Déracinée

 » Notre Dragon ne mange pas les filles qu’il emporte »

Note : 3/5.

Dércinée_avril 2017

Cette phrase est celle figurant en haut du 4ème de couverture, vous pensez bien qu’elle m’a fortement intriguée… S’il ne les mange pas, qu’en fait-il donc ???

Le libraire de nos vacances m’a tout de suite conseillé ce livre, me voyant errer comme une âme en peine dans le rayon heroïc fantasy (en pénitence plutôt, j’essayais d’éviter le rayon ado juste à côté).

« Déracinée » m’a sauté aux yeux avec sa très jolie couverture.

Ma soeur me dit toujours : un titre avec un seul mot (genre, au hasard, un adjectif au féminin), c’est toujours suspect (sous-entendre, c’est encore un livre cul cul pour ados), donc j’ai hésité, de peur de retomber dans mes travers.

« Il faut aimer la magie, la vraie magie », m’a dit le gentil libraire en guise d’avertissement. « Oh, ça tombe bien, je n’aime que ça », lui ai-je répondu !

« Ce livre a reçu plein de prix », a-t-il ajouté doctement. « Oh, il doit être bon, alors ! » (bon, j’ai lu les intitulés des prix, je n’en connaissais aucun : ça vous dit, vous ? : les prix Nebula, Locus, British Fantasy ? et finaliste du prix Hugo).

Et puis, je voulais savoir ce que faisait le Dragon des jeunes filles…

Donc, c’est un livre de magie, de la magie de contes pour enfants qui font peur. Tous les noms de personnages et de lieux sont de consonance polonaise, on rencontre même Baba Yaga.

Vous avez tous les ingrédients : une paysanne, un sorcier brutal et sans coeur (bon, il a plus de 100 ans d’âge, mais il ressemble à un jeune homme de 20 ans), un royaume à sauver d’une force maléfique vivant dans le Bois.

Le Dragon (sorcier, seigneur et protecteur de la magie funeste du Bois) quitte sa Tour tous les 10 ans pour venir chercher dans la Vallée une jeune fille de 17 ans, qu’il relâchera ensuite. Mais qu’en fait-il donc durant ce temps ? Que toutes celles qui pensent à des propositions malhonnêtes oublient immédiatement, le Dragon est aussi romantique qu’un bout de bois ! Non, seule sa magie lui importe, et ces jeunes filles endossent un rôle bien particulier qui nous est dévoilé au fil des pages.

J’ai beaucoup apprécié Agnieszka, l’héroïne. Elle est du genre « nature », elle est toujours pleine de taches, les vêtements sales et déchirés, n’en a rien à faire de son apparence, bref ne se la joue pas du tout princesse (qu’elle n’est pas d’ailleurs). Elle est originale, ne rentre pas dans les cases, et refuse les carcans, tout en restant humble.

C’est un joli conte fantastique, assez classique dans son thème, bien écrit et agréable à lire. « Un livre enchanteur », selon Robin Hobb.

fannyDéracinée, par Naomi Novik, éditions Pygmalion ( 2017).

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Rose

Un roman plein de magie, à lire seul ou avec ses parents (critique écrite par Margaux, 9 ans).

Note : 5/5

Rose_février 2016

Une petite orpheline de 10 ans découvre un jour qu’elle possède des pouvoirs magiques. Elle quitte donc son orphelinat suivre les cours de magie enseignés par M. Fountain, le maître de maison. Et c’est ainsi que Rose vécut presque toutes ces aventures exceptionnelles (dans les 4 tomes).

Le roman de Rose était plein de magie et d’aventures. J’ai adoré quand Rose, Monsieur Fountain et quelques-uns de ses amis sont partis à Venise. J’ai adoré le dernier tome, car c’était dangereux mais important, émouvant aussi.

Les 4 tomes sont :

la maison du magicien

la princesse disparue

le masque vénitien

le fantôme du miroir

 

margauxSérie « Rose », de Holly WEBB. T. 1 La maison du magicien, T. 2 La princesse disparue, T. 3 Le masque vénitien, T. 4 Le fantôme des miroirs. Flammarion.

La passe-miroir

Une série originale à l’atmosphère magique.

Note : 5/5

la-passe-miroir,-livre-1---les-fiances-de-l-hiver-282811-TUTO

L’histoire de ma lecture commence par un bel après-midi de novembre dans la plus grande librairie de Bordeaux. Justine et moi sommes plantées au milieu du rayon Adolescents : moi, l’air avide et alerte à la recherche DU livre qui me fera passer quelques nuits blanches (eh oui, je suis en phase de littérature régressive, crise d’ado à retardement oblige), Justine, elle, en retrait, l’air sceptique face à tous ces bouquins pour boutonneux. La Vendeuse a dû repérer mon air gourmand et n’hésite pas une seconde à me désigner LE livre jeunesse de l’année : la série de la Passe-Miroir, dont le tome 2 (les Disparus du Clair de Lune) vient de paraître.

Après m’en avoir fait l’article de façon très sympathique, elle achève de me persuader en m’indiquant que sa collègue a fini le tome 2 à 3 heures du matin tellement elle ne pouvait plus lâcher le livre. Conquise, je ressors avec le tome 1 sous le bras.

La Vendeuse avait raison : dès qu’on commence, on ne peut plus s’arrêter, tant l’ambiance qui se dégage de ces deux premiers livres (il y a 4 tomes prévus) vous enveloppe comme dans un cocon, une brume de magie et d’originalité ; on vibre dans l’univers très personnel de l’Auteur, dans le monde imaginaire qu’elle s’est créé (et dans lequel elle vit dans la vraie vie selon la Vendeuse).

Nous voici avec une héroïne un peu à l’ancienne, joliment poussiéreuse comme les objets du Musée dont elle est le gardien, toute de grise vêtue, une écharpe qui gesticule, maladroite… Elle qui vit sur une arche très familiale et chaleureuse, se retrouve fiancée à un personnage taciturne et rustre d’une arche alliée, en prévision d’un mariage de convenance (dont le sens échappe à Ophélie…). Son talent de liseuse (elle « lit » l’histoire des objets rien qu’en les touchant) va la mener au coeur du pouvoir, des complots dont elle semble être un rouage, de rencontres délicieusement coquines ou cruelles (j’ai un coup de coeur pour l’intriguant dont le seul but dans la vie semble être de vouloir déflorer les fiancées des autres… avant eux bien évidemment !). L’écriture reste fine, pudique, précise (que mon précédent commentaire ne vous égare pas, cela reste bien une oeuvre pour ados…), et vous transporte à la citadelle d’un mot seulement…

Pour se mettre en bouche ou poursuivre sa lecture, le site internet de la série est à découvrir : http://www.passe-miroir.com/

Et pour le plaisir, un extrait du tome 1 (qui figure sur le site), échange entre Ophélie et Thorn, son fiancé :

– Je ne saisis pas lequel de mes avertissements vous a échappé.

– Vos avertissements, ce n’étaient que des mots pour moi. J’ai besoin de voir votre monde de mes yeux.

Ophélie s’était levée de sa chaise pour essayer de lui parler en face, mais c’était impossible avec ce cou coincé devant un homme aussi grand. Elle avait à présent une vue imprenable sur la montre à gousset de Thorn, dont la chaîne pendait à l’uniforme.

– Avec la complicité de qui êtes-vous sortie ?

– De votre porte arrière. Je l’ai apprivoisée.

fannySérie « La passe-miroir », de Christelle Dabos. T. 1 Les fiancés de l’hiver, T. 2 Les disparus du Clairdelune. Gallimard Jeunesse, 2013-2015.