Notre bilan du Prix littéraire des chroniqueurs web

Mesdames et messieurs les lecteurs, l’heure est au bilan.

2017Vous avez vu passer, ces deux derniers mois, plusieurs chroniques d’ouvrages lus pour ce prix. Les mécaniques imaginaires, c’est avant tout un blog amical et familial, une manière pour nous les chroniqueuses qui habitons trois des quatre coins de la France, de ne pas perdre contact, de continuer à partager et échanger sur nos lectures et nos coups de coeur, en en faisant profiter le plus grand nombre.

Reste que nous sommes aussi inscrites dans un paysage bien marqué, celui des blogs littéraires, une communauté de librovores qui parlent avec le coeur, des ouvrages lus dans l’intimité de leur canapé ou de leur lit. Communauté bien dynamique, qui a réussi à multiplier les entrées et conseils : booktubes, wishlists, PAL, interviews, participation à des défis collectifs, à des prix.

Nous avons voulu, nous aussi, faire œuvre collective et apporter notre regard aux livres proposés à la sélection du Prix littéraire des chroniqueurs web.

Nous avons concouru dans deux domaines : Livres Jeunesse (deux livres lus) et Romans en livre de poche (toute la sélection a été lue!).

prix-jeunesse

Pour la sélection Jeunesse, nous avons voté pour le roman suivant :

Une fille au manteau bleu

Une fille au manteau bleu« Roman historique pour adolescents, sur les pas d’une jeune fille qui enquête sur la disparition d’une Juive dans l’Amsterdam occupée d’Anne Franck. Un livre très bien écrit et construit, avec des personnages tout en contrastes et subtilités, une histoire à rebondissements et faux-semblants : ça nous a changé des dystopies fantastiques assez simplistes. Ce n’est pas vraiment un coup de coeur, mais c’est ce qu’on a lu de mieux dans la catégorie, sans doute aurait-il fallu lire plus de livres de la sélection pour faire un choix complètement motivé ».

 

 

*****************

prix-poche

Pour la sélection Poche, le choix a été fait en pleine connaissance de cause : notre chroniqueuse Alice a pratiquement fait le grand chelem et lu toute la sélection (chapeau, parce que pas évident avec une vie déjà bien remplie !) :

Et le gagnant est… Camille, mon envolée.

9782253068747-001-T« Premier roman, roman court, roman coup de poing, c’est un livre très fort qui ne peut pas laisser indifférent, tout en ne cherchant pas à impressionner, à faire comprendre, à faire ressentir, à imposer quelque chose. C’est le récit (vrai) par une mère des 4 derniers jours de sa fille, Camille, qui meurt à 16 ans de maladie. C’est surtout le récit de la force de vie de ces deux femmes, Camille et de sa mère, et de l’intensité d’une existence.

J’ai longuement hésité avec Les infâmes, qui m’a beaucoup plu également, mais je me suis rendue compte que ma chronique de Camille, mon envolée avait fait beaucoup plus de vagues que toutes les autres que j’ai pu écrire sur ce blog. Elle a suscité la découverte de ce roman par plusieurs personnes (et un achat pour la médiathèque de mon village par la bibliothécaire, que je salue au passage !) qui ont, à leur tour, eu un gros coup de coeur pour ce livre. C’est la preuve que ce texte pudique est unique et mérite d’être connu« .

Ces romans étaient parfois bien loin des thèmes et genres auxquels nous vous avions habitués. Il est probable que nous n’aurions pas opéré les mêmes choix de sélection dans les différentes catégories. Mais ce fut une bonne expérience, car elle nous a entraînées hors de nos sentes littéraires habituelles, celles dont on sait déjà qu’elles nous contenteront quoi qu’il arrive. Moins habituées à ces types d’ouvrages, nous avons sans doute réagi à leur lecture de manière plus spontanée, moins marquée par la sédimentation que toute lecture dans un genre bien connu suscite. Nous espérons que cela vous aura à vous aussi ouvert d’autres horizons de lectures !

Publicités

Je me suis tue

Une femme, des secrets, la prison, le silence, le procès. Chronique d’une tragédie annoncée, bien huilée mais manquant de puissance.

Note : 2,5/5.

CVT_Je-me-suis-tue_2054

Cette critique a été écrite dans le cadre du Prix littéraire des chroniqueurs web.

Voilà un livre que je n’aurais pas saisi spontanément sur l’étagère d’une bibliothèque : couverture façon « Lissac opticiens », des tons froids, un résumé laconique que voici, l’angoisse quoi.

Résumé : Du fond de sa cellule de la maison d’arrêt des femmes à Fresnes, Claire nous livre l’enchaînement des faits qui l’ont conduite en prison : l’histoire d’une femme victime d’un crime odieux. Elle a choisi de porter seule ce fardeau. Les conséquences de cette décision vont se révéler dramatiques. Enfermée dans sa solitude, Claire va commettre l’irréparable. Le mutisme sera sa seule ligne de défense, et personne, ni son mari, ni ses proches, ni la justice ne saisira ses motivations.

Pourtant j’ai péché ce livre dans la sélection Livres de poche du Prix littéraire des chroniqueurs web. Parce que de manière confuse, le secret m’attire, le théâtre social qui doit se dérouler autour de cette femme mutique aussi. Parce que l’histoire se passe en prison et que la prison, dans mon esprit, peut être un puissant vecteur de romanesque.

En plus le livre, au goût du jour, est petit, rapide à lire : si ça ne me plaît pas, au moins ne serai-je pas enchaînée à l’histoire des jours durant. J’étais curieuse enfin de la « performance » d’écriture induite par ce livre : un écrivain homme entre dans la tête d’une femme active arrivée à la quarantaine, dont on découvre rapidement qu’elle est en mal d’enfant. C’est le premier roman de Mathieu Ménégaux, très bien accueilli par la critique et le public.

Ce que j’avais pressenti arriva. J’ai lu le roman très vite, et n’ai pas eu le temps de m’ennuyer ou d’être tentée de le laisser de côté. Mais je suis restée assez extérieure, peu touchée par le destin de cette femme ordinaire, à qui il arrive des événements extraordinaires et semble-t-il hors de son contrôle. L’exercice psychologique est réussi, l’auteur a dû bien se renseigner sur les traumatismes subis par ce qui arrive à Claire, l’héroïne, et les conséquences dans son comportement, ses réactions et celles de son entourage. Seules les motivations de son acte me semblent amenées de manière un peu évasive, maladroite, alors que tout se noue dans cet acte qui intervient à mi-chemin de son histoire et la fait basculer définitivement.

Le livre est une longue lettre de confession écrite par Claire depuis sa prison. Une facture classique, et l’unité de cette voix nous emmène vers un huis-clos, un récit ramassé et poignant. On est dans la tête de Claire, qui tente de raconter le fil des événements qui l’ont conduite là. En somme, la femme qui se tait parle, et on a la primeur de son récit, on voit les choses de son point de vue. On comprend ce que les autres ne peuvent deviner, ce qui devrait nous rapprocher d’elle, éveiller notre empathie. Le pacte qu’elle noue avec le lecteur est donc lui aussi classique : elle va tenter une introspection, la plus objective possible. Mais la culpabilité, la peur, l’impuissance prennent parfois le dessus. L’auteur et à travers lui la narratrice essaient de rester sobre, de ne pas verser dans le pathos. Difficile tant cette histoire est chargée, triste et moche.

Pas une once d’humour ou d’espoir dans ce récit, la mécanique des faits, les conséquences de ses actes qui dépassent Claire sont implacables, avec un twist intime final assez spectaculaire. On devine rapidement et facilement ce qui va se passer (à part la fin pour ma part, mais bon je suis nulle pour deviner la fin en règle générale !), mais au fond cela impacte peu la lecture.

C’est qu’on est en plein schéma de tragédie classique : le héros qui subit des événements irrésistibles, déclenchant la pitié du lecteur horrifié, une réflexion sur la nature humaine, des crimes, peu de personnages, un héros victime passive trompée par le sort. L’auteur a même poussé le modèle en introduisant un ersatz de choeur (qui ponctue les tragédies grecques) bien trouvé : Claire pense à des paroles ou des titres de chansons en écrivant, et les introduit au fil de son récit. Le détour par des paroles chantées par d’autres l’aide à rendre compte de son état intérieur inintelligible sinon.

Malgré ce mélange classique et inventif, ce dispositif romanesque qui a plus d’une fois fait ses preuves, je suis restée de marbre devant cette histoire. Je suis en partie en cause et il est bien possible que vous ressentiez tout à fait différemment cette lecture. C’est qu’il m’était impossible de m’identifier à Claire, aussi éloignée que possible des personnalités qui me touchent : la quarantaine, DRH, un compagnon depuis de nombreuses années, une vie sociale normale à la parisienne, de l’ennui et une grosse envie d’enfants. Une femme banale, un environnement qui n’invite pas à l’imagination, à la fantaisie. Il est probable que le contraste est voulu. Une vie lambda touchée par un drame initial, la décision de se taire, qui déclenche la lente descente de Claire, montrant que n’importe qui peut faire des choses horribles, poussé par les circonstances et un choc émotionnel mal digéré.

C’est l’empathie du lecteur qui l’emporte ou non avec ce livre, et comme je ne me suis pas identifiée à Claire et à son histoire, il est difficile pour moi d’en faire une critique positive, malgré toutes les qualités que j’y vois. Du coup tout avait un goût de trop peu : l’héroïne trop passive, des personnages secondaires peu sympathiques, un désespoir fade, un style et une voix trop plats, un fait divers, un drame bourgeois plutôt qu’une tragédie classique. La prison et ses effets ne sont quasiment pas exploités, à ma grande déception. Le tout manque de relief, de panache, l’auteur garde la banalité des vies de ses personnages jusque dans son style. Essayez quand même, parce que si vous arrivez à vous lier à Claire, ça vous donnera une lecture poignante et sensible et vous fera réfléchir sur tout ce qu’on ne maîtrise pas dans la vie.

justine3Je me suis tue, par Mathieu Ménégaux. Editions Points, 2017.

Les infâmes

Une galerie de personnages tous plus rétamés les uns que les autres, une ambiance à couper au couteau, un passé louche, une secte, des tatouages, de l’alcool… Bienvenue au fin fond des États-Unis pour un épatant roman noir !

Note : 4,5/5

CVT_Les-Infames_3350

Cette chronique est écrite dans le cadre du Prix littéraire des Chroniqueurs web, catégorie Livres de Poche, sous-catégorie (que j’invente) : thriller/black is back (2).

Ahhh, le voici, le roman que j’attendais en participant au prix des chroniqueurs web : celui qui vous dépoussière son lecteur, qui l’attrape par la manche en lui promettant que ça va secouer. Un tour de rodéo ? Une plongée dans la « vraie » Amérique bien glauque qui boit, qui rote, qui tue… Ambiance bien lourde version True detective (première saison).

Freedom Oliver travaille dans un bar minable d’une mini-ville de l’Oregon, où elle se planque depuis une vingtaine d’années : elle est témoin assisté, bénéficiant du programme de protection du FBI. Elle a changé de nom et de vie depuis que son mari, policier, a été tué dans des circonstances très louches. Si elle a été définitivement acquittée de ce meurtre, les gorilles du FBI et sa belle famille restent persuadés que c’est elle qui a appuyé sur la gâchette… En particulier Matthew, l’un des frères de feu son mari, qui a été accusé du meurtre et a écopé de la peine de prison. Or, au début du roman, Matthew sort de prison et n’a qu’une idée : la retrouver, la tuer.

Freedom n’a pas perdu que son identité dans l’affaire : ses deux enfants lui ont été enlevés et adoptés par un pasteur et sa femme. Freedom les suit de loin, via le site web de ce pasteur qui vire très radical et franchement sectaire… et écrit à ses enfants des lettres qu’elle ne leur envoie pas. Or, au début du roman, sa fille Rebekah disparaît, enlevée alors qu’elle venait de quitter la communauté.

Freedom sait que quitter sa couverture pour chercher sa fille est suicidaire, parce qu’elle a maintenant les fous dingues de sa belle-famille à ses trousses. Mais Freedom a déjà un fond suicidaire de toute façon, et elle est prête à tout pour sa fille.

Freedom est un formidable personnage. Elle nous apparaît d’abord comme une « dure », une brute : alcoolique, forte, très tatouée, violente, menée par ses pulsions… On découvre peu à peu ses nuances, son humour, son aveuglement, on apprend même au fur et à mesure qu’elle est très belle ! Et, dans une première vie, plutôt douée et très intelligente. Elle devient très attachante, très brutale mais sur un mode jouissif pour le lecteur, irrécupérable mais aussi un peu naïve. Et très courageuse.

Le pilier de ce roman, ce sont ses personnages. Une belle galerie de gens louches, barjos, l’une plus qu’obèse (et bête et méchante), certains complètements bêtes (et méchants et armés !), l’un est une sorte d’ange d’innocence, l’autre un monstre égocentrique… Des motards fana de hard rock, des ripoux, des skin heads, une vieille dame qui a n’a plus toute sa tête et qui manque régulièrement de carboniser son immeuble, des religieux fanatiques, des ratés, des moins ratés, des sales types, un bon flic.

Tout cela pourrait faire beaucoup, et faire cliché, mais le rythme de l’intrigue est enlevé et la narration est efficacement mise au service des personnages. Le roman est noir, mais pas du tout déprimant, il est sauvé par la quête de Freedom et la vraie profondeur du personnage. En toile de fond, résonnant plus sombrement que le reste, comme une note plus grave dans la mélodie : le viol et ses conséquences dévastatrices.

Un roman noir et enjoué à la fois, road-trip entre deux nulle-part américains, qui m’a bien convaincue.

Les infâmes, de Jax Miller. Ombres noires, 2015.alice

Enregistrer

Alors vous ne serez plus jamais triste

Un médecin est décidé à mourir ; une vieille dame extravagante, conductrice de taxi, lui extorque 7 jours pendant lesquels il doit obéir à tous ses ordres.

Note : 3,5/5.

Alors-vous-ne-serez-plus-jamais-triste

Cette chronique est écrite dans le cadre du Prix littéraire des Chroniqueurs web, catégorie Livres de Poche, sous-catégorie (que j’invente) : la mort, le deuil et après (2).

Le Docteur – dont nous ne connaîtrons pas le nom – a perdu sa femme il y a un an, aux alentours de Noël. Il est décidé à mourir, tout est gris pour lui, il ne sait plus ce qui pourrait le motiver à bouger, il ne sait plus soigner.

La preuve ? En ce dernier jour de sa vie – il a prévu de mourir le soir-même – il se rend à son bureau pour ranger des documents. Faire de la paperasse ? Le dernier jour de son existence ? Il faut vraiment avoir perdu toute étincelle de vie ! Imaginez un astéroïde bondissant vers notre planète, qui doit tout anéantir demain : qui d’entre nous dirait : « Tiens, je vais en profiter pour faire ma déclaration d’impôts » ?

Il alpague le premier taxi qu’il voit pour se rendre à son bureau. Or son chauffeur est une vieille dame bourrée de rides et de dons, habillée en robe de gala, qui descelle dans les plis du visage du Médecin sa mort imminente. Elle passe un marché avec lui : il doit lui donner les 7 prochains jours de sa vie, faire ce qu’elle lui demande, et donc reporter son suicide d’une semaine.

Histoire jusque là très classique, mais le personnage de la vieille femme relève complètement l’intérêt de ce court roman. Les activités des 7 jours sont également assez sympa, et pas trop branchées philosophie ou spiritualité. D’ailleurs, le premier jour, elle… ne lui demande rien, car il faut bien préparer les activités des jours suivants, non ? Et elle a quelque chose de prévu avec sa famille, alors… Cette femme change de robe de soirée – et de couleur de cheveux – tous les jours. Elle entraîne le Médecin dans des situations qui sont destinées à son nouvel ami suicidaire mais qui ne sont pas non plus anodines pour elle : un enterrement par exemple, pour lui faire ouvrir les yeux sur les conséquences concrètes de son souhait de mort, mais l’enterrement de quelqu’un qu’elle connaît. Elle est aussi franchement perchée. Et peut-être immensément riche.

La 4e de couverture parle d’un « conte », à tendance philosophique. Rien de tel à mon avis : Alors vous ne serez plus jamais triste ne m’a pas amenée à reconsidérer l’existence ni à revoir mes priorités dans la vie. C’est néanmoins un sympathique petit roman, qui raconte une histoire que l’on a tous en tête de pacte avec le diable, de joie de vivre vs. dégoût de l’existence.

La persistance du Docteur dans son projet suicidaire maintient le suspens sur l’issue de l’histoire ; la fin est d’ailleurs assez bien trouvée, même si j’ai un peu regretté les explications finales qui lèvent le voile sur la plupart des mystères du récit.

Le ton est très léger ; contrairement à Camille, mon envolée, ici vous ne pleurerez pas ; ici, on parle principalement d’espoir et de vieillards loufoques, sous couvert de personnage suicidaire.

NB : ce roman est suivi dans l’édition de poche de la nouvelle La mort est une garce, qui n’est pas du tout du même niveau et n’a, à mes yeux, absolument aucun intérêt. Encore une histoire de médecin ; on devine que Baptiste Beaulieu est lui-même médecin et qu’il n’écrira probablement que des histoires de médecins. Pourquoi pas ? Mais je crains que cela ne tourne vite en rond…

Alors vous ne serez plus jamais triste, de Baptiste Beaulieu. Le Livre de Poche, 2015.alice

 

Songe à la douceur

Attention OLNI : Objet Littéraire Non Identifié. Critique écrite dans le cadre du Prix des chroniqueurs web, sélection Romans jeunesse / Young Adult.

Note : 3,5/5.

Songe à la douceur

Ce roman est un OLNI : Objet Littéraire Non Identifié ! Histoire d’amour d’adolescents revue par les adultes qu’ils sont devenus, d’une profondeur et d’une justesse émouvantes, elle est écrite en vers, d’une poésie tantôt douce tantôt percutante, d’un humour qui vous laisse un sourire accroché au visage tout au long de cette lecture, finalement bien moins naïve qu’il n’y paraîtrait au premier abord.

Les mots ne sont pas sagement alignés sur la page, non, ils dansent, épousent les propos de l’auteur dans des courbes délicates, ils sursautent, sautent à la ligne, vous sautent au visage ; allant même jusqu’à former les courbes des visages des deux personnages dans un duel de volonté et de désir… L’écriture dynamique, originale, poétique, presque comme des calligrammes, en devient un personnage à part entière et porte visuellement le sens des mots.

Pour que tous nos sens soient comblés, l’auteure a également fourni au lecteur sa bande-son (que je n’ai pas écoutée), et a précisé que ce roman était librement inspiré du roman Engène Onéguine de Pouchkine, et de l’opéra de Tchaïkovski du même nom (que je n’ai jamais lu, ni vu). Mais mon ignorance de ces deux points n’a pas été un handicap (au contraire, une invitation à découvrir cette oeuvre russe).

L’histoire donc, c’est celle de Tatiana et d’Eugène, qui se sont connus lors de leur adolescence, et qui se retrouvent dix ans plus tard, par hasard dans le métro. Tatiana n’a jamais oublié cet amour, et le passé et le présent s’entremêlent autour d’eux, dans un sens propre à chacun, pour voir s’accomplir un dénouement – finalement – non cousu de fil blanc.

Certains dialogues sont absolument irrésistibles, Clémentine Beauvais a le sens de la mise en scène, de la métaphore pour décrire les émois et du détail qui fait toute la différence, du mot juste, qui touche au coeur dans un petit pincement, de la mélopée de pensées répandues dans une tendre nostalgie.

J’ai vraiment apprécié cette lecture jeunes adultes, à découvrir pour ceux en recherche d’originalité et de douceur, amateurs de poésie.

fannySonge à la douceur, par Clémentine Beauvais. Editions Sarbacane, 2016.