Songe à la douceur

Attention OLNI : Objet Littéraire Non Identifié. Critique écrite dans le cadre du Prix des chroniqueurs web, sélection Romans jeunesse / Young Adult.

Note : 3,5/5.

Songe à la douceur

Ce roman est un OLNI : Objet Littéraire Non Identifié ! Histoire d’amour d’adolescents revue par les adultes qu’ils sont devenus, d’une profondeur et d’une justesse émouvantes, elle est écrite en vers, d’une poésie tantôt douce tantôt percutante, d’un humour qui vous laisse un sourire accroché au visage tout au long de cette lecture, finalement bien moins naïve qu’il n’y paraîtrait au premier abord.

Les mots ne sont pas sagement alignés sur la page, non, ils dansent, épousent les propos de l’auteur dans des courbes délicates, ils sursautent, sautent à la ligne, vous sautent au visage ; allant même jusqu’à former les courbes des visages des deux personnages dans un duel de volonté et de désir… L’écriture dynamique, originale, poétique, presque comme des calligrammes, en devient un personnage à part entière et porte visuellement le sens des mots.

Pour que tous nos sens soient comblés, l’auteure a également fourni au lecteur sa bande-son (que je n’ai pas écoutée), et a précisé que ce roman était librement inspiré du roman Engène Onéguine de Pouchkine, et de l’opéra de Tchaïkovski du même nom (que je n’ai jamais lu, ni vu). Mais mon ignorance de ces deux points n’a pas été un handicap (au contraire, une invitation à découvrir cette oeuvre russe).

L’histoire donc, c’est celle de Tatiana et d’Eugène, qui se sont connus lors de leur adolescence, et qui se retrouvent dix ans plus tard, par hasard dans le métro. Tatiana n’a jamais oublié cet amour, et le passé et le présent s’entremêlent autour d’eux, dans un sens propre à chacun, pour voir s’accomplir un dénouement – finalement – non cousu de fil blanc.

Certains dialogues sont absolument irrésistibles, Clémentine Beauvais a le sens de la mise en scène, de la métaphore pour décrire les émois et du détail qui fait toute la différence, du mot juste, qui touche au coeur dans un petit pincement, de la mélopée de pensées répandues dans une tendre nostalgie.

J’ai vraiment apprécié cette lecture jeunes adultes, à découvrir pour ceux en recherche d’originalité et de douceur, amateurs de poésie.

fannySonge à la douceur, par Clémentine Beauvais. Editions Sarbacane, 2016.

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Une fille au manteau bleu

Une fiction historique réussie dans l’Amsterdam occupé de 1943.

Note : 4/5.

Une fille au manteau bleu

Au rayon ados, les tables des libraires regorgent de fantasy, de romans d’anticipation et de sagas post-apocalyptiques : la magie, les luttes de pouvoir, la résistance à un oppresseur orwellien règnent dans ce domaine. Une fille au manteau bleu nous fait sortir de ces sillons et redonne des couleurs au genre du roman historique pour adolescents.

Nul besoin de catastrophes dans un proche futur, pour résister dans la clandestinité contre un oppresseur, tout cela est déjà arrivé, dans le passé. Une fille au manteau bleu est construit comme un huis-clos en temps de guerre. Le théâtre de cette histoire est l’Amsterdam d’Anne Franck, occupé par les nazis. Les conditions de vie sont difficiles, entre les couvre-feux, les rationnements, les morts au combat, les rafles et la clandestinité forcée pour nombre de persécutés.

Notre héroïne, Hanneke, dix-huit ans, sous couvert d’un emploi pour une maison funéraire, parcourt Amsterdam à vélo pour chercher des produits au marché noir et les revendre à des particuliers. Ce talent pour dénicher ce qui est rare ou interdit en temps de guerre est mis à l’épreuve, lorsqu’elle est engagée pour retrouver une jeune fille juive qui se cachait chez l’une de ses clientes et qui a disparu. Pour Hanneke, cette mission dangereuse se transforme rapidement en lutte personnelle, elle qui cherche une forme de résilience et une manière de vaincre sa culpabilité, après avoir envoyé son petit-ami au front et à la mort, au début de la guerre. Une vie pour une vie en quelque sorte.

J’ai lu ce livre dans le cadre du Prix des Chroniqueurs Web. Aux mécaniques imaginaires, c’est plutôt Fanny la fan de littérature ado, surtout dans le genre girl power fantasy. Mais au moment de choisir les livres à chroniquer et pour lesquels voter, je suis sortie de mes sentes littéraires habituelles, pour essayer autre chose. Et je vous recommande aussi d’essayer, ce fut une belle surprise et une lecture très agréable. Les héros sont des adolescents qui ont grandi trop vite au milieu d’événements dramatiques. Il en résulte un mélange de naïveté et de maturité bien amenés. Je me suis modérément attachée au personnage d’Hanneke toutefois, qui était dans l’action mais aussi beaucoup dans ses états d’âme, même finement décrits. Reste que l’intrigue est très bien construite, on se laisse entraîner dans Amsterdam à la suite d’Hanneke, et les rebondissements, les moments de forte tension, les retournements de situation mais aussi les moments d’introspection, les menues tâches du quotidien occupé, font qu’on tourne les pages sans s’arrêter avant la fin, qu’on ne devine pas !

C’est que le livre joue beaucoup sur les vérités et mensonges, les faux-semblants, la dissimulation, mais aussi l’amitié et la solidarité. Derrière ce mystère et sous cette histoire de trahisons et d’entraide comme il y en a eu tant, on découvre l’Histoire, une ville et un quotidien dans une période extra-ordinaire. A lire et à offrir !

Cette critique a été écrite dans le cadre du Prix des Chroniqueurs Web, catégorie Livres Jeunesse.

justine3Une fille au manteau bleu, par Monica Hesse. Gallimard Jeunesse, 2016.

Dans la forêt

Une critique du bestseller de Jean Hegland, et quelques suggestions de lectures sur le thème de la forêt et des arbres : un article spécial des mécaniques imaginaires.

Dans la foret_JHegland

Alors que Jean Hegland était cette semaine en Gironde, dans le cadre du Festival Lettres du Monde, voici moment venu, chers lecteurs, de parler sapins, gibier et champignons.

Dans la forêt : critique de derrière les fagots

Le « nature writing« , littéralement « écrits sur la nature », est un genre développé aux Etats-Unis depuis Thoreau et son Walden, chef-d’oeuvre de méditation écologique qui survole les siècles. En ce début du XXIe siècle où les angoisses environnementales enflent, et où la réflexion écologique connaît un regain d’intérêt, le nature writing montre un dynamisme de bon aloi dans le milieu littéraire. Le retour à la terre, la redécouverte de l’environnement, la généralisation parfois abusive des préfixes « éco- » et « bio-« … les hommes s’intéressent à nouveau, par contre-coup peut-être, à la nature, pour connaître, comprendre, vivre, imaginer « écologique ».

Dans le genre de la science-fiction, et particulièrement de l’anticipation, les dystopies écologiques font aussi recette. Dans la forêt est donc dans l’air du temps, même s’il a été écrit il y a plus de vingt ans, alors que Jean Hegland était une jeune auteure, signant là son premier roman. Ce fut un grand succès aux Etats-Unis. Il a été traduit seulement cette année en France chez Gallmeister, une maison d’édition avisée spécialisée dans la littérature américaine, qui laisse une place de choix aux romans de la nature. Je trouve que le timing pour cette traduction est bon : je l’ai moi-même lu parce que le thème m’intéressait.

Dans la forêt est un carnet de survie, écrit par Nell, dix-sept ans. Elle écrit sa vie, et celle de sa soeur Eva, son aînée d’un an, au coeur de la forêt. Elle raconte l’avant, les parents et les expéditions dans la petite ville voisine à une heure et demi de route, la vie d’une adolescente en marge et brillante, les premiers émois ; le pendant, la lente dégradation de la qualité de vie, les coupures d’électricité, la pénurie d’essence, l’arrêt des télécommunications, et les indices de la déshérance dans laquelle est tombée l’Amérique. Elle raconte tout cela dans l’après, où livrées à elles-mêmes, dans la forêt, Nell et sa soeur doivent mobiliser leur courage, leur intelligence, leur volonté pour ne pas sombrer dans le désespoir, et apprendre à survivre, à vivre autrement dans la forêt.

A la fois roman d’apprentissage, éveil écologique et roman de survie, Dans la forêt est au croisement du roman d’adolescent, de la dystopie et du journal intime. La catastrophe se lit entre les lignes, mais le récit reste intime et centré sur la vie des deux soeurs, leur cellule familiale et leur quotidien. Ici le post-apocalyptique est discret, et tout à fait réaliste. Les allers et retours avec la passé donnent du relief au récit, du rythme également, même si j’ai trouvé la première moitié du roman assez lente, dans un état d’attente qui reflète la situation.

Mais à partir du moment où des éléments extérieurs, positifs ou dramatiques viennent troubler le quotidien pénible et monotone des deux soeurs, le récit démarre et la transformation s’amorce. La forêt, jusque là décor vaguement menaçant, gagne en présence. Nell et Eva, peu à peu, découvrent pour la première fois et s’approprient l’environnement dans lequel elles vivaient pourtant depuis leur naissance. C’est cette prise de conscience, sensible et progressive qui constitue pour moi l’intérêt principal du récit, que je recommande à ceux qui aiment les lectures d’ambiance. J’ai pour ma part un rapport contrasté à ce livre, que j’ai bien aimé malgré ses longueurs : j’y pense encore, parfois, quelques semaines après avoir achevé sa lecture.

Lectures éclectiques pour passer du temps avec ou dans les arbres

Que ce soit en fiction ou non fiction, romans jeunesse ou pour adultes, documentaires, guides ou témoignages, les arbres jouent un rôle de plus en plus important dans nos vies et dans nos lectures. Les scientifiques ont fait de grandes découvertes ces dernières années : les arbres communiquent entre eux, s’entraident, développent des formes d’intelligence. On essaie de mieux comprendre comment ils fonctionnent : le documentaire L’intelligence des arbres, sorti cet automne, traduit pour le grand public les hypothèses tirées de ces recherches. Il y a un côté merveilleux à ces découvertes, qui font écho aux vieilles histoires d’arbres, qui parlent ou protègent. Des peuples animistes prêtaient déjà une âme aux arbres : à partir de là, tout est possible.

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Voici une sélection, non exhaustive, d’ouvrages sur ce thème, de quoi vous donner des idées de lecture (ou de cadeaux, comme les fêtes approchent) !

L’arbre généreux, un album émouvant pour les petits (à partir de 5 ans).

L’avis de notre chroniqueuse Sophie : « très émouvant, un peu trop d’ailleurs pour mon petit coeur ! »

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Résumé : métaphore de l’existence par les simples figures de l’arbre et de l’homme, L’Arbre généreux est « l’histoire d’un arbre qui aimait un petit garçon ». Le petit garçon devient jeune homme, le jeune homme un adulte, l’adulte un vieillard. A chaque étape de son existence, l’homme trouve auprès de l’arbre le réconfort nécessaire lui permettant de poursuivre sa quête sur le chemin de la vie. Un très beau conte d’essence philosophique pour tous les publics.

L’arbre généreux, écrit et illustré par Shel Silverstein. L’Ecole des Loisirs, 1982.

 

Tobie Lolness, héros miniature du peuple de l’arbre, devenu un classique de la littérature jeunesse (à partir de 9 ans).

Tobie Lolness

Résumé : Tobie et sa famille appartiennent au peuple de l’arbre qui réside dans un vénérable chêne, ruche de vie. Le jeune héros mesure quelques millimètres, ce qui lui rend la vie bien difficile. Le père de Tobie, grand savant, refuse de révéler sa dernière découverte scientifique qui pourrait bouleverser non seulement leur vie à tous mais aussi les projets de certains membres du Grand Conseil… Ce refus va entraîner la famille de Tobie dans la déchéance. Emprisonné, le jeune héros va se retrouver propulsé seul dans de terribles aventures…

Tobie Lolness, par Timothée de Fombelle. Gallimard Jeunesse, 2006.

 

♦ L’homme et le bois, beaucoup plus qu’un documentaire sur l’art et la manière de couper du bois.

Recommandation de Mariette, amie des mécaniques imaginaires : « Je l’ai offert à mon mari : il a adoré et rêve depuis de passer son temps à bûcheronner« .

l'homme et le bois

Résumé : Quel est LE secret de ce livre qui connaît un succès éditorial sans frontières ? Vous adorez les balades en forêt, vous habitez un petit appartement citadin dépourvu de cheminée, ou bien vous avez un poêle et faites chaque année votre bois pour l’hiver, et vous piétinez d’impatience à l’idée de faire vrombir votre tronçonneuse : Ouvrez ce livre ! Ce manuel ne quittera bientôt plus votre poche. Le bois, matière noble et ancestrale, au coeur des questions écologiques et environnementales, vous fera rêver et voyager. Henry David Thoreau écrit : « Chaque homme regarde sa pile de bois avec une sorte d’affection« . Seul un bûcheron zélé et talentueux romancier côtoyant les forêts les plus septentrionales d’Europe pouvait nous faire goûter ainsi la magie et les secrets du bois.

L’homme et le bois, par Lars Mytting. Gaïa Editions, 2016.

 

♦ Comment pensent les forêts, un livre d’anthropologie de la nature ambitieux, pour aller au-delà de l’humain.

comment pensent les forêtsRésumé : Les forêts pensent-elles ? Les chiens rêvent-ils ? Dans ce livre important, Eduardo Kohn s’en prend aux fondements même de l’anthropologie en questionnant nos conceptions de ce que cela signifie d’être humain, et distinct de toute autre forme de vie. S’appuyant sur quatre ans de recherche ethnographique auprès des Runa du Haut Amazone équatorien, Comment pensent les forêts explore la manière dont les Amazoniens intéragissent avec les diverses créatures qui peuplent l’un des écosystèmes les plus complexes du monde. Dans ce travail révolutionnaire, Eduardo Kohn entraîne l’anthropologie sur des chemins nouveaux et stimulants, qui laissent espérer de nouvelles manières de penser le monde.

Comment pensent les forêts. Vers une anthropologie au-delà de l’humain, par Eduardo Kohn. Editions Zones Sensibles, 2017.

 

Retrouvez également plusieurs recommandations botaniques dans l’article des mécaniques imaginaires consacré au Dictionnaire visuel des arbres et arbustes communs de Maurice Reille.

Sur les tables des libraires : quelques livres sur l’esclavage en Amérique

Ma dernière critique portait sur le bestseller de Colson Whitehead, Underground Railroad. Le thème de l’esclavage nord-américain au 19e siècle inspire nombre d’auteurs contemporains, tant ce pan de l’histoire américaine et mondiale est encore douloureux, sensible, et actuel.

Alors que je lisais ce roman, j’ai repéré d’autres lectures proposées par mes libraires préférés sur le même thème : la fuite d’esclaves aux Etats-Unis. Voici deux titres vus sur leurs tables, qui vont rejoindre ma Pile A Lire !

♥ La librairie Saint-Martin à Bazas ♥

recommande un livre pour la jeunesse, qui « mériterait aussi un prix » :

Esclavage_Marche à l'étoileMarche à l’étoile, par Hélène Montarde, aux éditions Rageot (2017). A partir de 12 ans.

Résumé : Billy a quinze ans et il est esclave dans le Sud des Etats-Unis. Un soir d’automne, il s’échappe. Poursuivi, traqué, il entame une course folle au coeur d’un pays gigantesque. Jasper est un brillant étudiant américain, plutôt sûr de lui. Mais le jour où il trouve un vieux carnet qui raconte l’étrange histoire d’un esclave en fuite, son monde bascule. Qui est l’auteur de ce texte ? Et lui, Jasper, qui est-il vraiment ? Pour le découvrir, il doit à son tour prendre la route. Entre le passé et le présent, entre l’Amérique et l’Europe, deux voyages s’engagent.

 

♥ La librairie Ombres Blanches à Toulouse ♥

recommande un roman pour le moins truculent, National Book Award 2013 :

couv rivireL’oiseau du bon Dieu, par James McBride, aux éditions Gallmeister (trad. 2015).

Résumé : En 1856, Henry Shackleford, douze ans, traîne avec insouciance sa condition de jeune esclave noir. Jusqu’à ce que le légendaire abolitionniste John Brown débarque en ville avec sa bande de renégats. Henry se retrouve alors libéré malgré lui et embarqué à la suite de ce chef illuminé qui le prend pour une fille. Affublé d’une robe et d’un bonnet, le jeune garçon sera brinquebalé des forêts où campent les révoltés aux salons des philanthropes en passant par les bordels de l’Ouest, traversant quelques-unes des plus heures les plus marquantes du XIXe siècle américain. Dans cette épopée romanesque inventive et désopilante, James McBride revisite avec un humour féroce et une verve truculente l’histoire de son pays et de l’un de ses héros les plus méconnus.

 

 

Lady Helen

Entre romance à la Jane Austen et Fantasy Noire.

Note : 5/5.

 

Je finissais justement ma correspondance à Lady Helen, quand je me suis dit que je pouvais vous faire une petite critique de ce roman coup de coeur !

Ma chère Lady Helen Wrexhall !

Comme il m’a été difficile de refermer le tome 2 de vos aventures, après 1148 pages en votre charmante et tonique compagnie, le petit doigt en l’air en tenant ma tasse de thé, et l’autre main sur mon couteau en verre caché sous mon ample jupon…

Qu’il a été délicieux de faire votre connaissance, très chère, vous, fille de Lady Catherine, comtesse de Hayden, dont on chuchote dans les cercles très privés qu’elle était atteinte de folie, et que sa mort tragique lui a évité de bien pires ennuis…., jetant ainsi sur votre douce personne un soupçon d’opprobre au relent délicat de scandale…

Recueillie par votre oncle, vous vous apprêtiez en cette année 1812, à Londres, à faire votre entrée dans le monde, en vous présentant à la cour devant la reine, dans le respect total et absolu de l’étiquette,

Ah oui, chère Lady, pour une entrée, elle fut fracassante !!!

Car cette aristocratie pudibonde cache en fait de sombres desseins, entre disparition, meurtres, tendances licencieuses, vous avez fort à faire, Lady Helen, vous qui êtes dotée d’étranges pouvoirs dont le Club des mauvais joueurs voudrait faire usage… Votre rencontre avec Lord Carlston, un homme à la réputation sulfureuse, va marquer la fin de votre vie superficielle et insouciante, pour vous plonger dans les pires ténèbres…

J’ai plus que hâte de vous revoir dans le tome 3.

Votre tendre amie,

Fanny

Vous l’avez compris, quand on se met à écrire à l’héroïne d’un roman, c’est que vraiment on est déjà bien atteint !

Atteinte, oui, par le style de l’auteure, nous plongeant dans ces années de Régence en Angleterre, où chaque petit détail sonne tellement juste ( l’auteure s’est beaucoup documentée pour écrire ce roman, sur la politique, la mode, la météo, les faits divers de l’époque… ), et la reconstitution nous permet de nous projeter facilement dans ce monde so british.

Atteinte, également, par l’héroïne, dont la mesure, l’intelligence, la délicatesse, la noblesse nous font l’aimer immédiatement et sans condition, bref nous sommes toutes des Lady Helen ! Son personnage évolue au cours de ces deux tomes, en maturité, en prestance, en assurance, elle se rend compte que de soumise, elle doit devenir leader, et cette prise de conscience est délicieuse à suivre, jusqu’à la scène finale du tome 2, où on lui tire notre chapeau : respect ! (nous, on se serait jeté sur le jeune homme en question sans réfléchir, mais pas elle ! non, non, un peu de tenue, bon sens !).

Atteinte, encore, par la palette de personnages principaux et secondaires, et une palme d’or spéciale au « boulet » de l’année, extraordinaire dans son rôle de pot de colle empêcheur de tourner en rond ! j’ai cité le duc de Selburn. Lord Carlston, lui, est d’un autre style, très mystérieux (et il entend le rester…).

Atteinte donc en plein coeur pour ces deux tomes à classer pour moi dans le registre « fantasy féministe », GRL PWR !

fannyLady Helen, Le club des mauvais jours (t.1) et Le pacte des mauvais jours (t.2) par Alison Goodman. Gallimard Jeunesse, 2016-2017.

La guerre des Clans

Critique de Margaux, 9 ans.

Note : 5/5.

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La guerre des Clans est un roman envoûtant, plein de suspens. Les chats de cette histoire ont beaucoup de courage pour pouvoir affronter les dangers qui les guettent. Le Clan de l’Ombre attaque et menace le Clan du Tonnerre. Le Clan résistera-t-il ?

Quand on commence, on ne s’arrête plus.

margauxLa guerre des Clans : retour à l’état sauvage, tome 1, par Erin Hunter. Pocket Jeunesse, 2007. Roman pour enfants de 9 à 12 ans.

Saute

LE livre pour jouer avec les tout-petits

Note : 5/5

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Presque-panne de lecture cet été : j’ai relu quelques bouquins, beaucoup de BD de mon enfance chez ma mère, découvert 1 ou 2 livres qui ne m’ont pas assez plu pour être notés ici. Je me morigénais intérieurement : vacances d’été, et tu n’as pas lu Proust ? Pas fait de découverte ? Pas essayé un des livres des Mécaniques imaginaires ? C’est fin août, en vidant mes 2 sacs de livres pour enfants sur le comptoir de la médiathèque de mon village, que je me suis rendue compte que si, j’avais lu plein de nouveaux livres, des tonnes de nouveaux livres, dont plusieurs méritaient largement un 5/5. Bon, ma fille a 1 an et 1/2, donc certains de ses choix ne vont vous plaire, mais parmi toutes ses lectures se trouvent quelques bijoux qui lui plaisent autant qu’à nous, et que je serais ravie de vous faire découvrir. Une idée pour vos futurs cadeaux de naissance ?

La star incontestée de ces lectures : Saute, de Tatsuhide Matsuoka. Sur l’idée du photographe Philippe Halsman, qui photographiait des célébrités en train de sauter en l’air. Ici, ce sont des animaux qui sautent : sur une page, ils prennent leur élan. La suivante, ils sauuuttent ! Et deviennent tout à fait rigolos. Les dessins sont géniaux, avec une touche d’exotisme qui perturbe un peu nos habitudes visuelles. Il y a même du suspens : l’escargot parviendra-t-il à sauter ?? Il faudrait nous filmer quand on lui lit : on fait sauter le livre, on saute aussi, ma fille s’éclate… Seul reproche : c’est trop court !

Heureusement, Tatsuhide Matsuoka a poursuivi l’exercice avec Roule, dont vous avez tout de suite compris le principe.

roule-tatsuhide-matsuoka

J’adore l’écureuil qui est très beau (bien roulé ??!) ; j’ai découvert qu’un cloporte savait très bien rouler ! Et dans les dernières pages, Matsuoka a la bonne idée de faire rouler un bébé et son doudou… ce que nous nous empressons de faire à chaque fois.

De la lecture plaisir, quoi ! De la lecture-action !

Saute et Roule, par Tatsuhide Matsuoka. L’école des loisirs, 2014 et 2016.alice