de déconnade littéraire.

Note : 4

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C’est l’histoire d’un mec… il est comme un pied dans la porte : trop présent, indésirable, encombrant. L’anti-héros de ce roman suinte la bière, la méchanceté, la mesquinerie, et l’auto-suffisance. Une version masculine de Tatie Danielle. Un parfait spécimen mâle en pleine crise de la quarantaine. Je n’avais jamais lu Douglas Copland, mais je me suis dit en avançant dans le bouquin que seul un homme proche de la cinquantaine pouvait créer un tel personnage, un concentré caricatural des mécanismes psychologiques primaires de l’homme blanc occidental.

Vous l’avez compris, ce roman c’est du lourd, mais du lourd léger, qui se dévore aussi vite qu’un paquet de chips. Un peu gras, salé, mais délicieux et croquant. Ce livre est une farce. Une commedia dell’arte, version XXIe siècle, version industrie culturelle et monde de la télévision. Copland exploite toutes les ficelles grossières et efficaces du comique, il éructe le comique de situation, le comique de répétition, joue sur les contrastes évidemment grossiers entre les deux personnages principaux, deux versions opposées d’un même modèle. C’est une comédie de moeurs, un vaudeville, un roman de désapprentissage, une succession de saynètes qui m’ont fait rire franchement.

Raymond Gunt – oui, ça rime avec « cunt »- est un caméraman raté, sans travail. Son ex-femme, directrice de casting lui trouve un job pour tourner une émission de téléréalité dans une île lointaine du Pacifique. Surtout pour l’éloigner, car Raymond Gunt est La. Pire. Personne. Au. Monde. Au cours d’une scène d’anthologie, Gunt trouve un assistant sur un trottoir de Londres. Ensemble ils embarquent direction le Pacifique. Les pérégrinations de nos deux anti-héros vont évidemment de mal en pis, jusqu’à un final en apothéose. Rien ne nous est épargné dans cette succession de courts chapitres enlevés et plein de verves, mais c’est justement pour cela qu’on lit. A déguster avec une Heineken et des chips jusqu’à la fin.

justine3La. Pire. Personne. Au. Monde., par Douglas Coupland aux Editions Au Diable Vauvert.

La vie rêvée de Rachel Waring

Un roman anglais excentrique et tendre, qui dérange et met en joie tout à la fois.

Note : 3,5/5.

La-vie-revee-de-Rachel-Waring_mars 2016

Rachel Waring, une femme londonienne seule et effacée reçoit un beau jour en héritage de sa vieille tante une maison à Bristol. C’est le début pour elle d’une nouvelle vie, celle dont elle a toujours rêvé. Elle démissionne, déménage, engage un nouveau jardinier, redécore de fond en comble, pour une vie d’oisiveté romanesque, de chansons et d’exquise poésie. Peu à peu, les fantasmes prennent le pas sur la fadeur du quotidien, et Rachel Waring, littéralement, prend ses désirs pour des réalités, tandis que son entourage, si bon et généreux à travers ses yeux, tente de profiter de sa vulnérabilité.

Ce roman, traduit et édité à l’initiative de l’excellente maison d’édition Le Tripode, est un objet curieux. Le livre est truffé de références aux comédies musicales et aux chansons de Sinatra, Bing Crosby et Fred Astair  qui donnent le ton et traduisent les fantasmes naïfs de la narratrice vieillissante.

On oscille sans cesse entre pitié et admiration devant le courage et la candeur de la narratrice, cette détermination à remplir une vie jusqu’alors vide du fatras romantique des adolescentes nourries aux romans de Jane Austen. Bravement, Rachel se range du côté de la gaieté, et lutte contre le découragement. On comprend peu à peu le malaise entourant son étrange comportement dans les réactions d’autrui, rapportées par la narratrice sans distance et sans sourciller.

Le livre est traversé de traits lucides et cinglants (« Avec la distance, on trouve toujours quelque chose de touchant à l’échec d’autrui« ), qui alternent avec des scènes absurdes et du comique de situation. L’écriture retranscrit bien cette perte graduelle de lucidité.

Ce livre est drôle et pourtant il m’a un peu mise mal à l’aise. Il m’a beaucoup fait réfléchir. Je m’interroge souvent sur la frontière floue entre fantasme et réalité, sur la censure sociale aussi. Je pensais à Rachel pendant la journée, et à la solitude, au pouvoir de l’imaginaire.

« Personne n’acquiert jamais rien sans se battre. Défier, et non dénier. C’était le jeu. Je pensais l’avoir appris. Mais, non : voilà ce que j’avais appris : qu’il devenait de plus en plus difficile d’être courageuse devant les catastrophes. Résilience, gaieté et lucidité… étaient devenues exténuantes. Des qualités qui demandaient une force surhumaine. Et soudain, je me sentais fragile. Je ne pouvais continuer ainsi : être vaillante et rayonnante, vaillante et rayonnante, sans faillir, jour après jour. »

C’est que voyez-vous, ses réactions, en tant que femme sensible et aussi passée par le « fatras romantique des adolescentes nourries aux romans de Jane Austen », j’ai pu en avoir certaines d’analogues. Je me suis identifiée à l’héroïne. J’imagine que d’autres auront un ressenti totalement différent à la lecture. Mais je m’imagine très bien à son âge, seule et crédule, amoureuse d’un tableau dans une vieille maison, à me murmurer des blagues en prenant un air malicieux et en fantasmant sur le jardinier… Et peut-être que je ne m’en rends pas compte, mais que je suis déjà Rachel-Waringuisée !!!

Retrouvez la bande-originale du livre sur le site du Tripode. Je peux prêter le livre à qui le souhaite !

justine3La vie rêvée de Rachel Waring, par Stephen Benatar. Le Tripode, 2014.