La mort vivante

Une splendide bande-dessinée de science-fiction sublimée par son ambiance gothique. Emerveillement et frissons garantis !

Note : 4/5.

 

La mort vivante est un conte horrifique post-apocalyptique. La Terre, détruite et exsangue, a été abandonnée depuis bien longtemps et les humains se sont installés sur Mars. Les manipulations scientifiques et génétiques ont aussi créé des créatures étranges, cyborgs comme bêtes abyssales, qui peuplent l’obscurité des vignettes. Martha, archéologue et aventurière de l’espace, perd sa fille suite à un accident sur l’un de ses chantiers. Malgré l’intervention de mystérieuses créatures sous-marines, la fillette meurt. Sa mère, femme fatale dark recluse dans un château labyrinthique n’aura de cesse de ressusciter sa fille en s’enfonçant dans des manipulations scientifiques dangereuses, avec l’aide de Joachim, scientifique doublé d’un collectionneur de reliques terrestres. La mort vivante retrace cette quête morbide, qui pourrait bien virer au cauchemar.

La BD est une adaptation d’un roman de science-fiction français de Stefan Wul, paru en 1958. Cela explique sans doute la localisation du château où se tient l’essentiel de l’intrigue dans les Pyrénées. Je n’avais pas lu le roman, aussi je partais sans a priori ou connaissance préalable du synopsis.

Après une période de lecture assidue de comics américains, j’avais quelque peu délaissé le médium BD au profit de romans. Cette année, je lis surtout de la fantasy française. Cela faisait donc un bout de temps que je ne m’étais pas replongée dans une BD et je suis arrivée à celle-ci par son genre et par son dessin. Aussi j’ai retrouvé avec un mélange d’étonnement et d’admiration cette concision narrative propre à la BD, cette capacité à poser personnages, contexte et à faire avancer l’intrigue en quelques mots, au point que cela m’a paru parfois trop rapide, trop concis et donc superficiel. Il ne doit pas être facile de faire tenir en quelques planches plusieurs dizaines de pages et de narration.

la mort vivante_2

Heureusement l’image vient abonder l’intrigue. Le dessin est somptueux, l’ambiance gothique et crépusculaire, et les couleurs adoucissent quelque peu cette noirceur. Le dessin est un tour de force, et c’est là que se trouve l’idée de génie qui fait de cet ouvrage un objet d’ores et déjà culte (la BD est sorti avec plusieurs couvertures, et surtout en édition limitée en noir et blanc : les exemplaires ont rapidement disparu de la circulation). Le dessin, les personnages, décors, effets d’ombre, sont entièrement réalisés au trait, avec des petits croisillons, en s’inspirant des techniques de gravures anciennes. Il accentue l’ambiance gothique donnée à l’univers visuel de la BD. Pas étonnant que le dessinateur a passé cinq ans sur ce projet !

Les thèmes abordés dans la BD datent de l’anticipation vue depuis 1958. Mais les thèmes chers à notre époque sont présents : la science contre la mort, la disparition de notre histoire, la perte, la conquête spatiale, et même la PMA. Ce mélange des genres, des époques, des techniques et des ambiances fonctionne à merveille et apporte un vrai plus à l’histoire, entre aventure scientifique, conte horrifique et manipulations scientifiques obscures. La fin reste ouverte, laissant espérer… une suite peut-être ?

justine3La mort vivante, dessins d’Alberto Varanda et scénario d’Olivier Vatine. Glénat, 2018.

 

 

 

Publicités

Les chroniques du Radch

Un space-opéra délicat et singulier

Note : 4/5

Cher imagineur, chère imagineuse, chers explorateurs de l’imaginaire, navigateurs et navigatrices des histoires, vous êtes un peu lassé, rêveuse, mélancolique. Vos dernières lectures ne vous ont pas assez fait voyager, vous n’avez pas entraperçu un rivage incertain dans la brume, vous ne vous êtes plus plongé dans un univers subtilement étrange depuis longtemps. Chère Alice, voilà trop de temps que vous n’êtes plus passée de l’autre côté du miroir. La rentrée vous a happée, un quotidien sympathique mais dénué de poésie ne vous laisse plus l’interstice de liberté après lequel toutes vos fibres soupirent.

Alors, poussez la porte de l’étrange empire du Radch.

Ce n’est pas un endroit fait pour les pragmatiques, ni pour les machistes. C’est un lieu où la distinction de genre n’existe plus. Plus personne ne s’inquiète de votre sexe, tout le monde est une « quelqu’une », en une œuvre grammaticale de haute voltige : « sa cousin ». Les prénoms sont féminins, les noms peuvent rester masculins, comme un neutre étonnant. Ne vous fiez pas aux terminaisons féminines de la suite de cette chronique, j’ignore tout du sexe des protagonistes.

C’est un monde dont seules les habitantes, les radchaaïs, sont civilisées, « radchaaïe » et « civilisé » étant le même mot. C’est un monde où l’on boit du thé, à la japonaise, avec moult rituels et spiritualité. C’est un univers où l’on tire les augures, y compris chez les militaires et les politiques. C’est un monde où l’on porte des gants, où le contact direct des mains est intensément outrageant – ou érotique.

C’est un monde composé de milliers de mondes, un empire intergalactique immense, dominé depuis trois mille ans par l’unique et éternelle Annaander Mianaaï, dictateur immense et infinie, représentée par des milliers de clones sur tous les mondes conquis – annexés – et devenus depuis radchaaïs, civilisés. La force militaire est centrale. Les stations spatiales et les vaisseaux sont opérés par des IA. Et comme une IA peut investir de nombreux corps, une partie des habitantes des planètes annexées sont stockées pour servir de corps aux IA des vaisseaux et de troupes d’annexion. Ces corps, qui étaient des gens non radchaaïs et sont devenues des troupes, des appendices des IA, sont les ancillaires.

C’est un livre où rien n’est amené frontalement, où l’auteur tisse une histoire comme les peintres impressionnistes peignent leurs tableaux : par touches de couleur, en créant une œuvre qui n’est compréhensible que lorsque l’on s’en éloigne, lorsque l’on recule de quelques pas pour apprécier un ensemble, un sens. Lecteurs, lectrices, vous n’êtes pas radchaaï. Vous n’êtes pas civilisées. Alors soyez patients, laissez faire Ann Leckie, laissez-vous imprégner par les coutumes radchaaï, laissez infuser les étrangetés. Vous voyagerez bien plus loin avec ces quelques touches de délicatesse et ces trames de lenteur qu’avec certains romans plus rapides et frontaux !

Brecq en est le personnage principal. C’est un ancillaire, et le dernier réceptacle d’un vaisseau, le Justice de Toren, détruit bien avant le début de la trilogie, suite à une machination politique unique en son genre. Le vaisseau n’existe plus, tous ses ancillaires n’existent plus, il n’en reste qu’un, Breq. Et Breq/Justice de Toren est animé par un but : tuer Annaander Mianaaï.

Je ne vais pas vous mentir, ces romans sont loin de faire l’unanimité, malgré la pluie de prix remportés par le premier, notamment de par leur style et les partis-pris (non)grammaticaux. Moi, je les apprécie beaucoup – de façon légèrement anticipée, puisque je finis de lire le 2e tome à l’instant où j’écris ceci.

Les chroniques du Radch, d’Ann Leckie. Nouveaux millénaires, 2015-2016.alice

Le problème à trois corps

Un très beau livre de SF un peu étrange, un peu lent, tout à fait unique et par ailleurs chinois.

Note : 4,5/5

51pv5npr1LL._SX210_

J’aimerais vous parler ce soir du Problème à trois corps et de sa suite, Dans la forêt sombre – le troisième tome de cette trilogie étant attendu en français pour le 10 octobre.

Avec un premier avertissement : ne lisez pas la quatrième de couverture. Surtout pas.

(J’ouvre ici une petite parenthèse. Je suis une férue de quatrième de couverture. Je la lis toujours plusieurs fois avant de commencer un livre, j’essaye de la lire entre les lignes, je la digère. Si le début du livre ne correspond pas à ce que la quatrième annonce, alors je suis un peu perdue, je la relis toutes les deux pages, je m’y réfère comme à un guide, telle la boussole du lecteur au milieu de la forêt d’une entrée en matière – parfois dense, parfois clairsemée. Une fois le livre sérieusement entamé, il est fréquent que je m’y réfère de nouveau, pour vérifier si tout ce qu’elle annonce est arrivé, pour valider le fait que je me suis tracé un chemin sérieux entre les pages et que, maintenant, je n’ai plus de bouée de sauvetage : forcée de finir la lecture, quoi qu’il arrive, quels que soient les méandres, que le livre me plaise ou non. Et vous ? Vous faites pareil ?)

La quatrième du Problème à trois corps vous résume le dernier quart du livre. C’est bien dommage. Elle vous spoile la fin, elle vous dévoile l’histoire comme une évidence, comme un phare dans la nuit, alors qu’une bonne partie de la puissance de ce roman réside justement dans le chemin qu’il défriche et le fait qu’en rien, on ne sait où on va. Peut-être d’autant plus que l’auteur est chinois et que, sauf exceptions, on n’est pas très calés par ici en imaginaire chinois, en narration chinoise. On ne sait pas du tout à quoi s’attendre, et c’est délicieux. Comme de découvrir un nouveau goût.

(J’ouvre ici une nouvelle parenthèse, je suis très bavarde ce soir, peut-être car je n’ai rien écrit ici depuis avril ; toutes mes excuses pour ce clavardage. Découvrir un nouveau goût, cela m’est arrivée il y a cinq ou six ans, lorsque j’ai mangé une glace au coquelicot. Pas de proximité avec ceci ou cela, impossible de classer ce goût par rapport à un autre, c’était réellement pour moi un nouveau goût. L’impression d’avoir levé un petit pan du grand mystère de la vie et des choses).

Tout commence dans les années 60 pendant la Révolution Culturelle, autour d’une jeune fille qui se retrouve injustement en « rééducation » dans un camps scientifique dont l’un des buts est d’envoyer un message vers les étoiles. Dans cette première partie, ce n’est pas de la SF, on est dans l’univers des Cygnes sauvages de Jung Chang ; on visite la Chine de Mao. Ce qui se passe à ce moment-là, ce que fait Ye Wiejie, la jeune scientifique travaillant dans ce centre, est central et le roman y reviendra souvent. Toutefois le personne principal du roman est surtout Wang Miao, spécialiste des nanomatériaux au XXIe siècle, amené à participer à une enquête sur une série de suicides de scientifiques.

Le rythme est lent, l’ambiance très bien dessinée à la manière des impressionnistes, par touches. La science est bien présente, d’aucuns vous diront que Le problème à trois corps est un livre de hard science, de science dure, mais je ne le crois pas. D’ailleurs les français ont jugé bon d’ajouter « Problème » au titre, le livre s’appelle en fait Les trois corps, ce qui est bien mieux, non ? La science – la physique et la mécanique, principalement – constitue juste l’un des personnages du roman, pas le moins malmené d’ailleurs.

Le problème à trois corps mélange enquête policière, réalité virtuelle, physique, Révolution Culturelle, personnages chinois et pas que, premier contact extraterrestre, casse-tête, action, en un mélange dont je soupçonne qu’il soit aussi étrange à un chinois qu’à une bretonne. Tous ces ingrédients servent un seul propos : que vaut l’humanité ensemble ? Individuellement ? La distinction a-t-elle d’ailleurs un sens ? La suite du Problème, Dans la forêt sombre, réitère l’exploit d’être totalement fascinant et continue de creuser la question, tout en avançant dans le temps et en s’éloignant des solutions technologiques que nous connaissons. Le troisième tome devrait en arriver à l’extinction de notre soleil, ce qui lâche un peu la bride à l’auteur en matière de science !

J’ai beaucoup aimé ces deux romans, qui ont la particularité d’aller à leur propre rythme. Parfois le temps s’enraye complètement et l’on passe de nombreuses pages sur quelques instants, notamment dans un jeu en ligne dont on ne comprend pas du tout le sens dans un premier temps. Si vous avez un peu de mal sur ces pages, reprenez vos droits, sautez quelques pages et continuez, laissez sa chance au Problème à trois corps ! Et ayez confiance en Liu Cixin, l’auteur : oui, il vous amène réellement quelque part.

C’est un livre dont on sort un peu plus intelligent et un peu plus humain qu’avant.

Et c’est un livre recommandé par Barack Obama dans un de ses derniers entretiens en tant que président. Je ne sais pas si cela va vous le rendre plus, ou moins, sympathique !

Le problème à trois corps et Dans la forêt sombre de Liu Cixin. Actes Sud, 2016 et 2017. alice

 

L’Or du diable

Une variation made in 2018 sur la soif de l’or et la pierre philosophale, entre Moyen-Age et Allemagne contemporaine.

Note : 3/5.

L-or-du-diable

 

Une très belle jaquette, sobre et captivante. Voici un beau livre sorti par l’Atalante, dans un format presque carré et une mise en page soignée aux lettrines grasses en début de chapitre, rappelant les manuscrits médiévaux. Le résumé, lui, est cryptique : occultisme, manuscrits, pierre philosophale, gourou de la finance, soif de l’or, immortalité, aller plus loin… Dans quelle histoire Andreas Eschbach s’est-il encore embringué ?

Une nouvelle aventure romanesque d’Andreas Eschbach

Andreas Eschbach est un explorateur de genres : chaque nouveau roman aborde un domaine, un mythe, un type de créature présent dans notre imaginaire collectif. L’écrivain fouille les codes, les procédés narratifs, les facettes de ces figures, réfléchit en toile de fond aux grands thèmes sociaux et politique de notre époque, et de là trousse une histoire, qu’il ne parvient pas toujours à totalement maîtriser. De livre en livre, on le suit sur les voies sinueuses et chatoyantes des recoins de la science-fiction et du merveilleux. Cette exploration fait réfléchir aux repères littéraires que l’on peut se forger, les retourne. Elle est imprégnée d’une écriture classique et faisant la part belle aux ressorts de l’esprit humain. Après l’homme bionique et la comédie sentimentale très réussie du Dernier de son espèce, la fable écologique autour du mythe de la sirène un peu moins réussie dAquamarine, Andreas Eschbach dans L’Or du Diable remonte le mythe de la pierre philosophale jusqu’au Moyen-Age, et l’applique à notre époque toujours obsédée par la richesse, celle de l’argent et du pouvoir.

Une trame narrative en demi-teinte

Comme toujours, la narrateur nous entraîne dans son histoire avec une facilité déconcertante. Peu de longueurs, mais j’avoue être restée surtout spectatrice du roman. L’originalité du livre est qu’il se déroule à deux époques différentes, et qu’un récit permet de faire progresser l’autre. Un nouvel habit avec la patte ronde d’Eschbach pour une très vieille histoire. Le héros, un obscur consultant financier allemand sans grande envergure, se retrouve entraîné un peu malgré lui dans la quête de la pierre philosophale, et de l’or qu’elle produit, l’or du diable…

Tout commence par un hasard : la découverte d’un texte du 19e siècle, une transcription d’un manuscrit médiéval aujourd’hui disparu. C’est alors que la vie du héros bascule et au fils des ans et des événements, il découvre d’autres fragments de cette première histoire, pour peu à peu dévoiler les secrets alchimiques qui ont suscité tant de passions – et de morts – depuis des siècles.

Cette trame à la Dan Brown m’a parue parfois un peu trop bricolée, en tout cas peu vraisemblable. Mais d’un autre côté ces plongées dans le Moyen-Age, saisissantes et pleines de mystère, scandent bien le récit. Ce qui fait que la première et originelle histoire de l’or du diable a été pour moi plus intéressante à suivre que la seconde : le responsable en est en grande partie le héros, que je n’ai pas aimé du tout.

Un anti-héros comme je n’en avais pas aimé depuis longtemps

Il m’a fait pensé aux héros de Flaubert que j’avais détestés. Un arriviste un peu mou et antipathique. C’est malheureusement lui qu’on suit, dans sa trajectoire professionnelle et familiale sur plusieurs années. Sa passion c’est l’argent et mû par une soudaine inspiration, ce conseiller financier de petite envergure devient un gourou de la finance, je ne vous en dis pas plus pour ne pas non plus déflorer toute l’intrigue ! Son but dans la vie est de faire de l’argent, alors bon je n’ai pas trop accroché parce que la valeur argent au centre de notre vie, c’est quand même à mon sens un sacré mirage dans lequel on peut malgré nous être entraîné. Il suffit d’allumer cinq minutes la télévision pour entendre parler d’argent, ou d’écouter les conversations à la terrasse d’un café.

Le roman a le mérite de poser toutes ces questions, d’interroger sur le rapport à la richesse et à l’épanouissement personnel qui bien souvent sont confondus. Une histoire vieille comme le monde, tout comme celle de la quête de la pierre philosophale.

L’alchimie revue par les théories scientifiques contemporaines

Un autre personnage tout aussi antipathique, mais qui m’a semblé plus sympathique dans son antipathie – allez comprendre, c’est peut-être que son obsession se situe ailleurs, au niveau scientifique – est le frère du héros, ingénieur nucléaire au CERN. Voici la facette « sciences et techniques » du livre, qui m’a bien intéressée. L’enquête s’accélère à partir de la moitié du livre, alors que les deux histoires se connectent, et le frère prend part à l’intrigue tout en gardant un rôle secondaire. Grâce à lui, on apprend que le mercure peut effectivement être changé en or (la fiction rejoint la réalité, et cet article de Ca m’intéresse explique brièvement le mécanisme, tout en soulignant que personne ne s’est lancé dans cette fabrication… qui n’est pas rentable). Lui aussi se lance à la poursuite de la pierre philosophale mais avec d’autres motivations. Cette relation amour-haine fraternelle apporte un peu d’épaisseur psychologique et une pointe d’humour bienvenue au récit.

Si quelqu’un d’autre lisant cette chronique a fini le roman, j’aimerais avoir son avis sur la fin, ésotérique et merveilleuse, avec un côté lénifiant. Elle m’a laissée songeuse et dubitative. Une histoire inégale, originale aussi, dont je n’ai pas tout aimé, mais qui m’a marquée et fait réfléchir. Même si l’auteur n’est pas encore prêt d’égaler son premier roman qui est aussi son chef-d’oeuvre, Des milliards de tapis de cheveux, je reste fidèle à son projet d’exploration littéraire et attend avec plaisir de lire le prochain roman !

 

justine3L’Or du Diable, par Andreas Eschbach, Editions L’Atalante, 2018.

10 livres pour vos vacances d’été

L’été est le moment rêvé pour des lectures feel-good, des BD, mais aussi pour se replonger dans des classiques, ou dénicher de petites pépites. Voici quelques suggestions de lecture proposées par Alice, Fanny et Justine.

Dans le panier d’Alice

 

Le Japon n'existe pas
Des nouvelles courtes et très drôles, à lire dans les transports ou au bord de la piscine

 

Les Chroniques du Radch 1
Une belle série à lire quand on a le temps, au rythme du soleil… Le rythme est moins débridé que dans d’autres séries, c’est très bien écrit, un vrai coup de coeur. Je vais entamer le 2e.

 

Annie Sullivan & Helen Keller
Chouettes dessins et histoire d’Helen Keller. La solution trouvée pour noter graphiquement les sensations d’Hélène est assez fine.

 

Dans la combi de Thomas Pesquet

 

Dans la valise de Fanny

 

Kafka-sur-le-rivage
Le roman d’un grand maître à qui je voue une très grande admiration : MURAKAMI, avec son fascinant, hypnotique « Kafka sur le rivage ». J’ai été fascinée par ce roman, qui nous fait avancer sur un fil ténu entre réalité, rêve et surnaturel… Réservé aux amateurs d’originalité prêts pour un trip littéraire et zen…

 

Les-delices-d-Eve
Que serait un été sans romance ? en voici une osée et gourmande, sur le thème de la pâtisserie ! « Les délices d’Eve » de Emilie Collins. Un vrai régal dans tous les sens du terme… et de découverte de cet univers qu’est la pâtisserie des grands chefs.

 

Thya
Et ma passion littéraire : la fantasy ! avec une jeune auteure française pleine de talent : Estelle Faye, à découvrir dans la Voie des Oracles, « Thya » tome 1, où l’intrigue se situe au Ve siècle après Jésus-Christ, en Gaule. Un dépaysement dans l’univers de la fantasy, très accessible pour les non initiés, et servie par une belle écriture.

 

Dans le sac de plage de Justine

 

1984 (1)
En été vous vous sentez loin de Big Brother ? Eh bien il est toujours là ! 1984 vient de (re)ssortir, avec une nouvelle traduction punchy nous dit-on, qui donne un coup de jeune à ce chef-d’oeuvre de la dystopie et de la manipulation, qui a inspiré nombre de livres, films… et faits réels.

 

Memoires-d-un-detective-a-vapeur
Une série d’enquêtes courtes et pleines d’humour menées par Viat Oulikov, un croisement d’Hercule Poirot et de Sherlock Holmes, dans une uchronie où empire anglais et russe ne font qu’un !

 

Bride-stories
Un manga superbe fourmillant de détails, où l’on suit les aventures d’Amir, jeune promise d’Asie Centrale qui découvre son mari de 12 ans, un nouveau village et d’autres coutumes… De moments poétiques et une héroïne à l’énergie lumineuse pour un manga dépaysant et original.

Aquamarine

Une histoire d’eau fantastique qui se cache dans un roman pour ados qui se cache dans un roman de science-fiction.

Note : 3/5.

Aquamarine

 

Je me suis souvent demandé comment un auteur pouvait-il créer et maîtriser un héros ou une héroïne très éloigné(e) de son sexe et de son contexte socio-culturel. J’admire les qualités d’observation, de finesse psychologique, d’imagination que cela demande. Dans ce roman, Andreas Eschbach, 58 ans, chef de file de la littérature de science-fiction allemande, fait vivre Saha Leeds, 16 ans, dans une communauté maritime de l’Australie de 2151.

En 2151, le monde a connu de grands changements climatiques et écologiques, beaucoup d’espèces ont disparu ou ont été éliminées pour permettre d’élargir encore la présence humaine dévorante. On retrouve le schéma classique de l’histoire d’ado mal dans sa peau au lycée, dans un univers qui lui l’est moins : Saha évolue dans une société dite néo-traditionaliste, qui prône un mode de vie « naturel » et rejette les manipulations génétiques et certaines avancées technologiques, ainsi que dans un système social très hiérarchisé et une économie entièrement tournée vers la mer, ses activités, ses jeux.

Saha est tout en bas de l’échelle sociale, elle vit avec sa tante muette qui fait le ménage chez les riches parents de ses camarades d’école ; et surtout, honte suprême, elle ne pratique aucune activité aquatique, à cause d’un accident survenu lorsqu’elle était petite. Mais le jour où Saha découvre d’étranges capacités liées à l’eau, tout bascule pour elle, et elle tente de mieux comprendre son passé, son histoire, tout en se gardant des dangers qui l’entourent alors.

Le contexte décrit, entre science-fiction et anticipation, est original, et développe une réflexion sur la maîtrise de l’environnement et les découvertes scientifiques liées à la génétique en ré-exploitant un mythe maritime ancien. L’auteur fait preuve d’une imagination foisonnante mais toujours discrètement instillée dans le récit, parfaitement intégré à l’environnement familier de l’héroïne qui est bien campée.

J’ai bien aimé l’univers marin, qui semble l’un des fils rouges d’écriture pour Eschbach. Je me dis aussi qu’il doit avoir des enfants ados, et que la vue de l’océan depuis Le Conquet, au bout du Finistère où l’auteur s’est installé doit être une source d’inspiration sans fin.

J’ai trouvé l’intrigue principale un peu trop simple en revanche : une ado, des ennemis, des amis, des découvertes qu’on anticipe, la transformation du corps, la recherche d’identité, l’intégration sociale… autant de thèmes d’ado reliftés dans une gangue fantastique. Mais c’est une lecture alerte, plaisante, et l’univers marin décrit vient renforcer l’intérêt d’une intrigue qui reste un peu faible malgré tous les atouts du bouquin.

On est proches de la littérature pour la jeunesse en fait, et des ados peuvent tout à fait se plonger dans ce roman publié par l’Atalante, l’éditeur de science-fiction attitré d’Eschbach pour les traductions françaises, basé à Nantes. Eschbach mélange les genres dans ce roman et en fait un livre-passage : une bonne porte d’entrée dans la science-fiction pour les ados, et une bonne porte d’entrée dans la littérature pour ados pour les accros de science-fiction – et les fans d’Eschbach, qui sont nombreux.

C’est Alice, spécialiste ès science-fiction de ce blog, qui m’avait fait découvrir Andreas Eschbach en glissant Le dernier de son espèce dans ma valise, à l’issue d’une visite amicale en Bretagne.  Cette histoire d’amour robotique dans un petit port pittoresque irlandais fut un coup de coeur. J’ai donc acheté les yeux fermés le dernier livre de l’auteur, sorti au printemps dernier, pour retrouver sa sensibilité et ce mélange de réel et de fantastique qui m’avaient beaucoup plu. Une lecture recommandée !

justine3Aquamarine, par Andreas Eschbach. L’Atalante, 2017.

 

Tour d’horizon des livres à lire cet été

L’été, on a le temps. On se repose, on lit. Voici un tour d’horizon des traditionnelles listes des meilleurs livres à lire cuvée été 2017, proposées par vos médias préférés (ou pas)

David Hettinger, Woman reading.jpg

Le Figaro sort l’artillerie lourde :

Les 10 best-sellers à lire cet été sont écrits par des noms déjà bien familiers des rayons de vos bibliothèques : on y retrouve les derniers opus de Marc Lévy, Jean-Christophe Rufin, Guillaume Musso, Anna Gavalda, Elena Ferrante… Le Figaro ne prend aucun risque pour vous assurer 100 % de satisfaction facile et agréable. Mon envie de lecture dans cette liste :

Le tour du monde du roi ZibelineJean-Christophe Rufin, Le Tour du monde du roi Zibeline : parce que pour avoir lu un ou deux autres de ses livres, je sais que son style est agréable, et qu’on est embarqué dans des aventures historiques où l’on ne s’ennuie pas un instant !

Résumé : Comment un jeune noble né en Europe centrale, contemporain de Voltaire et de Casanova, va se retrouver en Sibérie puis en Chine, pour devenir finalement roi de Madagascar… Sous la plume de Jean-Christophe Rufin, cette histoire authentique prend l’ampleur et le charme d’un conte oriental, comme le XVIIIe siècle les aimait tant.

Challenges remporte le prix de la diversité des suggestions littéraires

La sélection Challenges des 15 livres incontournables à lire cet été est un mélange intéressant, de livres pas forcément très récents, de romans, de récits, de styles, avec le petit livre d’actualité qui va bien à la fin. Une sélection intéressante, même si mes goûts personnels ne me feront pas aller vers la plupart de ces livres, qui me semblent assez sombres tout de même. Le livre qui a attiré mon attention, chez l’excellent éditeur Au Diable Vauvert :

COUV-BACIGALUPI-Water-Knife-PL1SITEPaolo Bacigalupi, Water Knife : parce que La fille automate, son ouvrage précédent, a largement été salué par la critique et que le thriller écologique d’anticipation est assez dans l’air du temps, le thème donne envie de lire cette histoire !

Résumé : La guerre de l’or bleu fait rage autour du fleuve Colorado. Détective, assassin et espion, Angel Velasquez coupe l’eau pour la Direction du Sud Nevada qui assure la survie de Las Vegas. Lorsque remonte à la surface la rumeur d’une nouvelle source, Angel gagne la ville dévastée de Phoenix avec une journaliste endurcie et une jeune migrante texane… Quand l’eau est plus précieuse que l’or, une seule vérité régit le désert : un homme doit saigner pour qu’un homme boive.

 

Dans les poches de l’Express

…il y a : 16 romans contemporains qui répondent aux canons de la détente estivale : exotisme, littératures du monde, romance, humour, aventure, voyage… Je me reconnais plus dans cette liste qui propose des auteurs déjà lus que j’aime beaucoup  : Chimamanda Ngozie Adichie dont je vous ai déjà parlé pour Americanah, Thomas Vinau que j’avais découvert par un recueil de poèmes, Andreï Kourkov, Irvine Welsh. Et ça tombe bien, si j’ai lu les auteurs, je n’ai lu aucun des titres proposés. un titre particulièrement qui se trouvait déjà sur ma liste d’attente (impatiente) :

l-autre-moitie-du-soleil-half-of-a-yellow-sun-par-chimamanda-ngozi-adichie_5896027Chimamanda Ngozie Adichie, L’autre moitié du soleil. Parce que la lecture est une expérience humaine avec cette auteure, son style rayonnant et ses personnages forts marquent, c’est en tout cas ce que j’avais ressenti dans Americanah.

Résumé : Lagos, début des années soixante. L’avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d’Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale. Le tout sous le regard intrigué d’Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d’Odenigbo. 
Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria. Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s’étalant sur les drapeaux : c’est le symbole du pays et de l’avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d’un million de victimes. 
Évoquant tour à tour ces deux époques, l’auteur ne se contente pas d’apporter un témoignage sur un conflit oublié ; elle nous montre comment l’Histoire bouleverse les vies. Bientôt tous seront happés dans la tourmente. L’autre moitié du soleil est leur chant d’amour, de mort, d’espoir.

 

 

Besoin d’autres idées ? Vous pouvez aussi consulter la liste des coups de coeur des livres sortis cette année par Le Monde des Livres, les livres de plage un peu « girly » tout de même sélectionnés par Elle, ou la sélection que pour ma part je trouve un peu snob des Inrocks. Sinon, à votre tour, recommandez-nous des lectures d’été dans les commentaires ! Bonne lecture et bonnes vacances !